L’essentiel : La DeFi, ou finance décentralisée, regroupe des programmes déployés sur des blockchains qui permettent d’échanger, de prêter, d’emprunter ou de placer des cryptos sans banque ni plateforme pour garder vos fonds. Le 17 octobre 2026, environ 89 milliards de dollars y étaient déposés, dont 56 % sur Ethereum, selon DefiLlama. Les rendements viennent des emprunteurs, des frais d’échange ou de jetons distribués ; les pertes, des piratages, des liquidations et des erreurs, sans garantie et avec peu de recours.
La DeFi en deux minutes
La DeFi (decentralized finance) regroupe, selon la Commission européenne, des programmes « déployés sur des blockchains » qui « fonctionnent de façon autonome, sans intermédiaire » pour échanger, prêter, emprunter ou gérer un portefeuille (consultation de 2026, notre traduction).
Au lieu d’ouvrir un compte, vous reliez votre portefeuille au site d’un protocole, et vos cryptos partent dans un contrat intelligent. Aave se dit « non dépositaire » (notre traduction) : aucune société ne garde vos fonds, et vous recevez un jeton qui prouve votre dépôt.
Le concept « est apparu en 2017 avec l’émergence des premiers protocoles », selon l’AMF ; le mot est attesté le 30 août 2018, quand la société Dharma annonce « De.Fi » (son billet). Pour les bases : le parcours Crypto 101.
Décentralisé, vraiment ?
Pas toujours. Pour trois économistes de la Banque des règlements internationaux (décembre 2021), le besoin de gouvernance « rend inévitable un certain degré de centralisation » (notre traduction). En 2024, l’AMF relevait chez les répondants à sa consultation l’idée d’un « test de décentralisation » : pas de « clés d’administrateurs », pas d’« entité centrale dans la prise de décision ». Cinq points à regarder :
- Les clés d’administration. Le 1er avril 2026, des pirates prennent le contrôle de Drift, sur Solana, en faisant signer à des membres de son conseil de sécurité, passé à 2 signatures sur 5 sans délai, des transactions « qu’ils ne comprenaient pas entièrement », selon Chainalysis, qui reprend le compte rendu de Drift (notre traduction).
- Les oracles, qui donnent les cours aux contrats (Chainlink) : les pirates de Drift ont fait accepter en garantie un jeton sans valeur, le CVT, à un cours artificiel.
- Les ponts, qui comptent pour « les trois plus gros piratages de la DeFi » selon ethereum.org (notre traduction). Le 18 avril 2026, environ 292 millions de dollars sont volés par le pont de Kelp DAO, réglé sur un seul vérificateur (Chainalysis ; voir les couches 2).
- Le site web, qui peut être imité ou piraté (le phishing).
- Les stablecoins : l’USDT de Tether et l’USDC de Circle, deux sociétés, pesaient 83,5 % des stablecoins en dollars le 17 octobre 2026 (notre calcul sur DefiLlama ; voir les stablecoins).
Les briques de la DeFi
| Brique | Exemples | Le 17 octobre 2026 |
|---|---|---|
| Échange décentralisé (DEX) | Uniswap, Curve | 38,4 Md$ échangés en 30 jours sur Uniswap v4 |
| Prêt et emprunt | Aave, Morpho | 16,9 Md$ bloqués sur Aave V3, emprunts non compris |
| Staking liquide | Lido, Rocket Pool, Jito | 23,4 Md$ chez Lido |
| Stablecoins | USDT, USDC | 306,6 Md$ de stablecoins en dollars |
| Dérivés (contrats perpétuels) | Hyperliquid | environ 650 Md$ échangés en 30 jours, tous protocoles confondus |
| Agrégateurs de DEX | Jupiter, CoW Swap | 72,6 Md$ échangés en 30 jours, tous agrégateurs confondus |
| Oracles et ponts | Chainlink, LayerZero | — |
Échanger : une réserve au lieu d’un carnet d’ordres
Sur Uniswap, vous échangez contre une réserve, une pool, alimentée par des fournisseurs de liquidité ; en version 2, la formule « x * y = k » fixe le prix (documentation d’Uniswap). Pas d’ordre stop sur une pool (les types d’ordres).
