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DeFiSécuritéBloc #6952

Hacks crypto 2026 : le registre des piratages, mois par mois

Plus de 2,3 milliards de dollars volés en 2026 selon DefiLlama, neuf sur dix dans 44 vols. Les piratages d’au moins 5 millions, leur cause, leur auteur présumé, ce qui a été rendu, et quoi faire si vous êtes touché.

BlockInfosLa rédaction

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Sommaire

    L’essentiel : Du 1er janvier au 25 octobre 2026, DefiLlama recense 2 368,6 millions de dollars volés en 312 piratages, montants bruts au moment du vol (notre calcul). Neuf dollars sur dix viennent de 44 vols d’au moins 5 millions : ce registre en garde 38, mois par mois, avec leur cause, ce qu’on sait de leur auteur et ce qui a été rendu. Les plus gros : Bitget, Liquid, Drift et Kelp DAO. Et peu de recours pour les victimes.

    Registre arrêté au 26 octobre 2026 ; totaux de DefiLlama lus le 26 octobre 2026 à 22 h 35 (dernière entrée du 25 octobre 2026). Heures de Paris : UTC+1 jusqu’au 29 mars et depuis le 25 octobre, UTC+2 entre les deux.

    Ce qu’il faut retenir de 2026

    • Combien : 2 368,6 M$ en 312 incidents du 1er janvier au 25 octobre selon DefiLlama, tous types confondus, soit −5,2 % par rapport à la même période de 2025, gonflée par le vol de Bybit (notre calcul). Les autres bilans comptent autrement.
    • Peu de vols font presque tout : 44 vols d’au moins 5 millions portent 90,6 % des montants, les trois plus gros (Bitget, Liquid, Drift) 42,3 % (notre calcul).
    • Rarement une faille de code : les plus gros vols passent par des clés volées ou trop faibles, des droits d’administration pris par la ruse, des ponts qui valident un faux message.
    • La Corée du Nord : plus de 1 milliard de dollars de vols lui sont attribués en 2026, à fin septembre, selon Chainalysis et selon Elliptic.
    • Peu de recours : une plateforme agréée répond d’une perte qui lui est imputable ; un protocole DeFi rembourse s’il le décide.

    Janvier à mars 2026

    DateVictimeVoléCause, auteurSuites
    8 janvierTruebit, Ethereum8 535 ETH, environ 26 M$ (Halborn) ; 26,4 selon DefiLlamajetons TRU émis presque gratuitement, puis revendus ; contrat vieux de cinq ans, au code non publié ; aucune attributionaucun retour signalé
    21 janvierSaga (SagaEVM), chaîne Sagaenviron 7 M$ (Halborn)faille héritée du code d’Ethermint : un stablecoin émis sans gage, tombé à 0,75 $ ; aucune attributionaucun retour signalé
    25 janvierMatcha Meta (contrat SwapNet), Base et Ethereum13,4 M$ (The Block) ; 13,43 selon DefiLlamafaille des contrats de SwapNet, un service intégré, chez 20 utilisateurs qui avaient désactivé l’autorisation à usage unique ; contrats de Matcha et de 0x hors de cause ; aucune attributionaucun retour signalé
    31 janvierStep Finance, Solana40 M$ pris dans sa trésorerie et ses portefeuilles de frais (The Block)appareils de dirigeants compromis, selon Step (BleepingComputer) ; clés privées compromises, selon DefiLlama ; aucune attributionenviron 3,7 M$ d’actifs de Remora et 1 M$ d’autres positions récupérés (BleepingComputer) ; fermeture annoncée le 23 février, avec SolanaFloor et Remora Markets ; rachat des STEP sur un relevé antérieur au vol
    22 févrierYieldBlox (pool Blend V2), Stellarplus de 10 M$ (BlockSec) ; 10,97 selon DefiLlamacours d’une garantie (USTRY) manipulé, puis repris par l’oracle ; aucune attributionenviron 48 millions de XLM, 7,2 M$ selon Halborn, gelés par des validateurs de Stellar
    22 mars, vers 3 h 21Resolv (stablecoin USR), Ethereumenviron 80 millions d’USR émis sans gage, environ 25 M$ retirés (CoinDesk) ; environ 23 M$ (Chainalysis) ; 24,5 selon DefiLlamaune seule clé, gardée dans un service en ligne d’Amazon (AWS), autorisait l’émission, sans plafond ; aucune attributionUSR tombé à 0,025 $ sur Curve en 17 minutes, puis à 0,27 $ le 23 mars (CoinDesk)
    Vols d’au moins 5 M$, janvier à mars 2026, registre arrêté au 26 octobre 2026. Heures de Paris ; montants au moment du vol, selon la source liée, et celui de DefiLlama s’il diffère.

    Et 45 incidents sous 5 M$ (dont 3 sans montant), 40,9 M$ au total (DefiLlama, notre calcul).

    Le trimestre le plus calme de l’année. Step Finance n’a pas survécu au vol de sa trésorerie : il a annoncé sa fermeture le 23 février (The Block). Resolv montre qu’un audit ne garantit rien : le protocole en avait passé « as many as 18 », mais une seule clé suffisait à émettre son stablecoin (Chainalysis). Cyrus Finance (22 mars) est hors du tableau : son montant est contredit (voir « Hors du registre »).

