L’essentiel : la mise à jour Ethereum Glamsterdam vise un déploiement mainnet fin août 2026, selon le calendrier interne des core devs. Le devnet final multi-client est en cours après la conclusion du Soldøgn interop devnet le 2 mai 2026. Deux propositions phares : EIP-7732 (ePBS — enshrined Proposer-Builder Separation) qui réduit le MEV de jusqu’à 70 %, et EIP-7928 (BALs — Block-Level Access Lists) qui permet l’exécution parallèle et pousse le gas limit de 60 M à 200 millions. Cible : 10 000 transactions par seconde sur Layer 1. Plus EIP-8037 (gas repricing) et 7 autres propositions. Risques : complexité d’implémentation ePBS, parité multi-client, gas repricing — peuvent décaler le mainnet en Q4 2026.
Après Pectra (mai 2025) qui a apporté account abstraction et améliorations validators, Glamsterdam est la prochaine étape majeure de la roadmap Ethereum. Visé pour fin août 2026, le hard fork promet un saut quantitatif sur la scalabilité L1. Voici ce qu’il change concrètement, les EIPs phares, et le calendrier réaliste à surveiller.
Qu’est-ce que Glamsterdam et pourquoi c’est important ?
Glamsterdam est le nom du prochain hard fork majeur d’Ethereum, suivant Pectra (mai 2025) et Fusaka (2025). Selon OpenPR, le nom combine deux noms de protocoles internes (Gloas + Amsterdam) et marque une rupture dans la roadmap Ethereum.
L’enjeu central : ramener le scaling Layer 1 au cœur de la stratégie, après plusieurs années où l’accent était mis sur les L2 (rollups Arbitrum, Optimism, Base, zkSync). La communauté Ethereum considère que la concurrence avec Solana et les nouveaux L1 (Monad, Berachain) exige une amélioration significative du throughput natif.
Les améliorations Glamsterdam touchent trois axes structurants :
- Construction des blocs via ePBS (proposer-builder separation officialisé au protocole).
- Exécution des transactions via Block-Level Access Lists (parallélisme).
- Pricing du state growth via EIP-8037 (réajustement des coûts de stockage).
Que change EIP-7732 (ePBS — Enshrined Proposer-Builder Separation) ?
ePBS est la proposition la plus structurante de Glamsterdam. Selon Ethereum.org, elle officialise au niveau du protocole la séparation entre :
- Le proposer (validator qui propose un bloc à l’heure dite)
- Le builder (entité spécialisée qui assemble les transactions du bloc)
Aujourd’hui, cette séparation existe déjà via MEV-Boost, un middleware tiers utilisé par ~90 % des validators. Mais c’est un système hors-protocole, opéré par des relays centralisés (Flashbots, BloXroute, Eden Network, etc.). Cette dépendance pose des risques de censure et de centralisation.
ePBS internalise la fonction au niveau du consensus Ethereum. Le résultat attendu :
- Réduction du MEV jusqu’à 70 % selon les modélisations
- Élimination de la dépendance aux relays externes
- Résistance à la censure renforcée sur les transactions
- Meilleure répartition économique entre proposers et builders
C’est un changement profond qui peut redessiner toute l’économie de l’extraction de valeur sur Ethereum.
Que change EIP-7928 (BALs) pour le throughput Ethereum ?
Les Block-Level Access Lists (BALs) attaquent le problème du parallélisme. Aujourd’hui, les transactions Ethereum sont exécutées séquentiellement bloc par bloc. C’est sûr mais lent : ~15-30 TPS effectifs.
Les BALs imposent aux transactions de déclarer à l’avance quels comptes et quels slots de stockage elles vont lire ou écrire. Cette déclaration permet :
- Exécution parallèle des transactions qui touchent des espaces de stockage disjoints
- Augmentation du gas limit sans risque de blocs sur-encombrés
- Cible 10 000 transactions par seconde sur Layer 1
Conséquence directe : le gas limit passe de 60 millions à 200 millions par bloc, soit ×3,3. Pour les utilisateurs, cela signifie des frais de transaction L1 nettement plus bas et une plus grande capacité d’absorption pour les pics d’activité.
| Métrique | Avant Glamsterdam | Après Glamsterdam |
|---|---|---|
| Gas limit par bloc | 60 millions | 200 millions |
| TPS effectif L1 | 15-30 TPS | 10 000 TPS (cible) |
| Réduction MEV | dépend MEV-Boost | -70 % via ePBS |
| Construction blocs | MEV-Boost externe | ePBS intégré |
C’est probablement le saut de performance Layer 1 le plus important depuis The Merge (PoS) en 2022.
Quel est le calendrier précis du déploiement ?
La séquence finale s’articule sur plusieurs étapes :
- 2 mai 2026 : conclusion du Soldøgn interop devnet, validation de la compatibilité multi-client de base.
- Mai-juillet 2026 : devnet final stable, tests de charge, audits supplémentaires sur ePBS et BALs.
- Juillet-août 2026 : testnet public (probablement Holesky et Sepolia), tests communautaires.
- Fin août 2026 : déploiement mainnet visé (target interne aspirational).
- Septembre-décembre 2026 : montée en charge progressive sur le mainnet, optimisations basées sur les retours.
Le target « fin août 2026 » est ambitieux. Selon Phemex, trois risques significatifs peuvent décaler ce calendrier :
- Complexité d’implémentation ePBS. C’est la fonctionnalité la plus profonde du fork, qui touche au consensus. Un bug critique pousse facilement le mainnet de 2-3 mois.
- Parité multi-client. Geth, Nethermind, Besu, Erigon, Reth doivent tous implémenter Glamsterdam de manière cohérente. Une divergence retarde le go-live.
- Gas repricing implementation. EIP-8037 touche aux coûts de stockage, sujet sensible historiquement.
