L’essentiel : Bitcoin est un réseau informatique lancé le 3 janvier 2009, sans banque ni État : des ordinateurs du monde entier y tiennent un registre public, la blockchain. Le bitcoin (BTC) est l’unité qui y circule : 21 millions au plus, dont environ 20,1 millions créés au 10 octobre 2026, divisibles en 100 millions de satoshis. Il est légal en France, sans y avoir cours légal, et très instable : il a déjà perdu 73 % de sa valeur en un peu plus d’un an.
Bitcoin, qu’est-ce que c’est ?
Bitcoin est à la fois un réseau et une unité. Selon le vocabulaire de bitcoin.org, Bitcoin avec une majuscule désigne le réseau et ses règles ; bitcoin avec une minuscule, l’unité que l’on achète et que l’on s’envoie, abrégée BTC. On parle couramment de « cryptomonnaie » : une valeur numérique protégée par la cryptographie, l’art de chiffrer et de signer des messages.
L’idée tient dans la première phrase du livre blanc de Bitcoin, son texte fondateur : permettre « des paiements en ligne directs d’une partie à l’autre sans passer par une institution financière ». Concrètement, vous pouvez envoyer des bitcoins à quelqu’un à l’autre bout du monde, à toute heure, sans demander l’autorisation d’une banque. Aucune entreprise ne gère Bitcoin : ses règles sont appliquées par les ordinateurs du réseau, les « nœuds », qui se transmettent directement les opérations, sans serveur central. C’est un réseau pair à pair (en anglais, peer-to-peer).
Cet article ouvre le parcours Crypto 101 : la vue d’ensemble d’abord, puis un article par point, dans l’ordre où le lire.
D’où vient Bitcoin ?
Le 31 octobre 2008, une personne ou un groupe signant « Satoshi Nakamoto » annonce sur une liste de diffusion consacrée à la cryptographie un système de monnaie électronique sans intermédiaire de confiance, décrit dans un livre blanc de neuf pages. Ses promoteurs « disent être influencés par la crise financière de 2008 », note la Banque de France. Qui se cache derrière ce pseudonyme ? Notre article sur Satoshi Nakamoto distingue ce qui est établi des rumeurs.
| Date | Ce qui s’est passé |
|---|---|
| 31 octobre 2008 | Satoshi Nakamoto présente le livre blanc de Bitcoin. |
| 3 janvier 2009 | Premier bloc de la chaîne, le « bloc genèse ». Son auteur y a inscrit le titre du quotidien britannique The Times du jour sur un second sauvetage des banques (transaction du bloc 0). |
| 2010 | Premier achat connu payé en bitcoins : deux pizzas, pour 10 000 bitcoins. |
| 8 juin 2021 | Le Salvador adopte une loi qui donne cours légal au bitcoin. |
| 1er juillet 2026 | En France, seules les plateformes agréées selon le règlement européen MiCA peuvent encore vous vendre des cryptos. |
| 10 octobre 2026 | Le réseau ajoute le bloc n° 970 792 ; environ 20,1 millions de bitcoins ont été créés. |
Comment fonctionne Bitcoin ?
Un registre public que chacun peut vérifier
Au cœur de Bitcoin, il y a un registre : la liste de toutes les opérations faites depuis 2009. Il est découpé en « blocs », des pages d’opérations qui s’enchaînent les unes aux autres : c’est la blockchain, ou chaîne de blocs. Chaque nœud complet vérifie chaque nouveau bloc, et par défaut en garde une copie entière (un réglage permet de n’en garder que les blocs récents) : il n’y a pas d’original à pirater.
Ce registre est public. Sur un explorateur de blocs, un site qui affiche la blockchain comme mempool.space, chacun peut lire le montant et les adresses de chaque opération. Des adresses, pas des noms.
Des mineurs qui ajoutent les blocs
Les nouveaux blocs sont écrits par les mineurs, des entreprises ou des particuliers équipés de machines spécialisées. Ils enchaînent les calculs pour trouver un bloc valide : c’est la preuve de travail, une règle qui rend la triche trop coûteuse. Le premier qui trouve ajoute son bloc, et les nœuds vérifient en un instant qu’il respecte les règles. Le livre blanc prend pour hypothèse un bloc toutes les dix minutes : une moyenne, pas un horaire.
En échange, le mineur reçoit des bitcoins neufs, plus les frais payés par les utilisateurs : c’est la seule façon dont des bitcoins sont créés. Le bloc n° 970 792, ajouté le 10 octobre 2026 à 18 h 27 (heure de Paris), contenait 3 175 opérations et a rapporté à son mineur 3,125 bitcoins neufs, plus environ 0,02 bitcoin de frais. Qui mine, et pour quel gain : notre article sur le minage.