    Avril à juin 2026

    DateVictimeVoléCause, auteurSuites
    1er avril, à partir de 18 h 05Drift, Solana285 M$ (Chainalysis) ; 295 selon DefiLlamadroits d’administration pris grâce à des signatures obtenues d’avance, puis un faux jeton (CVT) accepté en garantie ; « probablement lié » à la Corée du Nord, « l’attribution formelle reste en attente » au 9 avril (Chainalysis, notre traduction) ; Mandiant l’a depuis attribué à UNC6862, un « groupe de menace nord-coréen » (The Block, notre traduction)Tether promet jusqu’à 127,5 M d’USDT (DL News), des partenaires jusqu’à 20 M ; jetons DFX, un par USDT perdu, à réclamer avant le 1er janvier 2028 (Grafa) ; chaque DFX ne se rachète d’abord qu’un peu plus de 0,01 USDT (The Block)
    16 avrilRhea Lend, NEAR18,4 M$, plus du double des 7,6 M$ d’abord estimés (post-mortem, via The Block)échanges détournés vers de faux jetons, laissant des positions sans garantie ; aucune attributionenviron 11,2 M$ rendus ou gelés (The Block)
    16 avrilGrinex, plateforme russe sous sanctionsenviron 15 M$ selon Grinex, repris par TRM Labs ; 13,74 selon DefiLlamaclés de portefeuilles chauds, selon DefiLlama ; Grinex accuse des « services spéciaux » d’États hostiles, ce que TRM n’a pas vérifiéopérations suspendues, plainte déposée (TRM)
    18 avril, 19 h 35Kelp DAO (pont du rsETH), Ethereum116 500 rsETH, environ 292 M$ (LayerZero) ; 293 selon DefiLlamaun seul vérificateur requis, trompé par des serveurs piratés ; selon LayerZero, Mandiant et CrowdStrike attribuent l’attaque au groupe nord-coréen TraderTraitorseconde tentative (40 000 rsETH) bloquée par la pause des contrats (Chainalysis) ; 30 766 ETH gelés par le conseil de sécurité d’Arbitrum ; garantie du rsETH rétablie fin mai (Cointelegraph)
    7 maiTrustedVolumes (teneur de marché de 1inch Fusion), Ethereumenviron 6,7 M$ selon TrustedVolumes ; 5,87 M$ d’abord, selon Blockaid (Cointelegraph)le pirate s’est inscrit comme signataire d’ordres autorisé (CertiK) ; 1inch se dit hors de cause ; aucune attributionfonds sur trois adresses ; TrustedVolumes se dit ouvert à une prime
    15 maiTHORChain, plusieurs chaînesenviron 10,7 M$, un coffre sur cinq (rapport de THORChain)faille de la signature partagée (GG20), par un opérateur de nœud entré deux jours plus tôt ; aucune attributionéchanges arrêtés sur plusieurs chaînes par les contrôles automatiques en quelques minutes, tout le réseau en environ deux heures par les opérateurs ; pertes couvertes d’abord par la liquidité du protocole, sans émettre de RUNE (plan ADR-028, approuvé par les nœuds, annoncé le 27 mai) ; échanges rouverts le 23 juin (Cointelegraph)
    18 mai, 1 h 55pont Verus-Ethereum11,58 M$ (Halborn) ; 11,5 selon DefiLlamades transferts acceptés sans vrai gage ; aucune attribution4 052 ETH rendus le 21 mai, 1 350 gardés comme prime (Crypto Times)
    27 maiSUPERFORTUNE AI (jeton GUA), Ethereumenviron 15,18 M$ de GUA, dont la revente n’a rapporté qu’environ 5,66 M$ (Halborn)transfert destiné à une distribution de jetons détourné ; aucune attributionaucun retour signalé ; GUA en baisse d’environ 60 % dans la journée
    28 maiDxSale, BNB Chainenviron 7,3 M$, chez environ 1 400 fournisseurs de liquidité (Cointelegraph)« cyberattack » pour Cointelegraph, détournement par les promoteurs (rug pull) pour DefiLlama : cause discutée ; aucune attributionaucun retour signalé
    30 maiGravity Bridge (Ethereum-Cosmos)environ 5,4 M$ (PeckShield, via crypto.news)clé de signature probablement compromise, selon des chercheurs ; aucune attributionpont arrêté
    juin (7 juin selon DefiLlama)pont de Syscoinenviron 5 milliards de SYS émis sans contrepartie, environ 10 M$ à leur cours (Halborn)erreur de lecture des preuves dans le relais du pont ; aucune attributionjetons émis gelés avec des plateformes et des partenaires (Halborn)
    8 ou 9 juinHumanity Protocol, Ethereum et BNB Chainplus de 32 M$ (Specter, via Bitcoin.com) ; environ 30 M$ selon d’autresclé privée compromise, selon le fondateur ; ZachXBT parle d’un incident « possibly staged » (peut-être mis en scène)jeton H en baisse de près de 90 % (Bitcoin.com)
    20 juinrobot MEV « JaredFromSubway », Ethereum4 424 ETH, environ 7,5 M$ (CertiK)autorisations restées ouvertes après des échanges avec de faux pools ; aucune attribution3 000 ETH passés par Tornado Cash (CertiK)
    Vols d’au moins 5 M$, avril à juin 2026, registre arrêté au 26 octobre 2026. Heures de Paris ; montants au moment du vol, selon la source liée, et celui de DefiLlama s’il diffère.

    Et 100 incidents sous 5 M$ (dont 1 sans montant), 86,1 M$ au total (DefiLlama, notre calcul).

    Drift et Kelp DAO pèsent 588 millions de dollars chez DefiLlama, 72 % du trimestre tous types confondus, 78 % en DeFi et ponts (notre calcul). Chez Drift, fin mars, des membres du conseil de sécurité ont signé d’avance des transactions « qu’ils ne comprenaient pas entièrement », selon Chainalysis, qui reprend le compte rendu de Drift (notre traduction) ; le 1er avril, les pirates les ont exécutées pour prendre les droits d’administration, puis ont fait accepter en garantie un jeton sans valeur (notre guide de la DeFi).

