L’essentiel : Ethereum est une blockchain publique lancée en 2015, sur laquelle tournent des programmes appelés contrats intelligents. L’ether (ETH) est sa cryptomonnaie : il paie les frais du réseau, le gas. Depuis le 15 septembre 2022, Ethereum fonctionne en preuve d’enjeu : plus de minage, mais des validateurs qui mettent de l’ether en garantie. Contrairement au bitcoin, l’ether n’a pas de plafond : 122,1 millions d’ETH existaient au 11 octobre 2026.
Ethereum et l’ether : le réseau et sa monnaie
Ethereum est un réseau d’ordinateurs qui tiennent ensemble le même registre, une blockchain, comme Bitcoin. Si le mot vous paraît encore flou, notre article sur la blockchain l’explique pas à pas. L’ether, noté ETH, est la cryptomonnaie native de ce réseau. On dit souvent « acheter de l’Ethereum » : en réalité, on achète de l’ether.
L’idée vient d’un livre blanc diffusé fin 2013 par Vitalik Buterin : une blockchain dotée d’un langage de programmation complet, pour y écrire des « contrats ». L’ether a été mis en vente le 22 juillet 2014, contre des bitcoins, et le réseau a démarré le 30 juillet 2015, selon l’historique officiel du projet.
Bitcoin, présenté dans notre guide pour débuter, sert d’abord à transférer et à garder de la valeur, avec un langage volontairement limité. Ethereum garde cette fonction, mais vise autre chose : être une plateforme où chacun peut publier des programmes, comme le résume la comparaison d’ethereum.org.
| Bitcoin | Ethereum | |
|---|---|---|
| Lancement | 2009 | 2015 |
| Cryptomonnaie | bitcoin (BTC) | ether (ETH) |
| But premier | monnaie sans banque, réserve de valeur | plateforme pour des programmes |
| Offre | plafond de 21 millions | pas de plafond : création et destruction |
| Validation des blocs | preuve de travail (minage) | preuve d’enjeu (validateurs) depuis 2022 |
Le contrat intelligent : un programme inscrit dans la blockchain
Un contrat intelligent (smart contract) est « simplement un programme qui s’exécute sur la chaîne de blocs Ethereum », rangé à une adresse comme un compte. Aucun utilisateur ne le pilote : il fait ce que son code prévoit, pour quiconque lui envoie une transaction. ethereum.org reprend l’image du distributeur automatique, due à Nick Szabo : la bonne somme, le bon choix, et le produit tombe, sans vendeur.
Un contrat peut créer un jeton, échanger deux cryptomonnaies ou garder des fonds selon des règles écrites à l’avance. C’est un compte à part entière, mais qu’aucune clé privée ne contrôle. Attention toutefois : un contrat peut être conçu pour être mis à niveau ; ses développeurs peuvent alors en changer la logique, et il faut leur faire confiance pour ne pas le faire de manière arbitraire.
Le revers : un contrat ne peut pas être supprimé par défaut, et « les interactions avec eux sont irréversibles ». Il ne voit pas non plus le monde extérieur : pour connaître un cours, il dépend d’un « oracle », un service qui lui apporte la donnée. Enfin, un code public n’est pas un code sans faille : « la transparence du code ne permet pas toujours de repérer à temps les défauts d’un programme informatique », rappelait en février 2025 le rapport d’un groupe de travail réuni par l’AMF et l’ACPR.
Le cas d’école date de 2016 : un contrat mal sécurisé, The DAO, a été vidé de plus de 3,6 millions d’ETH lors d’un piratage. Un changement des règles du réseau a permis aux victimes de récupérer leurs fonds ; des mineurs qui le refusaient ont continué l’ancienne chaîne, devenue Ethereum Classic, selon ethereum.org.
À quoi sert Ethereum ?
Une « application décentralisée » est un ensemble de contrats intelligents, avec un site ou une appli pour s’en servir. Les plus utilisées touchent à l’argent :
- la finance décentralisée (DeFi) : prêter, emprunter, échanger des cryptos par des contrats, sans banque ni courtier. Pour l’AMF, elle est née en 2017, après le lancement d’Ethereum, et son infrastructure « provient majoritairement de la blockchain Ethereum ». Au 11 octobre 2026, DefiLlama comptait environ 51 milliards de dollars déposés dans la DeFi d’Ethereum, loin devant Solana (6,2 milliards) ;
- les stablecoins, des jetons qui suivent le dollar ou l’euro : près de la moitié de ceux en circulation (47,5 %, soit environ 145 milliards de dollars) sont sur Ethereum, selon le même site. Ils ont leur propre article, le suivant du parcours ;
- les jetons : n’importe qui peut créer une monnaie ou un titre numérique avec un contrat. Les NFT sont des jetons uniques, qui représentent par exemple une œuvre ou un objet de jeu.
