L’essentiel : en juillet 2026, la Strategic Bitcoin Reserve américaine promise par Donald Trump reste au point mort. Deux administrations, le département du Trésor et le département du Commerce, se disputent son contrôle. Surtout, le Congrès n’a voté aucune loi pour l’encadrer, et les conseillers de la Maison-Blanche reconnaissent qu’un décret présidentiel n’a pas le poids d’une loi. L’État fédéral détient déjà plus de 300 000 bitcoins (environ 21 milliards de dollars), ce qui en fait le premier détenteur étatique connu. Consigne officielle : acquérir davantage de BTC sans argent du contribuable. La porte-parole Liz Huston résume : l’administration « continue d’évaluer la meilleure structure ».
Notre article de fin juin annonçait une architecture « attendue dans les prochaines semaines ». Deux semaines plus tard, l’attente continue. Le projet n’avance pas parce que deux ministères veulent le piloter et qu’aucune base légale ne tranche. Voici où en est réellement la réserve stratégique de Bitcoin, et pourquoi ce blocage compte.
Où en est la Strategic Bitcoin Reserve en juillet 2026 ?
La réserve existe sur le papier depuis mars 2025, mais elle n’a toujours pas de structure opérationnelle. Selon CoinDesk, l’administration Trump en est encore à « évaluer la meilleure structure ».
Le décret présidentiel de mars 2025 ordonnait la création d’une réserve stratégique de Bitcoin et d’un stock séparé d’autres cryptomonnaies. Un décret fixe une intention, mais il ne crée pas l’appareil administratif ni le cadre juridique. C’est précisément ce qui manque aujourd’hui.
La porte-parole de la Maison-Blanche Liz Huston a confirmé que « l’administration Trump continue d’évaluer la meilleure structure pour une Strategic Bitcoin Reserve ». Une formule qui, seize mois après le décret, sonne comme un aveu de piétinement.
Pourquoi Trésor et Commerce se disputent-ils la réserve ?
Le cœur du blocage tient à une bataille administrative. Le département du Trésor et le département du Commerce plaident chacun pour piloter la réserve de Bitcoin et le stock d’actifs numériques.
Ce n’est pas une simple querelle d’ego. Le ministère qui gérera la réserve contrôlera une position de plus de 21 milliards de dollars, définira la politique d’acquisition et fixera les règles de conservation. L’enjeu de pouvoir est considérable.
À cette rivalité s’ajoute une question de compétence juridique. Gérer un actif aussi volatil que le Bitcoin ne fait pas partie des missions traditionnelles de ces administrations. Personne ne veut endosser seul la responsabilité politique d’une réserve qui pourrait perdre plusieurs milliards en cas de krach.
Pourquoi l’absence de loi bloque-t-elle tout ?
C’est l’obstacle le plus lourd. Le Congrès n’a fait avancer aucune législation pour donner une base légale à la réserve. Or, les conseillers de la Maison-Blanche eux-mêmes admettent qu’une loi serait nécessaire pour asseoir le dispositif.
Un décret présidentiel peut lancer une initiative, mais il reste révocable et ne crée pas de droit durable. Une prochaine administration pourrait l’annuler d’un trait de plume. Sans vote du Congrès, la réserve reste une construction fragile, suspendue à la volonté d’un seul homme.
Un projet de loi bipartisan, l’American Reserve Modernization Act, propose d’ancrer durablement la réserve au sein du Trésor et d’acquérir jusqu’à un million de bitcoins sur cinq ans, par des moyens neutres pour le budget fédéral. Mais il n’a pas encore été adopté. Tant qu’il ne l’est pas, l’incertitude demeure. Ce débat rejoint celui de la clause anti-CBDC du 21st Century ROAD Housing Act : le camp crypto veut inscrire ses acquis dans la loi, pas seulement dans des décrets.
Comment la réserve serait-elle financée ?
C’est le point le plus regardé par le marché. La consigne officielle est claire : acquérir davantage de Bitcoin sans utiliser l’argent des contribuables.