    Le 18 avril, à 19 h 35, le pont du rsETH de Kelp DAO, réglé sur un seul vérificateur, libère 116 500 rsETH contre un faux message : notre article sur les ponts raconte le mécanisme, celui sur Aave la contagion, celui sur les couches 2 le gel de 30 766 ETH par le conseil de sécurité d’Arbitrum, dans la nuit du 20 au 21 avril. Le 24 septembre, Evercrest Technologies, la société de Kelp, a engagé une action civile au Canada, devant la Cour suprême de Colombie-Britannique, contre LayerZero Labs et son cofondateur Bryan Pellegrino ; nous ne connaissons cette action que par la presse (The Block). Wasabi Perps (30 avril) est hors du tableau : son montant est contredit.

    Juillet à septembre 2026

    DateVictimeVoléCause, auteurSuites
    5 ou 6 juilletLazy Summer (Summer.fi), Ethereumenviron 6 M$ (CoinDesk) ; 6,04 selon CryptoRank et DefiLlamajetons au cours périmé versés dans une ancienne stratégie, en cours de retrait mais encore comptée dans la valeur des coffres en USDC ; les prêts éclair ont surtout fourni la liquidité de la dernière transaction (post-mortem de Summer.fi, résumé par AMBCrypto) ; aucune attributionSummer.fi ferme, application ouverte jusqu’au 31 août (CryptoRank)
    6 juilletBONK DAO, Solanaenviron 20 M$ en BONK (CoinDesk)vote détourné : environ 4,4 M$ de BONK achetés pour atteindre le quorum et faire voter le transfert ; aucune attributionaucun retour signalé
    11 juillet, 2 h 51Bonzo Lend, Hederaenviron 9,05 M$ selon le rapport de Bonzo, sans environ 1 M$ emprunté par un compte qui se dit « white hat » et promet de le rendre ; 9,05 selon DefiLlamafaux cours du SAUCE accepté par le vérificateur de l’oracle de Supra, qui a validé une signature nulle ; le cours réel n’a pas bougé (rapport de Bonzo) ; aucune attributiondes avances égales à la valeur des positions touchées juste avant l’attaque, annoncées le 17 juillet, financées avec l’appui de la Hedera Foundation (Crypto Times)
    15 juilletOstium, Arbitrumenviron 18 M$, jusqu’à 24 selon les estimations (Halborn) ; 23,75 M$ selon Ostiumclé privée d’un oracle de prix compromise ; selon Ostium, un acteur étatique, qu’il ne nomme pas (Crypto Briefing)environ 650 000 $ récupérés ; portail ouvert le 30 septembre : 90,59 % des portefeuilles, ceux qui ont perdu 1 000 USDC ou moins, peuvent tout récupérer ; les autres choisissent avant le 30 octobre entre 1 000 USDC tout de suite et une seconde étape (Crypto Briefing)
    20 juillet, 16 h 46 à 16 h 55pont de Wanchain (Cardano-BNB Chain)environ 515,2 millions de NIGHT, de 9 à 13 M$ selon l’heure retenue (Crypto Times) ; 10 selon DefiLlamaune signature valable pour 3 110 NIGHT réutilisée pour en retirer 203 millions ; aucune attributionaucun retour signalé
    22 juilletpont Verus-Ethereum, deuxième foisenviron 7,54 M$ (Blockaid, cité par The Block) ; 7,53 selon DefiLlamala même faille ; aucune attributionfonds passés par Tornado Cash
    22 juillet, repéré à 23 h 30pont d’AFX Trade, Arbitrum24,15 millions d’USDC (CoinDesk)les clés de cinq validateurs sur sept, assez pour le quorum, prises après le piégeage d’un développeur par un faux recruteur ; selon AFX, ses constats concordent avec l’attribution au groupe nord-coréen TraderTraitor (crypto.news)aucun retour signalé ; 30 % offerts au pirate s’il rendait le reste ; plan de dédommagement annoncé pour le 3 août, dont nous n’avons pas lu le détail ; le pont officiel d’Arbitrum « has not been hacked », selon Offchain Labs
    24 juilletTriple-A (paiements), plusieurs chaînesenviron 11,8 M$ selon Specter (Cointelegraph), plus de 9,7 M$ d’abord (Specter et PeckShield, via crypto.news) ; Triple-A ne publie pas de montantaccès non autorisé, repéré le 25 juillet, à des portefeuilles de sa propre trésorerie, confirmé le 27 par Triple-A ; cause non publiée ; aucune attributionfonds des clients non touchés ; perte absorbée par les réserves de la société, selon Triple-A
    28 juilletCrypto DAO (jeton Pro), BNB Chainenviron 8,2 M$ en USDT (Crypto Times)contrôle d’accès « élémentaire » du contrat ; aucune attributionaucun retour signalé
    30 juilletportefeuilles Coldcard, Bitcoinenviron 1 816 BTC, environ 116 M$, sur plus de 5 200 adresses (Galaxy Research, cité par TRM Labs) ; 114 M$ (CoinDesk) ; 112,7 M$ (CertiK, via Cointelegraph)phrases de récupération trop faibles, créées par un firmware bogué : « The COLDCARD devices themselves were not hacked » (Coinkite) ; plusieurs auteurs possibles, aucune attribution (TRM)correctifs publiés ; mettre à jour ne répare pas une phrase déjà créée : en créer une nouvelle et y transférer les fonds (Coinkite)
    9 aoûtCoinsbuy (paiements), Ethereum et Tronplus de 7,9 M$ (SpecterAnalyst, via Cointelegraph), chiffre ni confirmé ni démenti par Coinsbuyretraits non autorisés de plusieurs portefeuilles, cause non publiée ; aucune attributionclients couverts sur ses réserves, selon Coinsbuy ; une part « six-figure » gelée par ChangeNOW ; récompense de 100 000 $
    23 aoûtTerm Finance, Ethereumenviron 8,5 M$ (Crypto Times)vote détourné : jeton de gouvernance accaparé avec 2 ETH sortis de Tornado Cash ; aucune attributionaucun retour signalé
    27 aoûtMoonwell, Baseenviron 8,7 M$ (crypto.news)cours du MAMO, jeton peu liquide pris en garantie, manipulé (CertiK) ; aucune attributionnouveaux emprunts bloqués sur ses marchés de Base
    30 août, à partir de 14 h 38Tectonic, Cronos120,4 M$ empruntés contre une garantie gonflée (Crypto Times) ; 124,47 selon DefiLlamacours du TONIC, jeton peu liquide, poussé à la hausse ; aucune attributionretour en arrière de 10 961 blocs : environ 111,2 M$ annulés, environ 9,19 M$ partis
    6 septembre, 15 h 53Liquid Network, chaîne latérale de Bitcoinenviron 4 000 LBTC sans bitcoin derrière, retirés en bitcoins ; 320 M$ selon DefiLlamaune faille de vérification, et une clé de sortie gardée en ligne ; aucune attribution3 400 BTC rendus le 7 septembre, environ 602 dus au 23 ; le 20 octobre, échanges de LBTC contre des bitcoins rétablis par des intermédiaires, les sorties directes restant restreintes jusqu’au retour à un bitcoin pour un LBTC (Fédération Liquid)
    24 septembreDuelbits (jeux d’argent)environ 7 M$ selon son cofondateur (CoinDesk) ; 5,9 selon CertiK (Cointelegraph)portefeuilles chauds vidés sur quatre chaînes, clé privée probablement compromise ; aucune attributionfonds des joueurs « safe », selon Duelbits ; environ 2 234 ETH immobiles sur une adresse
    24 septembre, 20 h 31Bitget (plateforme centralisée)environ 388 M$ (Bitget) ; 387 selon Chainalysis et DefiLlamafaille inconnue (« zero-day ») d’un logiciel de sécurité tiers, clés non compromises (Bitget) ; « highly likely » nord-coréen (Elliptic), « DPRK-attributed » (Chainalysis)perte couverte par son fonds de protection ; retraits rétablis du 28 septembre au 2 octobre ; une partie gelée, sans chiffre
    Vols d’au moins 5 M$, juillet à septembre 2026, registre arrêté au 26 octobre 2026. Heures de Paris ; montants au moment du vol, selon la source liée, et celui de DefiLlama s’il diffère.