Frais : 0,30 % en v2 ; 0,05, 0,30 ou 1 % pour les paliers standard de la v3, d’autres pouvant être ouverts par la gouvernance, comme 0,01 % ; libres en v4 (Uniswap). Sur 1 000 $ échangés en v2, 3 $ : 2,50 $ aux fournisseurs, 0,50 $ au protocole depuis décembre 2025 (notre calcul). En v2, ces frais grossissent la réserve ; en v3 et v4, ils sont mis à part et « doivent être réclamés à la main » (notre traduction), et la position v3 est un NFT. Le fournisseur risque la perte impermanente : si les cours des deux cryptos divergent, il récupère un autre mélange, qui vaut moins, avant les frais touchés, que s’il les avait gardées.
Prêter et emprunter
Les déposants touchent les intérêts des emprunteurs ; pour emprunter, il faut une garantie qui vaut plus que le prêt : chez Aave, « les positions sont toujours surcollatéralisées » (notre traduction). Aave V3 est sortie le 16 mars 2022, sur Ethereum le 27 janvier 2023 ; la V4 y a été lancée le 30 mars 2026 (historique d’Aave). Dans un coffre Morpho, un « curateur » fixe les placements permis, leurs plafonds et les frais, et un « allocateur » répartit l’argent entre eux : regardez qui décide où va votre argent.
Staking liquide
Contre votre ETH mis en jeu (ou votre SOL, chez Jito), vous recevez un jeton échangeable qui touche les récompenses. Pas « 1 pour 1 » : le solde de stETH de Lido est recalculé chaque jour, en hausse jusqu’ici, le wstETH et le rETH de Rocket Pool prennent de la valeur (1 rETH valait 1,1740 ETH le 17 octobre 2026 à 23 h 15, notre lecture du contrat).
Les retraits sont possibles depuis la mise à jour Shapella, le 12 avril 2023 (ethereum.org). Mais un validateur sanctionné (slashing) voit brûler une partie de sa mise, 0,0078125 ETH tout de suite pour 32 ETH, davantage ensuite (ethereum.org), et chez Lido « les soldes de stETH peuvent baisser » (notre traduction).
La DeFi en chiffres, au 17 octobre 2026
L’indicateur le plus cité, la valeur bloquée (TVL), mesure les cryptos déposées dans les protocoles. Le 17 octobre 2026 à 22 h 44, elle atteignait 88,97 milliards de dollars, dont 49,7 sur Ethereum (55,9 %), puis environ 6 sur Base comme sur Solana, selon DefiLlama.
Elle suit le cours des cryptos : record de 177,5 milliards le 9 novembre 2021 ; de 135,8 à 79,4 milliards du 1er au 15 mai 2022, à l’effondrement de Terra ; 171,0 le 7 octobre 2025, son plus haut depuis décembre 2021. Le 17 octobre 2026, c’est la moitié du record, et 40 % de moins qu’un an plus tôt (notre calcul).
Elle ne compte ni le staking liquide (les 23,4 milliards de Lido ; méthode de DefiLlama), ni les sommes empruntées (fiche d’Aave V3 sur DefiLlama) : n’additionnez pas les protocoles. Et la DeFi « reste un phénomène de niche », 4 % de la valeur des crypto-actifs en 2024, selon l’ESMA et l’ABE (notre traduction).
S’en servir : le parcours d’un dépôt
- Un portefeuille personnel, comme MetaMask (Phantom sur Solana), dont vous gardez la phrase de récupération (notre guide des portefeuilles).
- De l’ETH pour les frais de gas : quelques centimes par opération le 16 octobre 2026, plusieurs euros au pic du 24 septembre, selon notre relevé.
- Le site officiel du protocole, tapé à la main ou gardé en favori.
- Une autorisation (approve) au montant voulu, jamais « illimitée » (voir le phishing).
- Le dépôt, contre un jeton de reçu : de l’aUSDC chez Aave, du stETH chez Lido, un jeton de pool ou un NFT sur Uniswap. Ce jeton, c’est votre dépôt.
Sur une couche 2 comme Base, les frais sont plus bas, avec d’autres risques (les couches 2) ; Solana a son propre écosystème.
D’où vient le rendement
Il vient des intérêts des emprunteurs, des frais d’échange et des jetons distribués par le protocole, plus, pour le staking, des récompenses du réseau. Kraken le résume : « Les emprunteurs versent des intérêts au protocole, qui vous verse des récompenses » (aide de Kraken).
