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Test & avis · Exchange

Bloc #6671

Meria : avis et guide complet

Publié le Mis à jour le 13 min de lecture

Sommaire

    L’essentiel : Meria, l’ex-Just Mining, est une plateforme française d’épargne crypto (achat, staking, gestion pilotée) agréée MiCA par l’AMF depuis le 22 juin 2026. Sans carnet d’ordres, chaque achat coûte de 0,99 % à 3,15 %, le retour en euros 1,24 % de plus, et 13 cryptos ne peuvent pas en sortir. Notre conseil : du bitcoin ou de l’ether par virement, un staking choisi en connaissance de cause, rien que vous ne pourriez pas retirer.

    Meria en bref

    Meria
    SociétéMeria SAS (Metz), ex-Just Mining, créée en 2017
    Agrément MiCAAMF, n° A2026-020, 22 juin 2026 ; 8 autres pays européens
    ServiceCourtage et garde, sans carnet d’ordres
    CryptosUne cinquantaine, dont 13 impossibles à retirer
    Frais d’achat0,99 % à 2,39 % par virement, 1,5 % à 3,15 % par carte
    Retour en euros1,24 %, depuis BTC, ETH ou USDC seulement
    RendementStaking, lending, mandat de gestion
    SupportChat, ticket et e-mail, 5 jours sur 7
    DéclarationCompte tenu en France : pas de 3916-bis
    Relevé du 4 octobre 2026.

    Qui est Meria, et pour qui ?

    Meria est née à Metz en 2017 sous le nom de Just Mining. Son fondateur et président, Owen Simonin, est connu sur YouTube sous le pseudonyme d’Hasheur. La société a lancé le staking et le lending en 2019, puis pris le nom de Meria en 2023, selon son historique.

    Ce n’est pas une plateforme d’échange au sens strict : il n’y a pas de carnet d’ordres où acheteurs et vendeurs se rencontrent. Meria vous vend et vous rachète vos cryptos à un prix qu’elle propose, et mise sur l’épargne : staking, lending, achats programmés, gestion sous mandat. Elle vise l’épargnant qui veut un interlocuteur français, pas celui qui achète et revend souvent.

    La société perd de l’argent : −1,47 million d’euros en 2025, et des fonds propres de 736 000 € selon les comptes repris par Pappers (2,2 millions un an plus tôt). Selon Blockstories, CACEIS, filiale du Crédit Agricole, négocie en exclusivité son rachat depuis le 2 juillet 2026. Au 4 octobre 2026, nous n’avons trouvé aucune annonce officielle.

    Meria est-elle autorisée en France ?

    Oui. Meria SAS est agréée MiCA par l’AMF depuis le 22 juin 2026 (n° A2026-020), et notifiée pour exercer dans 8 autres pays selon le registre de l’ESMA. Son ancien enregistrement de PSAN a été radié le même jour : la fiche Google Play qui en parle encore est périmée.

    L’agrément couvre six services : garde, échange contre des euros, exécution d’ordres, conseil, gestion de portefeuille et transferts. Un écart mérite d’être signalé : l’échange d’une crypto contre une autre n’est inscrit ni au registre de l’AMF ni à celui de l’ESMA, alors que les conditions générales le proposent et que la presse a parlé de « l’intégralité des services ». Nous n’avons pas trouvé sous quel service Meria le pratique.

    Pour le vérifier vous-même, cherchez « Meria » sur la liste blanche de l’AMF : la bonne mention est « Agrément MiCA », avec le statut « Agréé ». Les plateformes agréées dans un autre pays de l’Union y figurent aussi, au titre du passeport européen ; le registre de l’ESMA les recense toutes. Méfiez-vous des sites qui imitent la plateforme : la liste noire de l’AMF recense les plus actifs.

    Les CGU le disent sans détour : Meria « n’est pas adhérente d’un fonds de garantie des dépôts » et, en cas de perte, sa capacité de restitution « peut être limitée ». Elles ne mentionnent aucune assurance.

    Deskoin, une société liée

    Selon les CGU, Deskoin SAS, installée à la même adresse et elle-même agréée par l’AMF, fournit l’infrastructure des portefeuilles de Meria, et c’est elle qui vous rachète vos cryptos quand vous revenez en euros : elle « agit comme la contrepartie du Client » et prélève ses propres frais. Or Owen Simonin figure parmi ses associés majoritaires, selon le Journal des Entreprises. Votre prix de vente est donc fixé par une société proche de Meria, pas par un marché ouvert. Rien n’indique d’abus, mais les conditions entre les deux sociétés ne sont pas publiques.

    Les frais de Meria en 2026

    Les taux viennent de la politique de frais au 4 octobre 2026, identique à celle d’août 2025. Elle ne dit pas s’ils sont hors taxes ou toutes taxes comprises, et le prix d’achat inclut en plus une « marge de sécurité » non chiffrée.