    Et 102 incidents sous 5 M$ (dont 9 sans montant), 74,4 M$ au total (DefiLlama, notre calcul).

    Quatre vols dominent le trimestre :

    • Bitget, le 24 septembre : environ 388 millions pris sur 12 adresses de portefeuilles chauds, détectés à 21 h 05. Selon Bitget, les pirates ont exploité une faille inconnue d’un produit de sécurité tiers ; ses clés privées et ses portefeuilles froids n’ont pas été touchés, et son fonds de protection a été réalimenté au-dessus de 300 millions, comme promis.
    • Liquid Network, le 6 septembre : une faille de vérification d’Elements, son logiciel, permet de créer environ 4 000 LBTC sans bitcoin derrière, aussitôt retirés en bitcoins. 3 400 BTC sont rendus le lendemain à 18 h 09, soit 85 % (notre calcul) : les 320 millions de DefiLlama ne sont pas une perte définitive (Blockstream).
    • Coldcard, à partir du 30 juillet : un bogue introduit en mars 2021 affaiblissait les phrases de récupération, environ 40 bits d’aléa sur les Mk2 et Mk3 (firmware 4.0.1 à 4.1.9, estimation préliminaire) et 72 sur les modèles suivants, au lieu des 128 visés (Coinkite). De 128 à 40 bits, c’est 288 fois moins de combinaisons à essayer (notre calcul).
    • Tectonic, sur Cronos, le 30 août : en revenant en arrière de 10 961 blocs, Cronos a effacé 1 h 54 de transactions, y compris d’utilisateurs sans rapport ; 9,19 millions, 7,6 % des 120,4 empruntés, « has not been recovered », et aucune politique de dédommagement n’est publiée (Crypto Times).

    KITE (5 août), TAC et KiiChain (20 au 25 août) et Nesa (24 août) sont hors du tableau : leurs montants sont contredits.

    Octobre 2026

    DateVictimeVoléCause, auteurSuites
    9 octobreacheteurs de Ledger piégés (revendeur CryptoBilis), six chaînes102,0 M$ sur 335 portefeuilles selon Bitquery ; 93 selon DefiLlama, comme le premier décompte de Bitquery ; Ledger ne confirme aucun montantcircuit ajouté dans des appareils revendus neufs, qui lit les 24 mots ; aucune attributionenviron 10 M$ d’USDT gelés par Tether (CoinDesk, qui cite Bitquery)
    21 octobre, à partir de 14 h 19CoinDCX (plateforme centralisée indienne), TRON15,99 millions d’USDT selon CoinDCX (The Block) ; 16 selon DefiLlamaclés d’anciennes adresses de dépôt, retirées selon CoinDCX, encore utilisées par la plateforme selon Bitquery ; comment le voleur a obtenu les clés n’est pas établi ; aucune attributionperte absorbée par CoinDCX, fonds des clients en sécurité selon elle ; environ 2,21 M$ d’USDT gelés par Tether dans la nuit du 22 au 23 octobre (Bitquery)
    Vols d’au moins 5 M$, octobre 2026, registre arrêté au 26 octobre 2026. Heures de Paris ; montants au moment du vol, selon la source liée, et celui de DefiLlama s’il diffère.

    Et 21 incidents sous 5 M$ (dont 2 sans montant), 20,4 M$ au total (DefiLlama, notre calcul).