Le 17 octobre 2026 à 22 h 50, selon DefiLlama, l’USDC prêté sur Aave V3 (Ethereum) rapportait 3,76 % par an et l’ETH 1,32 % ; en staking liquide, le stETH de Lido rapportait 2,21 % et le JitoSOL 4,87 %. Ces taux bougent : sur Aave, la moyenne mensuelle de l’USDC est restée entre 2 et 5 % environ depuis février 2025, mais elle a atteint 12,55 % en décembre 2024, sans jeton distribué, payée par les seuls emprunteurs (historique de DefiLlama, notre calcul). Un taux élevé peut venir d’une forte demande d’emprunt, d’une subvention ou d’un risque en plus : demandez-vous lequel.
Exemple : 1 000 USDC (environ 890 € à la même heure, selon CoinGecko) prêtés à 3,76 % rapporteraient environ 37,60 USDC en un an, si le taux restait le même, ce qui n’arrive pas, moins le gas.
Anchor, sur Terra, offrait « un rendement stable de 19,5 % » ; en avril 2022, la subvention qui le payait atteignait 6 millions de dollars par jour (NBER). En mai 2022, ses dépôts tombent de 14 à 8,7 milliards (CoinDesk). Dans sa plainte de février 2023, la SEC soutenait que « l’écosystème Terraform n’était ni décentralisé, ni de la finance » (notre traduction).
Emprunter : comprendre la liquidation
Chez Aave, le facteur de santé compare la garantie, multipliée par un seuil de liquidation, à la dette. Sous 1, un liquidateur rembourse une partie de la dette et prend votre garantie avec une prime (Aave) ; depuis la version 3.3, de février 2025, une petite position peut être liquidée en entier (notes de version).
Exemple, avec un seuil imaginaire de 80 % (le vrai se lit dans l’interface) : 1 ETH déposé, qui valait 2 418 $ le 17 octobre 2026, et 1 000 USDC empruntés. Facteur de santé : 2 418 × 0,80 ÷ 1 000 ≈ 1,93. Sous 1 250 $ l’ETH, une baisse d’environ 48 %, la position devient liquidable (notre calcul).
Prêter sans emprunter, c’est ne pas perdre plus que son dépôt, mais pouvoir le perdre. Emprunter, c’est risquer tout ou partie de sa garantie.
Les risques, chiffrés
| Source | Périmètre | Période | Montant volé |
|---|---|---|---|
| DefiLlama (notre calcul) | DeFi et ponts | 2022 | 2,85 Md$ |
| DefiLlama (notre calcul) | DeFi et ponts | 2025 | 0,76 Md$ |
| DefiLlama (notre calcul) | DeFi et ponts | du 1er janvier au 16 octobre 2026 | 1,53 Md$ |
| Immunefi, selon The Block | DeFi | 2025 | 680 M$ |
| CertiK | tous types, escroqueries comprises | 1er semestre 2026 | 1,32 Md$ |
| Chainalysis | tous types, plateformes comprises | 2025, jusqu’à début décembre | plus de 3,4 Md$, dont 1,5 chez Bybit |
Avril 2026, avec 634 millions de dollars (DeFi et ponts, 28 incidents), est le mois le plus lourd depuis octobre 2022 (751 millions), pas un record (notre calcul sur DefiLlama). Drift, le 1er avril : 285 millions selon Chainalysis (295 selon DefiLlama), « probablement lié » à la Corée du Nord, mais « l’attribution formelle reste en attente » au 9 avril (notre traduction) ; fin avril, TRM Labs le range parmi les vols nord-coréens (CoinDesk). Kelp DAO, le 18 avril : environ 292 millions, attribués au groupe nord-coréen Lazarus par LayerZero et par Chainalysis.
Le rsETH volé chez Kelp servait de garantie sur Aave : environ 190 millions de mauvaise dette estimée, et plus de 300 millions d’engagements réunis pour la combler (The Block) par une coalition menée par Aave, DeFi United. Fin mai 2026, Kelp annonçait la garantie du rsETH rétablie : « This closes the operational part of the rsETH recovery plan » (Cointelegraph, 26 mai). Le site de la coalition affichait encore, le 17 octobre, « objectif de récupération atteint », « sous réserve de votes en cours, d’accords indicatifs et d’une exécution réussie » (notre traduction).