Les frais : le « gas », expliqué simplement
Chaque opération consomme du calcul, mesuré dans une unité appelée gas (le carburant). Un simple envoi d’ether consomme 21 000 unités ; une opération dans une application, davantage. Vous payez ces unités en ether, à un prix exprimé en gwei, un milliardième d’ETH.
Le prix d’une unité a deux parts. Les frais de base, fixés par le réseau d’après le remplissage des blocs précédents, varient d’au plus 12,5 % d’un bloc à l’autre et sont brûlés : détruits, ils sortent de la circulation. Le pourboire (frais de priorité) va au validateur qui inclut votre transaction. Ce système date de la mise à jour London, le 5 août 2021.
L’exemple d’ethereum.org : Jordan envoie 1 ETH à Taylor, avec des frais de base de 10 gwei et un pourboire de 2 gwei. Il paie 21 000 × 12 gwei, soit 0,000252 ETH de frais. Taylor reçoit 1 ETH ; 0,00021 ETH sont brûlés et 0,000042 ETH vont au validateur.
En vrai, combien ? Le 11 octobre 2026, growthepie relevait environ 0,006 $ pour un envoi d’ether sur Ethereum, et 0,023 $ de frais médians toutes opérations confondues. Ces frais suivent la demande : quand beaucoup d’utilisateurs veulent passer en même temps, ils montent.
Deux pièges. Les frais sont payés « que la transaction réussisse ou échoue » : une opération ratée coûte quand même. Et ils se paient en ether : sans un peu d’ETH sur votre adresse, vous ne pouvez en général pas déplacer les autres jetons qui s’y trouvent.
Combien d’ether existe-t-il ?
Il n’y a pas de plafond. Là où le bitcoin est limité à 21 millions, l’ether a une offre « dynamique », explique ethereum.org : le protocole en crée pour payer les validateurs, et en détruit par le brûlage des frais. La quantité créée chaque jour dépend de l’ether mis en jeu par les validateurs.
Les chiffres relevés sur ultrasound.money le 11 octobre 2026 : 122,1 millions d’ETH en circulation, environ 3 000 ETH créés par jour. Sur les sept jours précédents, 20 866 ETH ont été créés et 645 brûlés, soit une hausse de l’offre de 0,86 % par an à ce rythme. Depuis 2021, le brûlage a détruit 4,6 millions d’ETH au total.
À La Fusion, en septembre 2022, l’offre était d’environ 120,5 millions d’ETH, selon ethereum.org : elle a donc augmenté d’environ 1,6 million depuis (notre calcul). L’ether « déflationniste », que l’on lit souvent, ne l’est que par périodes, quand l’activité brûle plus qu’il n’est créé. Ce n’était pas le cas début octobre 2026.
La preuve d’enjeu : qui valide les blocs depuis 2022
Jusqu’en 2022, Ethereum fonctionnait comme Bitcoin, par preuve de travail : des mineurs dépensaient de l’électricité pour gagner le droit d’écrire un bloc. Le 15 septembre 2022, La Fusion (The Merge) l’a remplacée par la preuve d’enjeu, et a réduit la consommation d’énergie du réseau « d’environ 99,95 % ». Le minage d’ether a cessé ce jour-là.
En preuve d’enjeu, un validateur dépose au moins 32 ETH en garantie. Toutes les 12 secondes, l’un d’eux, tiré au sort, propose un bloc, et des comités de validateurs votent pour dire s’il est valide. Quand les deux tiers de l’ether en jeu se sont accordés sur deux points de contrôle successifs, les blocs deviennent « finalisés » : au moins deux époques de 32 créneaux, soit près de 13 minutes (notre calcul) ; ethereum.org compte environ 15 minutes.
Annuler un bloc finalisé coûterait à un attaquant au moins un tiers de tout l’ether en jeu : c’est ainsi qu’Ethereum se protège de la double dépense. Un validateur qui triche, en signant deux blocs concurrents par exemple, voit une partie de sa mise détruite et il est exclu ; un validateur simplement hors ligne perd de petites sommes.
Le staking : ce que c’est, et ce que vous risquez
Staker, c’est bloquer de l’ether pour participer à la validation, contre une récompense. ethereum.org décrit plusieurs façons de faire : votre propre validateur (au moins 32 ETH, jusqu’à 2 048 ETH, et un ordinateur dédié connecté jour et nuit) ; un service ou un « pool » de staking, parfois accessible dès 0,01 ETH ; le staking proposé par une plateforme d’échange.