    L’affaire du mois touche des particuliers. Pendant des mois, des escrocs ont acheté de vrais Ledger, y ont ajouté un circuit qui lit les 24 mots, puis les ont remis en vente chez des revendeurs d’Asie du Sud-Est (Ledger) ; tous les vols confirmés par Ledger concernent des appareils vendus par l’un d’eux, CryptoBilis (Decrypt), que le site de Ledger listait comme revendeur agréé. Le 9 octobre, des acheteurs ont trouvé leurs portefeuilles vides. Les montants sont des estimations de tiers : Bitquery compte 102 millions de dollars, DefiLlama 93 ; Ledger n’a confirmé aucun total.

    CoinDCX, plateforme indienne déjà volée d’environ 44 millions de dollars en juillet 2025 selon DefiLlama, a d’abord démenti, son directeur général parlant de fausse alerte ; le 25 octobre, elle a reconnu une perte de 15,99 millions d’USDT, absorbée par la société (The Block). Sous le seuil, NEAR Intents (3,8 millions le 1er octobre) a tout récupéré après un ultimatum au pirate (Cointelegraph). DefiLlama ajoute parfois un vol après coup, à sa date : l’entrée des Ledger piégés, datée du 9 octobre, n’y figurait pas le 19.

    Hors du registre : contestés, évités, particuliers

    Montants contestés

    Ces entrées de DefiLlama dépassent 5 millions, mais d’autres sources les contredisent : elles restent hors du registre et de ses totaux.

    IncidentSelon DefiLlamaSelon d’autres sources
    22 mars : Cyrus Finance, BNB Chain5,0 M$environ 512 000 $ (BlockSec) ; environ 524 500 $ (DARKNAVY)
    30 avril : Wasabi Perps, Ethereum et Base5,5 M$environ 4,55 M$, clé d’administration compromise (Blockaid, via CoinDesk)
    5 août : KITE, Ethereum13,34 M$attaque « contenue », « no tokens were lost », selon la fondation KITE ; perte estimée à 0 $ (0xposed)
    du 20 août, 21 h 06, au 25 août, 17 h 20 : faille de Cosmos EVM7,5 M$ (TAC) et 9,7 M$ (KiiChain)six réseaux touchés ; environ 2,87 M$ échangés sur des plateformes décentralisées, aux cours du 19 août, et environ 2,85 M$ vendus sur des plateformes centralisées, dont les comptes ont été gelés (Cosmos Labs)
    24 août : Nesa, même faille50 M$environ 50 M$ de NES passés vers Ethereum, au cours d’avant l’attaque (Bubblemaps, cité par Rekt) ; environ 60 000 $ réellement tirés (Crypto Economy)
    Six entrées de DefiLlama, 91 M$ en tout (notre calcul), écartées du registre au 26 octobre 2026.

    Évité de justesse : la faille d’Aptos

    Le 25 février 2026, une faille critique de la blockchain Aptos est signalée par son programme de primes. Selon CoinDesk, un correctif est déployé « within days » (en quelques jours) ; le porte-parole d’Aptos dit « within hours » (en quelques heures), et conteste que la faille ait été exploitable en pratique. Les 70 milliards de dollars souvent cités sont un risque hypothétique, calculé par la société Hexens en comptant ponts, stablecoins et plateformes. Aucun fonds n’a été perdu.

    Particuliers et portefeuilles

    DefiLlama ne compte pas ces vols, qui n’entrent dans aucun de nos totaux. Les vols de particuliers sont nombreux et mal documentés : cette liste n’est pas complète.

    • le 10 janvier à 23 h UTC (le 11 à minuit à Paris), une victime perd 2,05 millions de LTC et 1 459 BTC, plus de 282 millions de dollars, par ingénierie sociale autour d’un portefeuille matériel, selon l’enquêteur ZachXBT, qui ne voit aucun signe d’un lien avec la Corée du Nord (CoinDesk) ;
    • le 15 septembre à 6 h 38, un portefeuille Safe perd 2 882 rsETH, environ 7,7 millions de dollars, par un module que ses propriétaires avaient activé (CryptoTicker) : pas une faille de Safe ;
    • du 15 au 20 septembre, des utilisateurs de l’application DCENT perdent près de 20 millions de dollars en XRP, sur 6 678 portefeuilles, selon Bitrue, environ 6 millions selon CertiK (Cointelegraph) ; la manière dont les pirates ont obtenu les clés n’est pas établie (Zelcore) ;
    • les attaques physiques ont extorqué plus de 30 millions de dollars dans le monde au 1er semestre 2026, selon Chainalysis (rapport du 6 août, cité par crypto.news).

    Combien ? Les totaux, et pourquoi ils ne concordent pas

    DefiLlama publie la liste des piratages, avec un montant au moment du vol. Nous l’avons relue en entier, 1 320 entrées, le 26 octobre 2026 à 22 h 35. Du 1er janvier au 25 octobre 2026, selon notre calcul :

    • tous types confondus, 2 368,6 M$ en 312 incidents, contre 2 499,0 M$ sur la même période de 2025 (−5,2 %) ; sans le vol de Bybit (1,4 milliard, le 21 février 2025), 2025 tombe à 1 099,0 M$, et 2026 fait +115,5 % ;
    • pour la DeFi et les ponts, le périmètre de notre guide de la DeFi, 1 538,0 M$ en 234 incidents, contre 589,5 M$ (+160,9 %) ;
    • pour les plateformes d’échange, 416,7 M$ en trois vols, Bitget, CoinDCX et Grinex, contre 1 853,5 M$ (−77,5 %).

    Sur toute l’année 2025, DefiLlama compte 2 715,0 M$ tous types : 2026 ne l’a pas encore dépassée. Le milliard a été franchi le 6 juillet tous types, le 22 juillet en DeFi et ponts (notre calcul).