Restent les stablecoins qui décrochent (l’UST en 2022), les oracles manipulés (Mango Markets, octobre 2022, environ 110 millions, selon CoinDesk), les promoteurs qui disparaissent avec les fonds (le rug pull : notre article sur les altcoins). Et un audit ne garantit rien : au 1er semestre 2026, selon CertiK, les failles de code ne pèsent que 151,6 millions sur 1,32 milliard de pertes ; les portefeuilles compromis (Kelp DAO, Drift), 444,5 millions, et l’hameçonnage, 366,3 millions.
DeFi ou « Earn » d’une plateforme ?
Chez Kraken, DeFi Earn convertit votre dépôt en USDC ou en BTC et le place dans des coffres qui « fournissent des fonds à des protocoles d’emprunt et de prêt (comme Aave, etc.) », « sans phrase de récupération ni clé privée à gérer » (aide de Kraken, 15 octobre 2026). Kraken prévient : « vous pouvez perdre une partie ou la totalité de vos actifs », et « Kraken ne contrôle pas les protocoles tiers ».
Le staking d’une plateforme est autre chose : elle garde une part des récompenses, 30 % en formule flexible chez Kraken, 35 % chez Coinbase, selon nos fiches (voir aussi Kraken Auto Earn).
Ce que dit la loi : peu de règles, peu de recours
MiCA « devrait s’appliquer » aux services et activités sur crypto-actifs « y compris lorsqu’une partie de ces activités ou de ces services est réalisée de manière décentralisée ». Mais « lorsque les services sur crypto-actifs sont fournis de manière entièrement décentralisée sans aucun intermédiaire, ils ne devraient pas relever du champ d’application du présent règlement » (considérant 22).
Le rapport « sur les dernières évolutions intervenues en matière de crypto-actifs », DeFi comprise, que MiCA demandait à la Commission « avant le 30 décembre 2024 » (article 142) n’était pas publié, à notre connaissance : en août 2026, Latham & Watkins notait « No material published to date » (rien de publié à ce jour). La consultation de la Commission a fermé le 30 septembre 2026.
L’article 50 interdit les intérêts sur l’USDC ou l’EURC à l’émetteur et aux prestataires agréés, pas, selon notre lecture, à un protocole entièrement décentralisé (notre article sur MiCA). Face à un tel protocole, vous n’avez donc, selon notre lecture, ni agrément ni service de réclamation, et les cryptos ne sont pas couvertes par le Fonds de garantie des dépôts.
Impôts : ce qui est écrit, et ce qui ne l’est pas
Le BOFiP pose les règles : une vente contre des euros, un bien ou un service, ou un échange avec soulte, est imposable (§ 70) ; un échange entre cryptos sans soulte est en sursis, ses frais aussi (§ 80) ; rien n’est dû si les ventes de l’année du foyer ne dépassent pas 305 € (§ 90).
Pour le prêt, la liquidité et les jetons de reçu, nous n’avons trouvé, au 17 octobre 2026, ni texte ni doctrine officielle propres. En janvier 2026, NBE Avocats notait que l’administration n’avait « pas, à ce jour, commenté de manière exhaustive » le prêt, la fourniture de liquidité ou le yield farming, la pratique rapprochant certains de ces flux des BNC ou des revenus de capitaux mobiliers. Selon notre lecture, un dépôt contre un jeton de reçu ressemble à un échange sans soulte, en sursis, sans que rien le confirme. Le gas payé en ETH est, pour le BOFiP (§ 70), en principe une opération imposable, en sursis seulement avec un échange sans soulte : rien ne dit ce qu’il en est pour un dépôt (notre article sur le gas). Le staking : notre article sur les impôts. Notez tout : date, quantité, valeur en euros.
Ce régime pourrait changer. Le 16 octobre 2026, l’Assemblée nationale a adopté en séance l’amendement n° I-3898 au projet de budget pour 2027. S’il restait dans la loi, le sursis ne s’appliquerait plus, à partir du 1er janvier 2027, aux échanges qui vous font recevoir un « jeton de monnaie électronique » au sens de MiCA « ou des droits s’y rapportant » : selon notre lecture, échanger de l’ETH contre de l’USDC sur Uniswap deviendrait imposable, même sans passer par l’euro. Un jeton de reçu adossé à de l’USDC, comme l’aUSDC d’Aave, serait-il un de ces « droits » ? Rien ne le dit. L’USDT « resterait hors du dispositif », selon une analyse relayée par Chainalysis et citée par Cointribune ; pour Cryptoast, il pourrait être visé lui aussi, car le texte renvoie à la définition des jetons de monnaie électronique, pas à leur agrément. L’amendement prévoit aussi de calculer le prix d’acquisition crypto par crypto, à la « valeur moyenne pondérée d’acquisition » de chacune, au lieu du calcul actuel sur l’ensemble du portefeuille.
