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BitcoinFinanceBloc #6745Crypto 101 · étape 4

DCA : investir dans le bitcoin un peu chaque mois

Acheter du bitcoin pour la même somme chaque mois, quel que soit le cours : c’est le DCA. Ce que la méthode apporte, ce qu’elle ne fait pas, et ce que coûtent vraiment les achats programmés.

BlockInfosLa rédaction

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Sommaire

    L’essentiel : Le DCA (dollar-cost averaging), ou investissement programmé, consiste à acheter pour la même somme à date fixe, par exemple 50 € chaque mois, quel que soit le cours. C’est la façon naturelle d’investir une part de chaque salaire. Il ne protège pas des pertes : lancé en novembre 2021, il a perdu jusqu’à 54 % en juin 2022, d’après nos calculs. Pour une somme déjà disponible, investir d’un coup a fait mieux environ 2 fois sur 3. Et sur de petits montants, les frais fixes pèsent lourd.

    Le DCA, en clair

    Le sigle anglais DCA, pour dollar-cost averaging, désigne une méthode simple : investir le même montant à intervalles réguliers, sans regarder le cours. Les plateformes parlent d’« achat récurrent », d’« achat programmé » ou de « plan d’épargne » : vous choisissez une crypto, un montant et une fréquence, et la plateforme achète pour vous jusqu’à ce que vous arrêtiez.

    La méthode n’a rien de propre aux cryptos. L’AMF la décrit pour l’assurance-vie, le PEA ou les livrets : l’épargne programmée « permet de fixer le montant et la fréquence de vos versements ». Avec une somme fixe, vous achetez plus quand le prix baisse et moins quand il monte.

    Un exemple. Vous achetez 100 € de bitcoin quand il vaut 50 000 € : vous recevez 0,002 BTC. Le mois suivant, il vaut 25 000 € : vos 100 € vous en donnent 0,004. Vous avez 0,006 BTC pour 200 €, soit un prix moyen de 33 333 € le bitcoin, quand la moyenne des deux cours est de 37 500 € : c’est le « lissage » du prix d’achat.

    Dans le parcours Crypto 101, cet article suit les règles européennes de MiCA et notre comparatif des plateformes agréées, qui vous aide à choisir où acheter. Ici, la méthode : ce qu’elle apporte, ce qu’elle ne fait pas, ce qu’elle coûte.

    À qui le DCA convient

    Le DCA est d’abord la façon naturelle d’investir quand l’argent arrive petit à petit, une part de chaque salaire par exemple. Pour ce cas, une étude de Vanguard de 2012, le grand gestionnaire de fonds américain, juge la méthode prudente, et même la seule solution sensée, plutôt que d’accumuler cet argent pour chercher ensuite le bon moment.

    Il retire aussi une décision : plus besoin de se demander chaque mois si c’est le moment d’acheter. C’est souvent ce qui évite d’acheter dans l’euphorie et de vendre dans la panique.

    Deux conditions passent avant tout. L’AMF demande de programmer des versements « uniquement si votre budget est équilibré et votre compte bancaire créditeur », et de constituer d’abord une épargne de précaution de 2 à 6 mois de revenus. Pour les cryptos, ajoutez l’avertissement des autorités européennes : « Vous risquez de perdre beaucoup, voire la totalité, de l’argent investi » (avertissement d’octobre 2025). Le bon montant mensuel est celui que vous pourriez perdre sans que votre vie change.

    Une somme déjà disponible : d’un coup ou petit à petit ?

    La réponse des études surprend : investir d’un coup a fait mieux, le plus souvent. L’étude de Vanguard de 2012 compare un versement unique et un étalement sur 12 mois, pour un portefeuille de 60 % d’actions et 40 % d’obligations, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Australie : le versement unique l’emporte environ deux fois sur trois (67 %, 67 % et 66 % des périodes de dix ans étudiées), parce que les cours ont plus souvent monté que baissé.

    Une seconde étude de Vanguard, en 2023, arrive au même résultat sur les actions mondiales de 1976 à 2022 : l’achat d’un coup bat un étalement sur trois mois 68 % du temps, et 66,5 % du temps pour les actions européennes en euros. Elle relève aussi que l’étalement fait mieux que garder l’argent sur un compte 69 % du temps.