    DefiLlama, mois par mois

    Mois de 2026Tous typesDeFi et pontsPlus gros vol
    Janvier104,1 (17)97,1 (16)Step Finance, 40
    Février21,5 (10)21,5 (10)YieldBlox, 10,97
    Mars42,7 (25)42,3 (22)Resolv, 24,5
    Avril648,1 (34)633,8 (28)Drift, 295
    Mai83,1 (44)55,9 (35)SUPERFORTUNE AI, 15,18
    Juin86,9 (36)68,3 (20)Humanity Protocol, 32
    Juillet254,7 (39)105,7 (29)Coldcard, 116
    Août255,5 (48)154,7 (29)Tectonic, 124,47
    Septembre742,8 (36)346,4 (28)Bitget, 387
    Octobre, au 25129,4 (23)12,3 (17)Ledger (CryptoBilis), 93
    Notre calcul sur la liste de DefiLlama lue le 26 octobre 2026 à 22 h 35. Millions de dollars au moment du vol, bruts ; nombre d’incidents entre parenthèses.

    Avril n’est pas le pire mois de l’histoire : avec 634 millions de dollars en DeFi et ponts, c’est le mois le plus lourd depuis octobre 2022 (751 millions), pas un record. Tous types confondus, avril (648 millions) est le 7e mois de la liste, qui remonte à 2011, et septembre 2026 (743 millions) le 5e ; décembre 2020 (3 557 millions) et février 2025 (1 477 millions, Bybit) restent loin devant (notre calcul).

    Les bilans publiés

    Chaque société d’analyse a sa période et son périmètre. Ces chiffres ne s’additionnent pas, et ne se comparent pas à ceux de DefiLlama sans le dire :

    SourcePériodePérimètreMontant
    CertiK1er semestre 2026tous types, hameçonnage et escroqueries compris1,32 Md$, 344 incidents ; 115,3 M$ gelés ou rendus
    CertiK, via Cointelegraph3e trimestre 2026idem1,26 Md$, 247 incidents (2e trimestre : 819,4 M$, 219)
    CertiK, via Cointelegraphseptembre 2026idemenviron 769 M$, 99 incidents ; environ 273 M$ gelés ou rendus, 495,3 M$ nets
    TRM Labs1er semestre 2026piratages972 M$, 207 piratages (2,3 Md$ et 83 au 1er semestre 2025)
    Hacken, via CoinDesk3e trimestre 2026piratages1,18 Md$, 107 incidents
    TRM Labs2026, au 5 aoûtpiratagesplus de 1,2 Md$, 276 incidents
    Chiffres lus le 19 octobre 2026, Hacken le 26. Le rapport de CertiK sur le 3e trimestre n’était toujours pas en ligne le 26 octobre : ses chiffres viennent de Cointelegraph.

    Selon CertiK, le 1er semestre 2026 marque une baisse de 46,8 % sur un an, mais une hausse d’environ 28 % hors Bybit. Les mêmes chiffres que TRM, 972 millions et 207 piratages, circulent aussi sous le nom d’Immunefi (The Block) : ce n’est pas une seconde source.

    Brut ou net, affiché ou réel

    DefiLlama compte Liquid pour 320 millions et Tectonic pour 124,47, sans déduire les bitcoins rendus ni les blocs annulés : c’est un total brut. Il compte aussi, parfois, la valeur affichée de jetons volés ou émis sans gage, dont le pirate ne tire qu’une petite part. Chez SUPERFORTUNE AI, environ 15 millions de GUA volés, 15,18 millions de dollars avant leur revente, n’ont rapporté qu’environ 5,66 millions, 37 % (notre calcul). Chez Nesa, environ 50 millions affichés, environ 60 000 dollars tirés, 0,12 % (notre calcul). Pour Echo, sur Monad, le 18 mai, DefiLlama ne retient au contraire que 821 000 dollars : 1 000 eBTC émis sans gage valaient environ 76,7 millions sur le papier, le pirate en a tiré environ 867 000 dollars (Merkle Science).

    La Corée du Nord : qui l’affirme, et pour quels vols

    Les attributions de 2026 viennent de sociétés privées, chacune avec son degré de certitude. Nous n’avons trouvé, au 26 octobre 2026, aucune déclaration du FBI sur les vols de 2026.

    • Kelp DAO : selon LayerZero, Mandiant et CrowdStrike attribuent l’attaque au groupe nord-coréen TraderTraitor, la Corée du Nord avec « high confidence », le groupe avec « medium confidence » (rapport de LayerZero).
    • Drift : « probablement lié » à la Corée du Nord, mais « l’attribution formelle reste en attente » au 9 avril (Chainalysis, notre traduction) ; fin avril, TRM Labs le range parmi les vols nord-coréens, par un groupe « distinct de TraderTraitor » (TRM Labs) ; Mandiant l’a depuis attribué à UNC6862, un « groupe de menace nord-coréen » (The Block, notre traduction).
    • Bitget : pour Gracy Chen, sa directrice générale, l’attaque est « consistent with techniques used by DPRK-linked hacker groups » ; Elliptic la juge « highly likely » liée à la Corée du Nord (Elliptic), Chainalysis la dit « DPRK-attributed » (Chainalysis). La page de l’incident de Bitget n’en dit rien.
    • AFX Trade : AFX dit ses constats « consistent with independent attribution » au groupe nord-coréen TraderTraitor (UNC4899), sans nommer l’auteur de cette attribution (crypto.news).
    • Coldcard : aucune attribution ; TRM Labs voit plusieurs attaquants possibles.