En pratique, la réserve serait d’abord capitalisée avec les bitcoins que l’État fédéral possède déjà. Ces coins proviennent principalement de saisies judiciaires. Avec plus de 300 000 BTC, soit environ 21 milliards de dollars, les États-Unis sont le premier détenteur étatique connu de Bitcoin.
Pour aller au-delà, l’administration a été chargée de trouver des méthodes d’acquisition « budget-neutres ». Plusieurs pistes circulent : réévaluation des certificats-or du Trésor, utilisation de fonds issus de confiscations, ou mécanismes financiers ne pesant pas sur le déficit. Aucune n’a été arrêtée. Ce flou explique en partie pourquoi l’annonce d’architecture, promise depuis le printemps, ne cesse d’être repoussée.
Qu’est-ce que cela change pour le marché et les détenteurs ?
À court terme, peu de choses. Le marché a déjà intégré l’existence de la réserve depuis le décret de 2025. Le blocage administratif ne provoque ni achat massif ni vente de la part de l’État.
À moyen terme, l’enjeu est symbolique et structurel. Une réserve stratégique inscrite dans la loi enverrait un signal fort : le premier État du monde traite le Bitcoin comme un actif de réserve souverain, au même titre que l’or. Cela renforcerait la thèse du Bitcoin comme réserve de valeur, un sujet que nous explorons dans notre article sur le Bitcoin comme valeur refuge.
À l’inverse, un enlisement prolongé rappellerait que les promesses politiques sur la crypto se heurtent vite à la réalité institutionnelle. Pour les détenteurs, la leçon est la même que pour la macro : ne pas surinterpréter les annonces. Le contexte reste par ailleurs marqué par une Fed prudente et un Bitcoin sous pression.
FAQ — Strategic Bitcoin Reserve juillet 2026
Où en est la Strategic Bitcoin Reserve américaine ?
Au point mort en juillet 2026. Créée par décret en mars 2025, elle n’a toujours pas de structure opérationnelle. Le Trésor et le Commerce se disputent son contrôle et aucune loi n’a été votée par le Congrès pour l’encadrer.
Combien de Bitcoin l’État fédéral américain détient-il ?
Plus de 300 000 bitcoins, soit environ 21 milliards de dollars début juillet 2026, selon CoinDesk. Ces coins proviennent majoritairement de saisies judiciaires. Cela fait des États-Unis le premier détenteur étatique connu de Bitcoin.
Pourquoi la réserve est-elle bloquée ?
Pour deux raisons. D’abord, une rivalité entre le département du Trésor et le département du Commerce pour piloter la réserve. Ensuite, l’absence de loi : le Congrès n’a rien voté, et un décret présidentiel ne suffit pas à créer un cadre juridique durable.
L’État va-t-il acheter plus de Bitcoin ?
C’est l’objectif affiché, mais sans argent du contribuable. La réserve serait d’abord capitalisée avec les BTC déjà détenus. Pour en acquérir davantage, l’administration cherche des méthodes neutres pour le budget, encore non arrêtées.
Qu’est-ce que l’American Reserve Modernization Act ?
Un projet de loi bipartisan qui vise à ancrer la réserve au sein du Trésor et à acquérir jusqu’à un million de bitcoins sur cinq ans, par des moyens neutres pour le budget. Il n’a pas encore été adopté par le Congrès.
Conclusion
La Strategic Bitcoin Reserve illustre le décalage entre l’ambition politique et la mécanique institutionnelle. Le décret existe, les bitcoins sont là, mais la réserve reste une coquille sans structure, prise entre deux ministères et privée de base légale.
La prochaine étape à surveiller n’est pas une annonce de la Maison-Blanche, mais un vote au Congrès. Tant qu’aucune loi n’est adoptée, la réserve reste réversible et incertaine. Pour suivre l’évolution, relisez notre point de fin juin sur l’architecture attendue et gardez à l’esprit qu’en politique crypto, les délais annoncés sont rarement tenus.
Sources : CoinDesk — Bitcoin’s U.S. reserve still a work-in-progress, CryptoValley Journal — Trump’s strategic Bitcoin reserve stalls in agency turf war, Wikipedia — U.S. Strategic Bitcoin Reserve.