Au 11 octobre 2026, le compteur d’ethereum.org affichait environ 44 millions d’ETH en jeu, soit près de 36 % de l’offre, et une récompense de 2,5 % par an, avant les frais du service choisi. Ce n’est pas un taux garanti : il change avec le réseau, et la récompense se paie en ether, dont le cours peut baisser bien plus que cela.
- Pénalités : un validateur hors ligne perd un peu d’ether ; une faute prouvée entraîne la destruction d’une partie de la mise.
- Attente : récupérer son ether n’est pas immédiat. Les sorties passent par une file d’attente : le 11 octobre 2026, validatorqueue.com l’estimait à environ 16 jours pour sortir, plus un délai de versement d’environ 7 jours, et à 23 jours pour entrer.
- Intermédiaire : un pool ou une plateforme, c’est confier ses ETH à un tiers, qui peut faire faillite ou être piraté. Le staking « liquide » vous remet un jeton qui représente votre ether en jeu ; ce jeton ajoute le risque du contrat qui l’émet.
- Concentration : ethereum.org avertit que les plateformes qui stakent pour de nombreux clients forment « une grande cible centralisée et un point de défaillance ».
Côté impôts, impots.gouv.fr indique, dans sa partie sur les ventes à titre professionnel, que « les bénéfices issus des activités de minage ou de staking sont imposés dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC) », sans dire à quel moment ils le sont ; les règles sont dans notre article sur les impôts. Notre conseil : le staking n’a rien d’obligatoire pour débuter. Si vous y venez, ne bloquez que ce dont vous pouvez vous passer plusieurs semaines, et sachez qui garde vos ETH.
Les couches 2 : Ethereum en moins cher
Pour rester vérifiable par des ordinateurs ordinaires, Ethereum limite ce qu’il traite à chaque bloc. Les couches 2 (layer 2) sont des réseaux séparés qui regroupent de nombreuses transactions et en publient les données sur Ethereum : on parle alors de « rollups ». Les trois plus grands, d’après la valeur qu’ils sécurisent selon L2BEAT au 11 octobre 2026, sont Base (15,7 milliards de dollars), Arbitrum One (11,1 milliards) et OP Mainnet (2 milliards).
Elles sont nettement moins chères : le même jour, growthepie relevait des frais médians de 0,001 à 0,004 $ sur ces trois réseaux. Dencun, le 13 mars 2024, leur a donné un espace de données bon marché, les « blobs » ; Pectra, le 7 mai 2025, en a augmenté le débit, et Fusaka, le 3 décembre 2025, leur permet de publier ces données plus efficacement.
Moins chères, pas forcément aussi sûres. L2BEAT classe les couches 2 par stades : au stade 0, quelques entités les contrôlent entièrement ; au stade 2, seul le code. Base, Arbitrum One et OP Mainnet sont au stade 1, entre les deux, et L2BEAT précise que ces stades ne mesurent pas la sécurité d’un projet. ethereum.org conseille de commencer par de petites transactions.
Piège classique : votre adresse, qui commence par 0x, est la même sur Ethereum, Base, Arbitrum et les autres réseaux compatibles, mais chaque réseau a ses propres soldes. Envoyés par erreur sur un autre réseau, vers un portefeuille dont vous avez la clé, les fonds ne sont en général pas perdus : ils sont sur l’autre réseau, à la même adresse. Vers une plateforme, cela dépend d’elle, selon Blockscout. Choisissez toujours le réseau avant d’envoyer.
Qui décide des règles d’Ethereum ?
Ethereum n’a pas de PDG. La Fondation Ethereum, une organisation à but non lucratif, se présente comme un soutien de l’écosystème, qui ne le contrôle pas. Les règles changent par des mises à jour (des « forks »), convenues à l’avance, puis installées par ceux qui font tourner les nœuds. Si une partie refuse, la chaîne peut se scinder, comme en 2016.
| Date | Mise à jour | Ce qui a changé |
|---|---|---|
| 5 août 2021 | London | frais de base brûlés, frais plus prévisibles |
| 15 septembre 2022 | La Fusion | fin du minage, passage à la preuve d’enjeu |
| 12 avril 2023 | Shapella | l’ether en jeu peut être retiré |
| 13 mars 2024 | Dencun | frais nettement plus bas sur les couches 2 |
| 7 mai 2025 | Pectra | un compte ordinaire peut exécuter du code : opérations groupées, frais payés par un tiers |
| 3 décembre 2025 | Fusaka | les couches 2 publient leurs données plus efficacement |
La suivante, Glamsterdam, était programmée sur le réseau d’essai Sepolia le 6 octobre 2026, et elle y a été activée comme prévu. Au 11 octobre, ethereum.org l’attend sur le réseau principal au quatrième trimestre 2026, mais écrit « Date non encore confirmée » : méfiez-vous de toute date présentée comme certaine. Ses étapes sont suivies dans notre article sur Glamsterdam.