Des clés qui prouvent que vos bitcoins sont à vous
Vos bitcoins ne sont pas rangés dans votre téléphone : ils restent inscrits dans le registre, rattachés à une adresse. Pour les dépenser, il faut la clé privée, un très grand nombre secret qui signe vos opérations. L’adresse, elle, se communique comme un numéro de compte, pour recevoir (notre article sur les clés privées et publiques détaille le mécanisme).
Un portefeuille (en anglais, wallet) est l’application ou l’appareil qui garde vos clés et signe pour vous. Sans la clé, rappelle l’Autorité des marchés financiers (AMF), impossible de revendre vos bitcoins : qui détient la clé détient les bitcoins.
Exemple : ce qui se passe quand vous envoyez des bitcoins
Vous remboursez 50 euros à une amie, en bitcoins. Le 10 octobre 2026, un bitcoin valait environ 74 000 euros, selon CoinGecko : 50 euros représentaient environ 0,000675 bitcoin, soit 67 500 satoshis. Voici les étapes.
- Votre amie vous donne son adresse de réception, une suite de lettres et de chiffres, souvent affichée sous forme de QR code.
- Votre portefeuille prépare l’opération et la signe avec votre clé privée. La signature prouve que vous avez le droit de dépenser ces bitcoins, sans révéler la clé.
- L’opération est diffusée aux nœuds du réseau. Ils vérifient la signature, et que ces bitcoins n’ont pas déjà été dépensés.
- Un mineur l’inscrit dans un bloc : c’est sa première confirmation. Quand beaucoup d’opérations attendent, les mineurs choisissent d’abord les mieux payées en frais.
- Chaque bloc ajouté ensuite est une confirmation de plus, et rend l’opération plus difficile à défaire.
Attention : une fois confirmée, l’opération ne s’annule pas. Le livre blanc l’a voulu ainsi : des paiements irréversibles, sans intermédiaire. Ni banque pour faire opposition, ni service client du réseau : une erreur d’adresse, et les bitcoins sont perdus. Vérifiez toujours l’adresse.
Combien y a-t-il de bitcoins ?
Il n’en existera jamais plus de 21 millions, et le dernier sera créé vers 2140, rappelle l’AMF. Au bloc n° 970 792, le 10 octobre 2026, 20 096 228 bitcoins étaient prévus par le calendrier d’émission, soit 95,7 % du total (notre calcul ; un peu moins ont réellement été créés, car quelques mineurs n’ont pas réclamé toute leur récompense). Pourquoi ce plafond, pourquoi il est en réalité un peu inférieur à 21 millions, et combien de bitcoins sont perdus : tout est dans notre article sur l’offre de bitcoins.
Le rythme de création ralentit par paliers. Environ tous les quatre ans, la récompense des mineurs est divisée par deux : c’est le halving. Elle est passée de 6,25 à 3,125 bitcoins par bloc le 20 avril 2024, et passera à 1,5625 au prochain halving, attendu vers avril 2028.
Pas besoin d’acheter un bitcoin entier : il se divise en 100 millions de satoshis, la plus petite unité inscrite dans la blockchain. Le 10 octobre 2026, 10 euros valaient environ 13 500 satoshis, avant les frais de la plateforme. Vous achetez une fraction, au prix du moment.
Qui contrôle Bitcoin ?
Personne seul, et c’est le point le plus difficile à saisir. Les règles (le plafond, le rythme d’émission, ce qu’est une opération valide) sont écrites dans le logiciel que font tourner les nœuds. Comme le prévoit le livre blanc, chaque nœud n’accepte un bloc que si toutes ses opérations sont valides. Un bloc dont le mineur s’attribuerait plus de bitcoins que prévu serait rejeté : même un très gros mineur ne peut pas en créer à volonté.
Changer une règle demande que l’immense majorité du réseau adopte la même nouvelle version du logiciel : les développeurs proposent, sans pouvoir imposer. Si une partie du réseau adopte des règles que le reste refuse, la chaîne peut se couper en deux. C’est ainsi qu’est né Bitcoin Cash, le 1er août 2017 : une copie de Bitcoin aux blocs plus gros.
Décentralisé ne veut pas dire sans concentration. Les mineurs se regroupent en pools, des coopératives qui partagent les gains. Sur le mois précédant le 10 octobre 2026, selon mempool.space, les deux premiers, Foundry USA et AntPool, ont trouvé 46 % des blocs, et les cinq premiers près de 80 %. Un pool choisit les opérations de ses blocs, mais ne peut pas changer les règles. Le livre blanc le reconnaît : le système reste sûr tant que les honnêtes ont plus de puissance de calcul que les attaquants. Qui en réunirait plus de la moitié pourrait réécrire les derniers blocs, par exemple pour annuler ses propres paiements.