    Nous avons refait le calcul sur le bitcoin, avec les cours quotidiens en euros de la plateforme Bitstamp, pour chacun des 114 mois de départ possibles de mai 2016 à octobre 2025 : 1 200 € investis d’un coup contre 100 € par mois pendant un an. Le versement unique valait plus un an après le départ dans 67 % des cas, et dans 70 % des cas cinq ans après. Le résultat dépend pourtant beaucoup de la date de départ :

    Premier achatVerséDCA de 100 € par moisMême somme investie d’un coup
    1er octobre 2021 (60 achats)6 000 €11 206 €11 698 €
    1er novembre 2021, près du sommet (59 achats)5 900 €11 011 €8 195 €
    1er janvier 2018, après le sommet de décembre 2017 (106 achats)10 600 €54 744 €67 318 €
    1er novembre 2025, après le record d’octobre (12 achats)1 200 €1 355 €933 €
    Nos calculs : achat le 1er de chaque mois au cours d’ouverture BTC/EUR de Bitstamp, sans frais ; valeurs au cours d’ouverture du 10 octobre 2026 (73 751 € le bitcoin). Les performances passées ne préjugent pas de l’avenir.

    Parti juste avant une forte baisse, le DCA a fait nettement mieux ; avant une longue hausse, moins bien. Personne ne le sait d’avance. Si la peur d’acheter juste avant une chute vous retient, Vanguard conseille un étalement court, de trois mois par exemple, plutôt que de garder l’argent de côté. Sur le bitcoin, d’après nos calculs, l’achat d’un coup valait en médiane, un an après, 4 % de plus qu’un étalement sur trois mois, et 23 % de plus qu’un étalement sur un an.

    Le DCA ne protège pas des pertes

    Vanguard l’écrit dans son étude de 2012 : le DCA ne garantit aucun gain et ne protège pas des pertes quand les cours baissent. D’après nos calculs sur les cours quotidiens de Bitstamp (100 € le 1er de chaque mois, portefeuille évalué chaque soir au cours de clôture), voici le pire moment de trois DCA lancés près d’un sommet :

    DCA lancé lePire momentVersé à cette dateValeur à cette date
    1er janvier 201815 décembre 2018 (−54,6 %)1 200 €544 €
    1er novembre 202118 juin 2022 (−53,8 %)800 €370 €
    1er novembre 20255 février 2026 (−30,9 %)400 €276 €
    Nos calculs sur les cours quotidiens BTC/EUR de Bitstamp.

    Le DCA amortit le choc, sans l’éviter. Investis d’un coup le 1er novembre 2025, 1 200 € avaient perdu 45,9 % au creux du 30 juin 2026 ; le DCA lancé le même jour n’a jamais perdu plus de 30,9 %. Il sort aussi plus vite de la perte : le DCA lancé le 1er novembre 2021 est repassé au-dessus des sommes versées en octobre 2023, alors qu’un achat fait au sommet du 8 novembre 2021 n’a retrouvé son prix qu’en mars 2024.

    Ces sorties de perte supposent une chose : avoir continué d’acheter pendant la baisse. Qui arrête son plan au creux garde sa perte : les douze achats de 2018 valaient 544 € pour 1 200 € versés à la mi-décembre. Et rien ne garantit que le cours remonte : le record d’octobre 2025 (106 307 € à la clôture du 6 octobre, sur Bitstamp) n’était pas retrouvé le 10 octobre 2026. Et sur une crypto qui s’effondre, un DCA achète jusqu’au bout.

    Les frais, vrai piège des petits montants

    Un achat programmé paie des frais à chaque fois. Ils prennent trois formes, parfois cumulées : une commission en pourcentage du montant ; des frais fixes par achat ; un minimum par achat. S’y ajoute souvent un écart de prix (spread) : le prix qu’on vous fait est un peu moins bon que le cours du marché.

    Avec un pourcentage seul, découper ne coûte rien de plus. Chez Kraken, qui facture 1 % sur les achats récurrents, plus un écart inclus dans le prix, 100 € en un achat ou en quatre achats de 25 € coûtent le même euro de commission. Avec des frais fixes, c’est différent : chez Coinhouse (0,99 % + 0,12 € par achat depuis le compte en euros ou par virement), un achat de 100 € coûte 1,11 €, et quatre achats de 25 € coûtent 1,47 €.

    Les minimums pèsent plus lourd encore. Dans l’application Revolut, formule Standard, chaque achat paie 1,49 % ou un minimum de 0,99 € à 2,99 € sous 200 €, le plus élevé des deux, plus un écart en général de 0 à 3 %. Un achat de 100 € paie 2,49 € de commission ; quatre achats de 25 € en paient 7,96 €. Un DCA de 20 € par semaine paie 1,49 € par achat, soit 7,45 % ; un DCA quotidien d’environ 3,29 € paie 0,99 € par jour, soit 30 %.