    Quelle part des vols ? Seulement selon chaque rapport, sur sa propre mesure. Le 30 avril, TRM Labs estimait que Drift et Kelp, environ 577 millions de dollars, faisaient 76 % des pertes de piratage de 2026 jusque-là (TRM Labs) ; le 1er juillet, la même société écrit 71 % pour la même période, puis environ 643 millions, « about 66% », pour le 1er semestre (TRM Labs). Fin septembre, Chainalysis et Elliptic comptent chacun plus de 1 milliard de dollars de vols nord-coréens en 2026. Ne rapportez pas ces chiffres au total de DefiLlama : ce serait mélanger deux mesures. Selon TRM, la part nord-coréenne des vols passe de moins de 10 % en 2020 et 2021 à 64 % en 2025.

    Comment ces vols arrivent

    DefiLlama classe chaque vol par cause. En 2026, au 25 octobre (notre calcul) :

    Cause, selon DefiLlamaMontantPartIncidents
    Clés volées ou trop faibles721,1 M$30,4 %34
    Vérification d’un pont700,1 M$29,6 %32
    Droits d’administration370,2 M$15,6 %53
    Comptes de jetons ou de parts faussés249,5 M$10,5 %57
    Interface ou infrastructure (dont la chaîne d’approvisionnement)140,4 M$5,9 %12
    Cours manipulé (oracle)74,6 M$3,2 %42
    Autres causes112,6 M$4,8 %82
    Classes de DefiLlama traduites par nous. Elles ne suivent pas toujours les récits : DefiLlama range Bitget parmi les clés compromises, alors que Bitget dit ses clés intactes.

    Les plus gros vols de 2026 passent par des clés volées ou mal créées (Step, Humanity, Ostium, AFX, Coldcard), des droits d’administration pris par la ruse (Drift), des ponts qui acceptent un faux message ou une fausse preuve (Kelp, Liquid, Verus, Wanchain, Syscoin) et des portefeuilles chauds de plateformes (Bitget, Grinex, Duelbits, CoinDCX). Les failles de code et les cours manipulés sont nombreux, mais petits.

    Les bilans publiés vont dans le même sens. Au 1er semestre, selon CertiK, les portefeuilles compromis pèsent 444,5 millions de dollars en 33 incidents, l’hameçonnage 366,3 millions en 63, les failles de code 151,6 millions en 204. Selon TRM Labs, les attaques contre l’infrastructure (clés, systèmes de signature) font environ 76 % des fonds volés pour 15 % des incidents.

    Après un piratage : ce qui se récupère, et suis-je touché ?

    Ce qui se récupère

    MoyenExemple de 2026
    Retour en arrière de la chaîneCronos annule environ 111,2 M$ des 120,4 M$ empruntés chez Tectonic, en effaçant aussi des transactions sans rapport
    Gel par l’émetteur d’un stablecoinTether gèle 10 M$ d’USDT après CryptoBilis, selon CoinDesk ; l’unité T3, qu’il a créée avec TRON et TRM Labs, dit avoir gelé plus de 450 M$ dans le monde au 14 mai (Tether)
    Gel par un réseau ou une plateformele conseil de sécurité d’Arbitrum gèle 30 766 ETH du pirate de Kelp ; des comptes gelés après la faille de Cosmos EVM
    Négociation et primeVerus : 4 052 ETH rendus, 1 350 gardés ; Liquid : 3 400 BTC rendus ; NEAR Intents : tout rendu
    Cadre fixé d’avanceavec SEAL Safe Harbor, des « white hats » qui interviennent pendant une attaque rendent les fonds « within 72 hours », contre une prime fixée par le protocole
    Remboursement par la victimeBitget (fonds de protection), Coinsbuy (réserves), Ostium (portail), Drift (jetons DFX), Kelp (coalition DeFi United)
    RienColdcard : aucun dédommagement annoncé dans ce que nous avons lu ; Echo : environ 867 000 $ « at present unrecovered »
    Les sources de chaque exemple sont liées dans le registre et dans le texte.

    Une transaction confirmée ne s’annule pas : ces récupérations dépendent de la bonne volonté d’un émetteur, d’un réseau, du pirate ou de la victime. Ne payez jamais personne pour récupérer vos fonds : c’est le terrain des faux récupérateurs (notre article sur les arnaques).

    Suis-je touché ? Les cinq cas

    1. J’ai des fonds sur une plateforme piratée : lisez sa page officielle de l’incident, en passant par son site ou son application, jamais par un lien reçu, et ne répondez à aucun message qui propose un remboursement.
    2. J’ai utilisé le protocole piraté, ou je lui ai donné une autorisation : une autorisation reste active tant que vous ne la retirez pas (on dit « révoquer »). Revoke.cash liste les autorisations d’une adresse ; les révoquer une à une ne coûte que les frais du réseau (notre article sur le phishing).
    3. Je détiens un jeton enveloppé ou déposé en garantie (rsETH, LBTC) : cela dépend de ce qui le gage encore, et de qui comble le trou (notre article sur les ponts).
    4. J’ai un portefeuille matériel : si votre phrase a été créée sur un Coldcard touché, mettre à jour ne suffit pas. Une phrase ne se change pas comme un mot de passe : on crée un nouveau portefeuille, avec une nouvelle phrase, et on y transfère tout (notre article sur la phrase de récupération). Un Ledger s’achète neuf, de préférence sur la boutique officielle de Ledger : c’est notre conseil depuis l’affaire des appareils piégés, dont tous les cas confirmés viennent d’un revendeur que le site de Ledger listait comme agréé. Ledger recommande aussi ses revendeurs agréés. Jamais d’occasion (notre guide du portefeuille matériel).
    5. On m’appelle au sujet d’un piratage : la police, la gendarmerie, la douane ou des magistrats « ne vous appelleront jamais pour vous demander des données confidentielles », phrase de récupération comprise (Cybermalveillance.gouv.fr, qui relaie le parquet de Paris).

    Pour les gestes de fond : nos conseils pour sécuriser vos actifs et notre article sur la signature des transactions.