À quoi sert le bitcoin ?
Deux usages reviennent, et aucun ne fait l’unanimité.
- Envoyer de la valeur sans intermédiaire, l’usage prévu par le livre blanc. Pour payer ses achats, il reste marginal : « très peu de biens ou de services ont un prix libellé en crypto-actifs », note la Banque de France, et en France aucun commerçant n’est tenu de l’accepter.
- Épargner en pariant sur sa rareté. Ses partisans mettent en avant son nombre plafonné, parfois en parlant d’« or numérique ». La Banque de France n’est pas d’accord : sans revenu ni « sous-jacent économique réel », le bitcoin est pour elle « un actif purement spéculatif », trop instable pour conserver sa richesse dans le temps. Celui qui en achète fait le pari de le revendre plus cher.
Le Salvador est le premier pays à avoir donné cours légal au bitcoin, en 2021. Une réforme votée le 29 janvier 2025 garde l’expression « cours légal », mais rend son acceptation volontaire : plus personne n’est obligé de l’accepter, les impôts ne se paient plus en bitcoins, et l’État paie ses dettes dans la monnaie où il les a contractées. Selon le FMI, qui en avait fait une condition préalable de son prêt, la réforme retire pourtant de la loi les caractéristiques essentielles du cours légal : dire qu’il « n’a plus cours légal » au Salvador, comme on le lit souvent, résume son effet plus que la lettre du texte.
Bitcoin est-il légal en France ?
Oui. Acheter, détenir et vendre des bitcoins est légal. En droit, le bitcoin est un crypto-actif : depuis le 1er juillet 2026, le Code monétaire et financier renvoie à la définition du règlement européen MiCA, sur les marchés de crypto-actifs. Mais il n’a pas cours légal : en France, seul l’euro l’a, et personne n’est obligé d’accepter un paiement en bitcoins, rappelle l’AMF.
Point souvent mal compris : MiCA ne soumet pas le bitcoin, qui n’a pas d’émetteur, aux règles faites pour les émetteurs de cryptos. Il encadre surtout les entreprises qui vous le vendent ou le gardent pour vous (considérant 22 du règlement), et ses règles contre les abus de marché valent aussi pour le bitcoin. Depuis le 1er juillet 2026, une plateforme doit être agréée comme prestataire de services sur crypto-actifs (PSCA) pour servir des clients en France, et l’AMF publie la liste de celles qui le sont. Notre comparatif des plateformes agréées ne retient que celles-là.
Deux protections vous manquent. Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) ne couvre pas vos bitcoins si votre plateforme fait faillite, et aucune banque centrale ne les garantit. Enfin, une vente de bitcoins contre des euros peut être imposée : notre guide des impôts sur les cryptos explique quand, et comment la déclarer.
Ce que Bitcoin ne promet pas : les risques
Avant tout achat, regardez ces risques en face. Aucun n’est théorique.
- Un cours très instable. Selon l’AMF, un bitcoin valait 56 301 euros en novembre 2021, et 15 421 euros le 25 décembre 2022 : 73 % de baisse en un peu plus d’un an. Il a ensuite atteint un record de clôture de 106 275 euros le 6 octobre 2025 (plus de 107 000 euros au plus haut de la journée) ; le 10 octobre 2026, il en valait environ 74 000. Il ne verse ni intérêt ni dividende : rien n’empêche qu’il perde l’essentiel de sa valeur.
- La perte des clés. Si vous gardez vous-même vos bitcoins et perdez votre clé, ou votre phrase de récupération (en général 12 ou 24 mots, qui permettent de la retrouver), personne ne peut vous les rendre.
- Les plateformes. Une plateforme peut être piratée ou faire faillite : en 2014, Mt. Gox a sombré après le vol de centaines de milliers de bitcoins, selon la Banque de France. Et le FGDR ne vous rembourse pas.
- Les arnaques. Faux sites de placement, faux conseillers, promesses de gains : l’AMF signale de nombreuses plateformes non autorisées, dont certaines sont « de pures arnaques ». Vérifiez toute plateforme sur ses listes avant d’envoyer un euro.
Notre conseil : n’y placez qu’une somme que vous pouvez perdre entièrement, sans emprunter, et jamais sous la pression d’un inconnu ou d’une hausse soudaine. Nous ne savons pas si le bitcoin montera, et nous nous méfions de ceux qui prétendent le savoir.