    D’où la règle, à nuancer : mieux vaut un achat de 100 € que quatre de 25 €, quand il y a des frais fixes ou des minimums. Le moyen de paiement compte aussi : chez Coinhouse, payer par carte double la commission (1,99 % + 0,12 €).

    Sur la durée, l’écart se voit. D’après nos calculs, 60 achats de 100 € d’octobre 2021 à septembre 2026 valaient 11 206 € au 10 octobre 2026 sans frais ; 11 094 € avec 1 % de frais ; 11 081 € au tarif de Coinhouse par virement ; 10 927 € avec 2,49 € par achat. Dans ce dernier cas, 149 € de frais font 279 € de moins à l’arrivée, car l’argent parti en frais n’a pas été investi.

    Ce que coûtent les achats programmés

    Voici le coût publié d’un achat programmé chez cinq plateformes agréées pour servir les Français, relevé sur leurs grilles officielles le 10 octobre 2026.

    PlateformeFrais d’un achat programméSur 100 €Sur 25 €Sur un an, à 100 € par mois
    Trade RepublicGratuit (plans d’épargne)0 €0 €0 €
    Bitvavo0,25 % (frais d’un ordre au marché, premier palier)0,25 €0,06 €3 €
    Kraken1 %, plus un écart inclus dans le prix1 €0,25 €12 €
    Coinhouse (compte en euros ou virement)0,99 % + 0,12 €1,11 €0,37 €13,32 €
    Coinhouse (carte)1,99 % + 0,12 €2,11 €0,62 €25,32 €
    Revolut (formule Standard)1,49 %, minimum de 0,99 € à 2,99 € sous 200 €, plus un écart de 0 à 3 %2,49 €1,99 €29,88 €
    Frais publiés seulement, relevés le 10 octobre 2026. Un écart de prix peut s’y ajouter : la plupart des plateformes ne le chiffrent pas. Les grilles changent : vérifiez le coût affiché avant de confirmer.

    Gratuit ne veut pas dire sans coût : Trade Republic ne facture pas ses plans d’épargne, mais nous n’avons pas trouvé dans sa grille l’écart entre son prix d’achat et son prix de vente. Chez Bitvavo, chaque achat programmé paie les frais de « taker », ceux d’un ordre exécuté au prix du marché, à une heure tirée au hasard le jour choisi. Nous n’avons trouvé aucun tarif publié pour les achats programmés de Coinbase, de Paymium ou d’OKX : regardez le détail du coût avant de valider le plan.

    Certaines applications proposent les arrondis : chaque paiement par carte est arrondi à l’euro supérieur, et la différence achète de la crypto. Revolut n’y applique ni commission ni minimum, hors écart de prix ; ailleurs, vérifiez qu’un minimum par achat ne mange pas ces centimes.

    Quelle fréquence, quel jour ?

    La fréquence change très peu le résultat. D’après nos calculs, 6 000 € investis en bitcoin d’octobre 2021 à septembre 2026 valaient au 10 octobre 2026 11 200 € en achats quotidiens (1 826 achats d’environ 3,29 €), 11 215 € en achats hebdomadaires (261 achats) et 11 206 € en achats mensuels (60 achats). Ce sont les frais qui font la différence.

    Le jour ne compte pas davantage. Sur ces cinq ans, le meilleur jour du mois pour acheter était le 12 et le pire le 26 : 1,5 % d’écart sur le prix moyen. Sur dix ans, le meilleur était le 1er. En achats hebdomadaires, le meilleur jour (dimanche) et le pire (jeudi) sont à 0,4 % l’un de l’autre. Le « bon jour » ne se connaît qu’après coup. Notre conseil : le lendemain de votre salaire, pour que l’argent soit là.

    Avant de lancer votre plan

    1. Une plateforme agréée. Depuis le 1er juillet 2026, seule une plateforme agréée au titre de MiCA peut vous servir (comment le vérifier). Un service d’achat programmé peut disparaître : StackinSat, application française d’achat programmé de bitcoins, a été radiée par l’AMF le 2 juillet 2026, faute d’avoir obtenu l’agrément MiCA au 1er juillet.
    2. Le bon moyen de paiement. Virement ou solde en euros plutôt que carte, et un tarif sans frais fixes ni minimum si vous investissez de petites sommes.
    3. Un compte approvisionné. Si l’argent manque le jour prévu, l’achat ne se fait pas (Bitvavo le précise). Programmez un virement permanent après votre salaire, et vérifiez de temps en temps que les achats ont eu lieu.
    4. Un endroit où garder vos achats. Sur la plateforme, ou dans un portefeuille à vous, sujet de l’étape suivante du parcours. Chaque retrait a un coût (chez Coinhouse, 1,49 € au moins) : regroupez-les.
    5. Un historique. Téléchargez chaque année le relevé de vos achats, utile le jour où vous vendrez.