    OpérationPar virement ou soldePar carte
    Achat de bitcoin0,99 %1,5 %
    Achat d’ether ou d’USDC0,99 %1,75 %
    Achat des autres cryptos2,39 %3,15 %
    Échange d’une crypto contre une autre1,2 %—
    Retour en euros (BTC, ETH, USDC)1,24 %—
    Retrait de bitcoins0,00012 BTC (≈ 9 €)—
    Politique de frais du 4 octobre 2026 ; dépôt par virement gratuit dès 100 €.

    Le retour en euros ne part que du bitcoin, de l’ether ou de l’USDC : toute autre crypto doit d’abord être échangée, à 1,2 %. Et des euros déposés mais pas investis ne se renvoient pas tels quels : le centre d’aide demande de les échanger contre de l’USDC, puis de vendre l’USDC.

    Exemple : 500 € investis, puis récupérés

    ParcoursFraisIl vous reste
    Bitcoin par virement, puis retour en euros11,09 €488,91 €
    SOL par carte, échange en USDC, puis retour en euros27,49 €472,51 €
    Notre calcul d’après les taux du 4 octobre 2026, à cours constant, hors marge incluse dans le prix.

    Un aller-retour sur une autre crypto que le bitcoin, payée par carte, coûte donc environ 5,5 % avant la marge. Le même achat de 500 € de bitcoin coûte 2 € sur Kraken Pro et 1,25 € sur Coinbase Advanced avec un ordre à cours limité (voir nos avis sur Kraken et Coinbase).

    Sortir ses cryptos de Meria : ce qui coince

    Au 4 octobre 2026, la politique de frais indique « Non disponible » au retrait de 13 cryptos : ADA, ALGO, APT, BAND, BERA, DYDX, HYPE, IOTA, KAVA, ROSE, SUI, TAO et TIA. On peut les détenir, parfois les placer en staking, mais pas les envoyer vers son propre portefeuille. En août 2025, ADA, KAVA ou TIA pouvaient encore être retirées.

    Autre risque, le délistage : le 30 septembre 2026, Meria a retiré six cryptos, converties automatiquement en USDC chez les clients restés sans réaction. Le centre d’aide parle d’un préavis d’un mois, mais les CGU permettent un délistage « sans délai de préavis ». Sans vérification avancée, le retour en euros est aussi plafonné à 5 000 € par semaine.

    Staking, lending et gestion pilotée

    Le staking

    C’est le cœur de Meria. Le staking immobilise des cryptos pour valider une blockchain, contre des récompenses. Meria en prélève 5 à 14 % (7,5 % sur l’ETH, 10 % sur le SOL), moins que Kraken (30 % en flexible) ou Coinbase (35 %). Mais sortir prend du temps : 21 jours pour l’ATOM, 28 pour le DOT, jusqu’à 25 pour l’ETH.

    Les taux affichés, « jusqu’à 16,18 % » sur la page du staking, varient chaque jour : ce ne sont pas des promesses. Les CGU précisent que les récompenses « ne sont pas garanties », rangent la « perte de capital (faille du protocole, sanction du validateur) » parmi les risques, et excluent toute compensation des récompenses perdues. Elles ne disent pas clairement qui supporterait une pénalité infligée à un validateur.

    Le lending

    Le lending prête vos cryptos à des protocoles comme AAVE ou à des sociétés comme Keyrock. Selon les CGU, il n’est « pas réglementé par le règlement MiCA », peut entraîner une perte « partielle ou totale », et la responsabilité de Meria y est plafonnée aux frais perçus sur six mois.

    Le précédent existe. En mai 2022, quand le stablecoin UST s’est effondré, le lending de Just Mining y était exposé jusqu’à 39,58 % ; la société a couvert les pertes jusqu’à 1 250 dollars par client (Coins.fr). Saisi par un client, le tribunal judiciaire de Créteil a jugé le 28 juin 2024 que Meria avait commis une faute en sortant les positions des clients sans leur ordre, mais a rejeté la demande, faute de préjudice prouvé. Un rendement sur stablecoins n’est pas un livret.

    Achats programmés et mandat de gestion

    Meria propose des achats programmés dès 25 € et un mandat de gestion en trois profils, qui coûte 1,5 % à l’entrée, 2,9 % par an et 15 % de prime quand Meria bat son indice, même dans une année de baisse. Le minimum diffère : 30 000 € sur la page du mandat, 15 000 € dans les CGU. Pour comparer : les revenus passifs en crypto.