Les idées reçues sur Bitcoin
| Ce que l’on entend | Ce qui est juste |
|---|---|
| « Bitcoin est anonyme. » | Il est pseudonyme. Toutes les opérations sont publiques ; seuls les noms n’y figurent pas. Le livre blanc le reconnaît : si le propriétaire d’une adresse est connu, ses autres opérations peuvent l’être aussi. |
| « Bitcoin et la blockchain, c’est pareil. » | La blockchain est une technologie, un registre partagé ; le bitcoin est l’actif qui circule sur celle de Bitcoin. D’autres blockchains existent, avec d’autres cryptos. |
| « Presque tout a été créé, il est trop tard. » | 95,7 % des bitcoins existaient au 10 octobre 2026. Cela ne dit rien de son prix futur, ni dans un sens, ni dans l’autre. |
| « Le halving fait monter le prix. » | Il divise par deux la création de bitcoins neufs. Aucun mécanisme automatique ne relie cette règle au prix, qui dépend de l’offre et de la demande. |
| « Un développeur ou un gouvernement peut l’arrêter. » | Bitcoin n’a ni siège ni serveur central : chaque nœud applique les règles. Un État peut en revanche interdire ou encadrer les plateformes sur son territoire. |
| « Bitcoin sert surtout aux criminels. » | La Banque de France relève un risque d’usage criminel, favorisé par le pseudonymat, et c’est pourquoi les plateformes sont encadrées. Mais les opérations restent publiques et inscrites pour toujours dans le registre. |
| « Bitcoin consomme énormément d’électricité. » | Vrai, et c’est l’une des principales critiques adressées à Bitcoin. Notre article sur le minage donne les estimations de l’université de Cambridge, et l’origine de cette électricité. |
Par où commencer ?
Voici l’ordre que nous conseillons, celui du parcours Crypto 101.
- Comprendre avant d’acheter. Finissez l’étape 1 (Satoshi Nakamoto, l’offre, le satoshi, le halving), puis l’étape 2 sur la blockchain.
- Choisir une plateforme agréée, inscrite sur la liste blanche de l’AMF ; notre comparatif compare leurs frais.
- Commencer petit, avec une somme que vous pouvez perdre sans que cela change votre vie.
- Décider où garder vos bitcoins : sur la plateforme, qui garde les clés pour vous, ou dans un portefeuille à vous, où vous gardez les clés et la responsabilité (notre guide pour choisir un portefeuille).
- Vous méfier. Un inconnu qui promet un gain et vous pousse à acheter vite, c’est le schéma des arnaques, sujet de l’étape 6 du parcours.
- Garder vos relevés d’opérations : ils vous serviront pour vos impôts.
La suite du parcours : qui est Satoshi Nakamoto, l’inventeur de Bitcoin ? Vous pouvez aussi voir le plan complet du parcours Crypto 101.
Questions fréquentes
Peut-on acheter moins d’un bitcoin ?
Oui. Un bitcoin se divise en 100 millions de satoshis, et vous pouvez en acheter une fraction. Le 10 octobre 2026, avec un bitcoin à environ 74 000 euros, 10 euros valaient environ 13 500 satoshis, avant les frais de la plateforme.
Qui a créé Bitcoin ?
Une personne ou un groupe qui signe « Satoshi Nakamoto ». Il a présenté le livre blanc de Bitcoin le 31 octobre 2008 et lancé le réseau le 3 janvier 2009. Au 10 octobre 2026, personne n’a prouvé qui se cache derrière ce pseudonyme.
Le bitcoin est-il anonyme ?
Non, il est pseudonyme. Toutes les opérations sont publiques et lisibles par tous ; seuls les noms n’y figurent pas. Dès qu’une adresse est reliée à une personne, par exemple par une plateforme qui connaît l’identité de ses clients, ses opérations passées et futures peuvent être suivies.
Le bitcoin peut-il perdre toute sa valeur ?
Rien ne l’en empêche. Le bitcoin ne verse aucun revenu et aucune institution ne garantit son prix : il ne vaut que ce que d’autres acceptent de payer. Il a déjà perdu 73 % de sa valeur entre novembre 2021 et décembre 2022, selon l’AMF. N’y placez qu’une somme que vous pouvez perdre entièrement.
Le bitcoin est-il légal en France ?
Oui. Acheter, détenir et vendre des bitcoins est légal, mais le bitcoin n’a pas cours légal : personne n’est obligé de l’accepter en paiement. Depuis le 1er juillet 2026, seules les plateformes agréées comme prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) peuvent servir des clients en France. Une vente contre des euros peut être imposée.
Que se passe-t-il si je perds l’accès à mes bitcoins ?
S’ils sont dans un portefeuille que vous gérez vous-même, sans votre clé privée ni votre phrase de récupération, ils sont perdus pour toujours : personne ne peut les débloquer. S’ils sont sur une plateforme, c’est elle qui garde les clés et peut vous rendre l’accès, mais vous dépendez alors de sa solidité.