    Depuis la France : signaler, MiCA, impôts

    Où signaler

    Portez plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou par les téléservices de Ma Sécurité (plainte, visioplainte) ; si une menace ou une escroquerie est en cours, appelez le 17. Préparez les adresses des portefeuilles, les cryptos concernées, la façon dont vous les déteniez (vous-même ou une plateforme), l’identifiant de chaque transaction et le montant perdu, crypto par crypto. Cybermalveillance.gouv.fr rappelle que l’accès frauduleux à un système informatique est un délit (article 323-1 du code pénal) et conseille France Victimes, au 116 006, pour être accompagné. Une offre de « récupération » se signale à l’AMF ou à Info Escroqueries ; le détail est dans notre article sur les arnaques.

    Plateforme agréée : ce que dit MiCA

    L’article 75 de MiCA, paragraphe 8, rend les plateformes qui gardent vos cryptos « responsables envers leurs clients de la perte de tout crypto-actif ou des moyens d’accès aux crypto-actifs résultant d’un incident qui leur est imputable », avec une responsabilité « plafonnée à la valeur de marché, au moment de la survenue de la perte, du crypto-actif qui a été perdu ». Ne lui est pas imputable un événement dont elle « démontre qu’il s’est produit indépendamment de la fourniture du service concerné », par exemple « un problème inhérent à l’exploitation du registre distribué » qu’elle ne contrôle pas (notre guide du portefeuille ; notre article sur MiCA). Face à un protocole DeFi ou à un pont sans société responsable, peu de recours : un remboursement seulement si le projet ou un tiers le décide.

    Impôts : un vol n’est pas une vente, selon notre lecture

    Le BOFiP (§ 70) ne rend imposables que « les cessions à titre onéreux » de cryptos, au sens de l’article 150 VH bis du code général des impôts. Selon notre lecture, un vol n’en serait pas une : il ne créerait ni plus-value ni moins-value, et nous n’avons trouvé, au 18 octobre 2026, aucun texte ni aucune doctrine officielle qui permette de déduire des cryptos volées. Aucun texte ne dit non plus comment traiter un remboursement reçu en cryptos, comme les jetons DFX de Drift. Gardez la plainte et les preuves de chaque transaction ; pour la déclaration, voir notre guide des impôts.

    Comment ce registre est tenu

    • Seuil : un vol d’au moins 5 millions de dollars au moment du vol, quelle que soit la cible.
    • Preuve : le compte rendu de la victime, ou deux sources indépendantes, dont une société d’analyse de la blockchain. Un montant que seul DefiLlama donne est écrit « selon DefiLlama seul » ; un montant contredit va dans les contestés ; un vol connu par un seul média n’est pas repris.
    • Dates : heure de Paris quand une source la donne. « Aucun retour signalé » : rien de rendu, gelé ou remboursé dans les sources que nous avons lues.
    • Totaux : recalculés sur la liste entière de DefiLlama à chaque mise à jour ; les bilans des autres sociétés sont donnés à part.
    • Mise à jour : registre arrêté au 26 octobre 2026. Aucun protocole, pont ou plateforme cité n’est une recommandation, ni une mise en garde.

    Questions fréquentes

    Une plateforme où j’ai des cryptos a été piratée : mes fonds sont-ils perdus ?

    Pas forcément. Une plateforme agréée au titre de MiCA répond d’une perte qui lui est imputable, dans la limite de la valeur de marché des cryptos au moment de la perte. Bitget, piratée le 24 septembre 2026, dit avoir couvert la perte avec son fonds de protection. Face à un protocole DeFi sans société responsable, peu de recours.

    Un portefeuille matériel peut-il être piraté ?

    L’appareil lui-même, rarement ; ce qui l’entoure, oui. Des Coldcard créaient depuis 2021 des phrases de récupération trop faibles : il faut en créer une nouvelle et y transférer les fonds. En octobre 2026, Ledger a révélé que des appareils piégés avaient été remis en vente, pendant des mois, chez des revendeurs d’Asie du Sud-Est. Achetez neuf, de préférence sur la boutique officielle du fabricant ; jamais d’occasion.

    Les fonds volés sont-ils récupérés ?

    Parfois, en partie : Liquid a récupéré 3 400 bitcoins sur environ 4 000, Cronos a annulé environ 111 millions de dollars sur 120,4 chez Tectonic. Souvent, rien : une transaction confirmée ne s’annule pas.

    Pourquoi les chiffres des piratages diffèrent-ils d’un site à l’autre ?

    Chacun compte autre chose : CertiK inclut l’hameçonnage, DefiLlama non ; certains déduisent les fonds rendus, d’autres pas ; certains comptent la valeur affichée des jetons émis, d’autres ce que le pirate en a tiré. Regardez la période, le périmètre et la source, et n’additionnez jamais deux bilans.

    Qui est « Lazarus » ?

    Le nom courant des pirates attribués à l’État nord-coréen. Les sociétés de sécurité distinguent plusieurs groupes : pour Kelp DAO, TraderTraitor, selon LayerZero ; pour Drift, un groupe distinct de TraderTraitor, selon TRM Labs. Ces attributions viennent de sociétés privées, avec leur degré de certitude.

    Où porter plainte en France après un piratage ?

    Au commissariat ou à la gendarmerie, ou par les téléservices de Ma Sécurité ; en cas d’urgence, au 17. Préparez les adresses des portefeuilles, les cryptos concernées et l’identifiant de chaque transaction. France Victimes, au 116 006, peut vous accompagner.

    Puis-je déduire de mes impôts des cryptos volées ?

    Aucun texte ne le prévoit, à notre connaissance au 18 octobre 2026. Selon notre lecture, un vol ne serait pas une cession à titre onéreux : il ne créerait ni plus-value ni moins-value au sens de l’article 150 VH bis. Gardez la plainte et les preuves des transactions.

    Fin du bloc #6952

    La rédaction BlockInfos

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