    Sécurité : ce que fait Meria, ce que vous devez faire

    Selon les CGU, vos cryptos sont conservées par Meria et « auprès d’autres conservateurs » non nommés, sur une infrastructure de Deskoin. Elles restent séparées des fonds de la société et vous en êtes propriétaire, mais vous n’en avez pas les clés. Le stockage à froid ou l’assurance vantés par certains comparatifs n’apparaissent ni dans ses CGU ni sur son site. Nous n’avons trouvé aucun piratage de Meria ou de Just Mining.

    1. Activez la double authentification et une clé d’accès (passkey).
    2. Définissez une phrase anti-hameçonnage, qui apparaît dans les vrais e-mails de Meria.
    3. Utilisez le verrouillage des retraits, d’une semaine à trois mois : irréversible, même par le support.
    4. Ignorez tout message « du support » qui réclame un code ou un transfert.
    5. Gardez le long terme sur un portefeuille matériel, pour les cryptos qui le permettent.

    Le détail : sécuriser son compte en 7 étapes.

    L’application et le service client

    L’application est notée 4,6 sur 5 sur l’App Store (2 036 notes) et 4,4 sur Google Play (1 663 avis) au 4 octobre 2026. Elle permet d’acheter, d’échanger, de déposer et de retirer, euros compris ; la suppression du compte passe par le site.

    Le support répond par chat, ticket et e-mail, en français, « 5 jours sur 7 », sans téléphone. La procédure de réclamation promet une réponse sous un mois, puis ouvre le recours au médiateur de l’AMF. Sur Trustpilot, Meria obtient 4,5 sur 5 (942 avis), les reproches portant sur les frais et la vérification d’identité.

    Ouvrir un compte Meria

    1. Créez votre compte sur meria.com ou dans l’application, par e-mail ou avec votre compte Google ou Apple, puis activez la double authentification.
    2. Vérifiez votre identité chez DotFile, le prestataire de Meria : carte d’identité, passeport ou titre de séjour, puis une photo de vous.
    3. Pour de plus gros montants, ajoutez un justificatif de domicile et de l’origine des fonds.
    4. Déposez des euros par virement depuis un compte à votre nom, avec la référence indiquée.
    5. Achetez de préférence du bitcoin, de l’ether ou de l’USDC : les moins chers, et les seuls à revenir directement en euros.

    Un ancien client de Just Mining se connecte avec ses identifiants habituels.

    Impôts : ce qu’il faut déclarer

    Acheter des cryptos n’est pas imposé, les échanger entre elles non plus. L’impôt tombe quand vous les revendez contre des euros : la plus-value est taxée à 31,4 %, sauf si vos cessions de l’année ne dépassent pas 305 €.

    Source : impots.gouv.fr. Ce rappel ne remplace pas l’avis d’un professionnel.

    Meria ou une autre plateforme ?

    Pour le staking, Kraken prend une part plus élevée des récompenses, mais son carnet d’ordres rend l’achat et la revente bien moins chers ; Coinbase joue la simplicité. Pour rester chez un acteur français agréé, Coinhouse mise sur l’accompagnement et Paymium sur le bitcoin ; SwissBorg et Bitpanda offrent plus de choix. Le comparatif : les meilleurs sites pour acheter du Bitcoin. Pour garder vos cryptos vous-même : quel Ledger choisir.

    Notre avis

    Meria a de vrais atouts : une société française agréée par l’AMF, un service en français, un staking simple et moins ponctionné qu’ailleurs. Mais le reste coûte cher, la sortie est bridée, la vente en euros passe par une société liée, et l’épisode UST a montré les limites du lending. Nous la réservons au staking clé en main de l’ETH ou du SOL, sans y laisser plus que ce que vous acceptez de payer pour cette simplicité.

    Points forts

    • Société française agréée MiCA par l’AMF, service en français.
    • Staking simple, commission de 5 à 14 % des récompenses.
    • Verrouillage des retraits, clés d’accès, phrase anti-hameçonnage.
    • Pas de formulaire 3916-bis.

    Points faibles

    • Jusqu’à 3,15 % à l’achat, environ 5,5 % pour un aller-retour, hors marge.
    • 13 cryptos impossibles à retirer ; euros depuis BTC, ETH ou USDC seulement.
    • Ventes en euros confiées à Deskoin, société liée à son président.
    • Ni fonds de garantie ni assurance ; perte de 1,47 M€ en 2025.

    Questions fréquentes

    Meria est-elle autorisée en France ?

    Oui. Meria SAS, à Metz, est agréée MiCA par l’AMF depuis le 22 juin 2026 (n° A2026-020) pour la garde, l’échange contre des euros, l’exécution d’ordres, le conseil, la gestion de portefeuille et les transferts. L’échange d’une crypto contre une autre ne figure pas aux registres.

    Meria, c’est Just Mining ?

    Oui : la même société, créée à Metz en 2017 et rebaptisée Meria en 2023. Un ancien client de Just Mining se connecte avec ses identifiants habituels.