Les risques à regarder en face
- Le cours : l’ether peut perdre une grande partie de sa valeur en peu de temps. N’y mettez que ce que vous pouvez vous permettre de perdre.
- Les contrats : une faille dans une application peut vider les fonds qui y sont déposés, et une transaction ne s’annule pas.
- Les signatures : en connectant votre portefeuille à un site, vous pouvez signer une autorisation qui laisse un contrat dépenser vos jetons. Les escrocs en vivent : notre article sur le phishing et les drainers explique comment s’en protéger.
- Les fausses mises à jour : il n’y a jamais eu d’« ETH 2.0 » à échanger. ethereum.org l’écrit noir sur blanc : « Les personnes qui vous disent le contraire sont probablement des escrocs. »
Idées reçues sur Ethereum
| Ce qu’on entend | Ce qui est vrai |
|---|---|
| « Ethereum et l’ether, c’est pareil. » | Ethereum est le réseau ; l’ether (ETH) est sa cryptomonnaie. |
| « Ethereum est une copie de Bitcoin. » | Son livre blanc vise une blockchain programmable, pas seulement une monnaie. |
| « L’ether est déflationniste. » | Seulement par périodes : début octobre 2026, l’offre augmentait d’environ 0,86 % par an. |
| « On peut encore miner de l’ether. » | Non, depuis le 15 septembre 2022. |
| « Il faut 32 ETH pour faire tourner un nœud. » | Non : 32 ETH pour un validateur ; un nœud ne demande aucun ether. |
| « La Fusion devait faire baisser les frais. » | Non : elle a changé la façon de valider les blocs, pas la capacité du réseau. |
Par où commencer avec l’ether ?
Seules les plateformes agréées selon le règlement européen MiCA peuvent vous servir en France : notre article sur MiCA explique comment le vérifier, et notre comparatif des plateformes donne le statut de chacune. Pour la garde, les règles sont celles de toutes les cryptos, détaillées dans notre article sur le choix d’un portefeuille.
Notre conseil : commencez par une petite somme, gardez toujours un peu d’ether pour les frais, vérifiez le réseau avant chaque envoi, et ne signez jamais une opération que vous ne comprenez pas. L’article suivant du parcours porte sur les stablecoins, ces jetons qui suivent le dollar ou l’euro, et dont une bonne partie circule sur Ethereum.
Questions fréquentes
Ethereum et ether, c’est la même chose ?
Non. Ethereum est le réseau, une blockchain où tournent des programmes ; l’ether (ETH) est sa cryptomonnaie, qui paie les frais de ce réseau. Quand on dit « acheter de l’Ethereum », on achète en fait de l’ether.
Combien coûte une transaction sur Ethereum ?
Le 11 octobre 2026, un simple envoi d’ether coûtait environ 0,006 $ selon growthepie, et moins encore sur les grandes couches 2. Les frais montent quand le réseau est très demandé, et ils sont payés même si l’opération échoue. Gardez toujours un peu d’ether pour les régler.
Combien de temps prend une transaction ?
Ethereum produit un bloc toutes les 12 secondes : une transaction aux frais suffisants y entre vite. Elle devient définitive (« finalisée ») après au moins deux époques de 32 créneaux de 12 secondes, soit près de 13 minutes au minimum, environ 15 minutes selon ethereum.org.
Faut-il 32 ETH pour staker ?
Pour faire tourner seul votre propre validateur, oui. Sinon, des services de staking et des plateformes acceptent de petites sommes, parfois dès 0,01 ETH, mais vous confiez alors vos ETH à un tiers, avec ses propres risques. La récompense n’est jamais garantie.
On me propose d’échanger mes ETH contre de l’« ETH 2.0 » : que faire ?
Refuser : c’est une arnaque. Il n’existe ni « ancien » ni « nouvel » ether, et La Fusion n’a demandé aucune action aux détenteurs d’ETH, selon ethereum.org. Ne donnez jamais votre phrase de récupération.
J’ai envoyé mes ETH sur Base au lieu d’Ethereum : sont-ils perdus ?
Vers un portefeuille dont vous avez la clé, en général non : la même adresse existe sur les deux réseaux, et vos ETH s’y trouvent, visibles si votre portefeuille affiche Base. Vers une plateforme, contactez son support avec l’identifiant de la transaction : elle seule peut décider de vous créditer.