Ce n’est pas la loi. Le vote solennel de la première partie du budget, prévu le 20 octobre, a été reporté au mardi 3 novembre (Assemblée nationale) ; au 22 octobre 2026, celui de l’ensemble du texte restait prévu le 17 novembre (calendrier de l’Assemblée), si la première partie est adoptée : rejetée, elle ferait tomber tout le texte, qui partirait au Sénat dans la version du gouvernement, sans l’amendement. Viendront ensuite l’examen par le Sénat et l’adoption définitive. D’ici là, l’amendement peut être modifié ou disparaître.
Premiers pas prudents, et notre avis
- Un petit montant, que vous acceptez de perdre en entier.
- Un portefeuille dédié, distinct de celui où vous gardez l’essentiel.
- L’adresse officielle, jamais un lien reçu par message ou une publicité.
- Une autorisation au montant exact, retirée ensuite, par exemple avec Revoke.cash.
- Qui peut modifier le contrat, et avec quel délai.
- Un rendement sur un stablecoin très au-dessus de celui des grands protocoles : d’où vient-il ?
- Une trace de chaque opération pour vos impôts.
Notre avis : la DeFi est un outil, pas un livret. Chaque dépôt cumule le risque du contrat, de ceux qui peuvent le modifier, des oracles, des ponts et des stablecoins, sans garantie. Aucun protocole cité ici n’est une recommandation.
Questions fréquentes
La DeFi est-elle légale en France ?
L’utiliser n’est pas interdit, selon notre lecture. MiCA prévoit que des services fournis « de manière entièrement décentralisée sans aucun intermédiaire » n’en relèvent pas : face à un tel protocole, vous n’avez ni agrément qui vous protège, ni service de réclamation ; reste la plainte en cas de vol ou d’escroquerie. Vos ventes restent imposables.
Puis-je perdre plus que ce que j’ai déposé ?
Si vous prêtez sans emprunter, non, mais vous pouvez perdre tout votre dépôt (piratage, oracle faussé, stablecoin qui décroche). Si vous empruntez, vous pouvez perdre tout ou partie de votre garantie à la liquidation.
Suis-je remboursé si un protocole est piraté ?
Rien ne vous y donne droit : les cryptos ne sont pas couvertes par le Fonds de garantie des dépôts, et aucun texte n’oblige un protocole à rembourser. Après le vol chez Kelp DAO, en avril 2026, la coalition DeFi United a réuni des engagements pour combler la perte : une exception.
Dois-je déclarer mes intérêts DeFi ?
Au 17 octobre 2026, nous n’avons trouvé ni texte ni doctrine officielle propres aux intérêts d’un prêt en DeFi ou aux jetons de reçu ; selon des avocats, la pratique rapproche certains de ces revenus des BNC ou des revenus de capitaux mobiliers. Une vente contre des euros reste imposable si les ventes de l’année dépassent 305 € pour le foyer. Notez chaque opération, et faites-vous conseiller si les montants sont importants.
Échanger de l’ETH contre de l’USDC sur un DEX est-il imposable ?
Au 17 octobre 2026, non : un échange entre cryptos sans recevoir d’euros est en sursis d’imposition (article 150 VH bis du CGI), l’impôt vient à la vente. Un amendement au budget 2027, adopté par l’Assemblée le 16 octobre 2026, rendrait imposables à partir du 1er janvier 2027 les échanges contre un jeton de monnaie électronique comme l’USDC ou l’EURC ; selon notre lecture, un échange d’ETH contre de l’USDC sur Uniswap serait visé. Au 22 octobre 2026, le texte n’était pas définitif : vote de la première partie reporté au 3 novembre (si elle est rejetée, le texte part au Sénat sans l’amendement), puis vote de l’ensemble et Sénat.