    Combien coûte un achat de 100 € de bitcoin sur Meria ?

    0,99 € par virement ou depuis votre solde, 1,50 € par carte, plus une marge que Meria ne chiffre pas. Pour une crypto autre que le bitcoin, l’ether ou l’USDC : 2,39 € par virement, 3,15 € par carte.

    Peut-on retirer ses cryptos de Meria vers un portefeuille personnel ?

    Pour la plupart, oui. Mais au 4 octobre 2026, 13 cryptos ne peuvent pas être retirées, dont Cardano (ADA), Sui et Celestia (TIA), et le retour en euros ne part que du bitcoin, de l’ether ou de l’USDC.

    Faut-il déclarer son compte Meria aux impôts ?

    Pas sur le formulaire 3916-bis, réservé aux comptes ouverts à l’étranger : Meria est une société française. Les plus-values réalisées en revendant contre des euros se déclarent sur le formulaire 2086.

    Le staking sur Meria est-il sans risque ?

    Non. Les récompenses ne sont pas garanties, les CGU de Meria comptent la perte de capital parmi les risques, certaines cryptos restent bloquées jusqu’à 30 jours à la sortie, et aucun fonds de garantie ne couvre les avoirs.

    Meria va-t-elle être rachetée par le Crédit Agricole ?

    Selon le média Blockstories, CACEIS, filiale du Crédit Agricole, négocie en exclusivité son rachat depuis juillet 2026. Au 4 octobre 2026, nous n’avons trouvé aucune annonce officielle.

    Conclusion

    Notre verdict

    Meria, l’ex-Just Mining fondée à Metz en 2017, est une plateforme française d’épargne crypto tournée vers le staking, agréée MiCA par l’AMF depuis juin 2026. Tout y est simple et en français. Mais chaque étape se paie : jusqu’à 3,15 % à l’achat, 1,2 % par échange, 1,24 % pour revenir en euros, et 13 cryptos ne peuvent pas être retirées vers votre propre portefeuille.

    • Note globale

      3,2/5

      Une plateforme française agréée par l’AMF, en français de bout en bout, qui rend le staking simple et en prélève une part modérée. Mais elle coûte cher (5,5 % pour un aller-retour sur une crypto payée par carte), 13 cryptos ne peuvent pas en sortir, la vente en euros passe par une société liée, et l’épisode UST de 2022 pèse : sous Kraken (3,8) et Coinbase (4,0).

    • Facilité d’utilisation

      3,5/5

      Tout est en français : achats programmés dès 25 €, paniers de cryptos, connexion par Google, Apple ou clé d’accès. Mais revenir en euros n’est possible que depuis le bitcoin, l’ether ou l’USDC, un solde en euros ne se renvoie pas tel quel, et le staking immobilise certaines cryptos jusqu’à 30 jours.

    • Performances

      3,0/5

      Meria est un courtier, sans carnet d’ordres : le prix proposé, garanti deux minutes, inclut une marge non chiffrée. Le choix se limite à une cinquantaine de cryptos, dont 13 ne peuvent pas être retirées, et six ont été délistées le 30 septembre 2026. Les produits de rendement couvrent une vingtaine de cryptos.

    • Application mobile

      4,0/5

      L’application, notée 4,6 sur l’App Store (2 036 notes) et 4,4 sur Google Play (1 663 avis) au 4 octobre 2026, permet d’acheter, d’échanger, de déposer et de retirer, euros compris. Mais sa fiche Google Play parle encore de PSAN et de rendements de 35 %, et la suppression du compte passe par le site.

    • Frais de trading

      2,0/5

      De 0,99 % (bitcoin, ether, USDC par virement) à 3,15 % (autres cryptos par carte) à l’achat, 1,2 % par échange et 1,24 % pour revenir en euros, plus une marge non chiffrée dans le prix. Un aller-retour sur une crypto payée par carte coûte environ 5,5 %, quand un ordre sur Kraken Pro ou Coinbase Advanced coûte moins de 1 %.

    • Sécurité

      3,0/5

      Agrément de l’AMF, avoirs cantonnés, double authentification, clés d’accès et verrouillage des retraits jusqu’à trois mois. Mais ni fonds de garantie ni assurance, des portefeuilles fournis par une société liée, une perte de 1,47 M€ en 2025, et des clients du lending exposés à l’UST en 2022 et une faute retenue en 2024 par le tribunal de Créteil, sans préjudice prouvé.

    • Service client

      3,5/5

      Un support en français, cinq jours sur sept, par chat, ticket et e-mail, mais sans téléphone. La réclamation suit une procédure écrite (réponse sous un mois), avec recours au médiateur de l’AMF. Trustpilot donne 4,5 sur 5 (942 avis), les reproches portant surtout sur les frais et la vérification d’identité.