Le scénario médian penche pour septembre-octobre 2026, avec possibilité de glissement en Q4 si les tests révèlent des problèmes. Le scénario optimiste reste fin août.
Quel impact pour Ethereum vs Solana et les nouveaux L1 ?
L’enjeu compétitif est explicite. Solana Alpenglow, dont nous avons couvert le testnet lancé le 11 mai 2026 avec 150 ms de finalité, vise un mainnet au T3 2026 — exactement la même fenêtre que Glamsterdam.
Si les deux upgrades réussissent leur déploiement à l’automne 2026 :
- Solana : 100-150 ms de finalité + consensus optimisé Votor/Rotor.
- Ethereum : 10 000 TPS L1 + ePBS + gas limit 3,3×.
Ce serait la première fois depuis 2020 que les deux chaînes majeures progressent simultanément sur leurs métriques de performance natives. La compétition devient sérieuse, surtout pour les développeurs qui choisissent où déployer leurs apps.
Monad, Berachain et Aptos avancent en parallèle, mais sans la profondeur d’écosystème Ethereum ou Solana. Pour le contexte concurrentiel détaillé, voir notre comparatif des écosystèmes DeFi Ethereum vs Solana en 2026.
Que change Glamsterdam pour les utilisateurs et les développeurs ?
Pour un utilisateur retail (holder ETH, trader, DeFi user), Glamsterdam apportera :
- Frais de transaction L1 plus bas grâce au gas limit ×3,3.
- Confirmation plus rapide des transactions complexes (DeFi composables).
- Meilleure résistance à la censure grâce à ePBS.
Pour un développeur, Glamsterdam ouvre de nouveaux cas d’usage L1 :
- Apps gas-intensive qui étaient impossibles avant (gaming on-chain, calculs complexes).
- Tooling MEV plus juste grâce à la séparation proposer-builder native.
- Patterns de parallélisme à exploiter via les BALs déclarés.
Pour un validator/staker, l’impact est principalement opérationnel : migration vers les nouveaux clients implémentant Glamsterdam, ajustements de la stratégie MEV (les relays externes deviennent moins critiques).
Pour un investisseur ETH, c’est un catalyseur potentiel. Une upgrade majeure réussie soutient typiquement le prix ETH pendant 4-8 semaines post-mainnet. Mais la corrélation reste imparfaite, comme rappelé par notre analyse du marché ETH dans le contexte des outflows ETF du 14 juin 2026.
FAQ Ethereum Glamsterdam juin 2026
Quand sera déployé Glamsterdam sur le mainnet Ethereum ?
Le target interne est fin août 2026. C’est une date aspirationnelle qui dépend de la stabilité du devnet final, de la parité multi-client et des audits sécurité. Le scénario médian penche pour septembre-octobre 2026 avec possibilité de glissement en Q4.
Quels EIPs principaux compose Glamsterdam ?
EIP-7732 (ePBS – enshrined Proposer-Builder Separation), EIP-7928 (BALs – Block-Level Access Lists), EIP-8037 (gas repricing du state growth), plus 7 autres propositions. Au total, c’est l’une des upgrades les plus chargées de la roadmap Ethereum.
De combien Glamsterdam augmente-t-il le throughput Ethereum ?
Le gas limit par bloc passe de 60 millions à 200 millions (×3,3). Le TPS effectif L1 cible 10 000 transactions par seconde grâce à l’exécution parallèle permise par les BALs. C’est un saut quantitatif majeur, comparable à The Merge de 2022 sur l’impact infrastructure.
Qu’est-ce que ePBS et pourquoi c’est important ?
L’enshrined Proposer-Builder Separation officialise au protocole la séparation entre proposers (validators) et builders (entités qui assemblent les blocs). Aujourd’hui cette séparation existe via MEV-Boost (~90 % des validators). ePBS l’internalise, réduit le MEV jusqu’à 70 %, élimine la dépendance aux relays externes et renforce la résistance à la censure.
Glamsterdam menace-t-il les Layer 2 Ethereum ?
Pas immédiatement. Les L2 (Arbitrum, Optimism, Base, zkSync) gardent un avantage de coût et de spécialisation sur leurs cas d’usage spécifiques. Glamsterdam élargit la capacité L1 mais ne supprime pas le besoin des L2 pour le scaling massif. La concurrence sera plus visible sur certains segments comme le gaming on-chain ou les paiements micro.
Comment Glamsterdam se compare à Solana Alpenglow ?
Les deux upgrades visent le T3 2026. Solana Alpenglow priorise la finalité (150 ms vs 12,8 s actuels) et l’optimisation consensus. Ethereum Glamsterdam priorise le throughput (200M gas, 10 000 TPS cible) et la décentralisation MEV via ePBS. Ce sont deux philosophies différentes du scaling L1.
Conclusion
Glamsterdam est probablement le hard fork Ethereum le plus impactant depuis The Merge de 2022. Si le déploiement réussit à l’automne 2026, le L1 Ethereum franchira un palier de performance qui le rend nettement plus compétitif face à Solana et aux nouveaux L1. ePBS et BALs sont les deux briques structurantes à surveiller.
Pour les utilisateurs, l’impact sera progressif : frais plus bas, applications plus complexes, MEV plus juste. Pour les développeurs, c’est un nouveau cadre qui ouvre des cas d’usage L1 jusqu’ici impossibles. Pour Ethereum en tant qu’écosystème, c’est un message fort : le L1 reste le cœur de la roadmap, même à l’ère des L2 dominants.
Sources : OpenPR — Glamsterdam August mainnet target, Ethereum.org — Glamsterdam roadmap, Phemex — Glamsterdam ETH traders care, IG UK — Glamsterdam investor guide, Crypto News — L1 scaling focus.