    Le jour où vous vendez : impôts et plan de sortie

    Acheter n’est pas imposé. L’article 150 VH bis du Code général des impôts n’impose que les ventes de cryptos contre des euros, un bien ou un service ; les échanges entre cryptos sont en sursis. Un DCA qui ne fait qu’acheter ne crée aucun impôt.

    À la vente, la plus-value ne se calcule pas avec un prix moyen par crypto, comme on le lit parfois. La loi part du prix total d’acquisition de tout votre portefeuille : la somme de tous vos achats, toutes cryptos confondues. Si vous en avez acheté plusieurs, celles qui ont perdu de la valeur réduisent donc la plus-value d’une vente de bitcoins. Et vous ne payez rien si le total de vos ventes de l’année ne dépasse pas 305 € : c’est le montant des ventes qui compte, pas celui du gain.

    Pour sortir, aucune étude ne donne de règle : décidez dès le départ à quoi servira cet argent. Certains vendent un montant fixe à intervalles réguliers ; chaque vente compte alors dans le seuil de 305 € (25 € vendus par mois font 300 € par an). Le calcul et la déclaration sont détaillés dans notre guide des impôts sur les cryptos, dernière étape du parcours. Un compte ouvert sur une plateforme établie à l’étranger se déclare en plus chaque année, même sans vente (le formulaire 3916-bis, expliqué ici).

    Notre avis

    Le DCA est une bonne habitude, pas une méthode miracle. Pour investir chaque mois une part de vos revenus, c’est la méthode la plus simple et la plus saine : pas de bon moment à deviner. Pour une somme déjà disponible, les chiffres penchent pour l’achat d’un coup ; si vous redoutez le mauvais moment, un étalement sur quelques mois suffit.

    Nous déconseillons les petits achats très fréquents sur une plateforme qui facture un minimum par achat, le paiement par carte et toute promesse qui présente le DCA comme un gain assuré. Avant de lancer votre plan, lisez l’article suivant du parcours : est-il trop tard pour investir dans le bitcoin ?

    Questions fréquentes

    Combien faut-il mettre chaque mois dans un DCA ?

    Aucune règle ne fixe de montant : investissez seulement une somme que vous pouvez perdre entièrement, après avoir constitué une épargne de précaution de 2 à 6 mois de revenus, comme le conseille l’AMF. Sur de petits montants, choisissez une plateforme sans frais fixes ni minimum par achat.

    Vaut-il mieux acheter chaque jour, chaque semaine ou chaque mois ?

    Le résultat est presque le même : d’après nos calculs, 6 000 € investis en bitcoin sur cinq ans valaient entre 11 200 € et 11 215 € au 10 octobre 2026, quelle que soit la fréquence. Avec un minimum par achat, plus vous achetez souvent, plus vous payez.

    J’ai déjà une somme de côté : dois-je l’investir d’un coup ou en plusieurs fois ?

    Investir d’un coup a fait mieux environ deux fois sur trois, sur les actions comme sur le bitcoin depuis 2016. Si la peur d’acheter juste avant une chute vous retient, étalez sur peu de temps, trois mois par exemple. Aucune des deux méthodes ne garantit un gain.

    Que se passe-t-il si mon compte est vide le jour de l’achat ?

    L’achat n’a pas lieu, comme le précise par exemple l’aide de Bitvavo. Selon la plateforme, le plan reprend à l’échéance suivante ou s’arrête jusqu’à ce que vous réapprovisionniez le compte. Programmez un virement permanent juste après votre salaire.

    Dois-je déclarer mes achats programmés aux impôts ?

    Non, acheter n’est pas imposé : seules les ventes contre des euros, un bien ou un service le sont. Gardez tout de même l’historique de vos achats, qui servira au calcul le jour où vous vendrez. Si votre plateforme est établie à l’étranger, le compte se déclare en plus chaque année sur le formulaire 3916-bis, même sans vente.

    Faut-il arrêter son DCA quand le cours baisse ?

    Arrêter au creux fige la perte : c’est en continuant d’acheter pendant les baisses de 2018 et de 2022 que les DCA lancés près des sommets sont repassés en gain. Mais rien ne garantit que le cours remontera : continuez seulement avec une somme que vous pouvez perdre.

    Fin du bloc #6745

    La rédaction BlockInfos

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