L’essentiel : à 11 jours de la deadline MiCA du 1er juillet 2026, le registre de l’ESMA compte plus de 200 firmes ayant obtenu l’agrément CASP complet dans l’Union européenne, mais seules 14 plateformes ont l’autorisation spécifique d’opérer une plateforme de trading. Tether a refusé de demander l’agrément MiCA et USDT a été retiré du trading des plateformes européennes, à la demande de l’ESMA, au plus tard fin mars 2025. Selon Cryptonews, 83 % des entreprises crypto enregistrées avant MiCA n’ont toujours pas leur licence. L’ESMA a confirmé qu’aucune extension de la période transitoire ne serait accordée. Pour un utilisateur français qui détient des cryptos sur une plateforme non agréée au 1er juillet, le risque est concret : suspension des services, retrait forcé, ou bascule sur les rails légaux d’une plateforme autorisée.
Le compte à rebours MiCA touche à sa fin. À onze jours du 1er juillet 2026, le paysage des plateformes crypto autorisées en Europe se dessine plus clairement, et il est moins bien fourni que prévu. Voici la situation exacte au 19 juin, ce que ça change pour vous, et le plan B si votre exchange habituel n’a pas son agrément.
Combien de plateformes ont leur agrément trading à 11 jours de la deadline ?
D’après le registre intérimaire de l’ESMA à la mi-juin, le décompte au 19 juin 2026 est le suivant :
- Plus de 200 firmes ont obtenu l’agrément CASP complet dans toute l’Union européenne.
- Parmi elles, seules 14 plateformes disposent de l’autorisation spécifique d’opérer un service de trading (matching d’ordres, carnet d’ordres centralisé).
Cette distinction est importante. Une firme peut être agréée pour offrir certains services crypto (custody, conseil, portefeuille, OTC) sans pour autant pouvoir opérer une plateforme de trading. C’est cette dernière autorisation qui permet de tenir un carnet d’ordres où se rencontrent les ordres des clients ; acheter et vendre au prix proposé par la plateforme relève d’autres services MiCA (échange contre des fonds, exécution d’ordres).
Cryptonews estime par ailleurs que 83 % des entreprises crypto enregistrées avant MiCA (plus de 1 200 enregistrées auparavant au niveau national) n’ont toujours pas sécurisé leur licence MiCA à 11 jours de l’échéance. Beaucoup d’acteurs régionaux et de petits prestataires n’arriveront pas à temps.
Quelles grandes plateformes sont agréées, et lesquelles pour le trading ?
Voici les 14 plateformes présentées par nos sources comme agréées pour le trading au 19 juin 2026. Au registre de l’ESMA, seules OKX, Bitstamp, Bitvavo, Revolut, Gate.io EU et One Trading Exchange avaient l’autorisation d’exploiter une plateforme de trading valable en France (celle de Kraken ne valait que pour l’Irlande et Chypre) ; les autres, sauf Binance, sont agréées pour d’autres services (garde, échange, exécution d’ordres) :
| Plateforme | Pays d’agrément | Profil |
|---|---|---|
| Coinbase | Luxembourg | Exchange US, top 3 mondial |
| Kraken | Irlande | Exchange US historique |
| Binance | Aucun agrément MiCA (comptée à tort par nos sources) | Exchange mondial, leader volumes |
| OKX | Malte | Exchange asiatique, gros sur derivatives |
| Crypto.com | Malte | Exchange retail, app populaire |
| Bitstamp | Luxembourg | Exchange historique européen |
| Bitpanda | Autriche | Exchange autrichien, leader UE retail |
| Bitvavo | Pays-Bas | Exchange néerlandais |
| Revolut | Chypre | Néobanque + crypto |
| eToro | Chypre | Broker social trading |
| Gate.io EU | Malte | Filiale UE de Gate.io |
| One Trading Exchange | Pays-Bas | Exchange pure crypto |
| Bullish Exchange | Allemagne | Exchange institutionnel |
| Trade Republic | Allemagne | Néobroker actions + crypto |
Note importante : Coinhouse, qui a obtenu son agrément CASP français le 7 mai 2026, est parmi les firmes agréées mais ne figure pas dans les 14 trading platforms. Coinhouse opère principalement comme service de courtage et conseil, pas comme plateforme de matching à carnet d’ordres centralisé.
Tether (USDT) n’a pas demandé l’agrément MiCA et aucune plateforme MiCA ne liste USDT au trading (sa simple garde et ses transferts restent permis). C’est un changement majeur pour les utilisateurs détenteurs de stablecoins dollar.
Pourquoi 83 % des firmes européennes n’ont-elles pas leur agrément ?
Trois raisons principales :
D’abord, le coût et la complexité administrative. Un dossier MiCA complet exige plusieurs centaines de pages de documentation : gouvernance, lutte contre le blanchiment, dispositifs de cybersécurité, plans de continuité, capital minimum, ressources humaines dédiées. Pour une fintech de 10 personnes, c’est plusieurs mois de travail et des coûts directs importants (conseillers, juristes, audits) ; Bitstack et Paymium évaluaient la barrière à l’entrée à environ un million d’euros, selon mind Fintech (mars 2026).
Ensuite, les délais d’examen par les régulateurs nationaux. Selon l’AMF, l’instruction peut durer jusqu’à quatre mois une fois le dossier complet transmis, et les dossiers sont rarement complets dans leur version initiale, d’où des délais supplémentaires.
Enfin, certains acteurs ont choisi de ne pas tenter. C’est le cas de Tether (USDT) qui refuse les contraintes MiCA sur la composition des réserves. Plusieurs plateformes asiatiques (HTX notamment) géo-bloquent les utilisateurs européens plutôt que de candidater ; Bitget, elle, a annoncé le 17 juin 2026 avoir déposé sa demande d’agrément auprès du régulateur autrichien. Coût bénéfice défavorable.
Pour le contexte initial, lisez notre analyse de la deadline MiCA et de la liste blanche AMF publiée en mai 2026 et notre synthèse de la révision MiCA en cours par la Commission européenne.
Que se passe-t-il pour vos comptes le 1er juillet 2026 ?
Trois scénarios possibles selon votre plateforme :
Cas 1 : votre plateforme est dans les 14 autorisées. Aucun changement immédiat pour vous. Les services continuent normalement. Vous pourrez constater le retrait progressif d’USDT du carnet d’ordres si ce n’est pas déjà fait. Possible apparition de nouvelles obligations KYC renforcées pour les retraits importants.
Cas 2 : votre plateforme a un agrément CASP mais pas trading platform. Vos services de courtage, conseil et custody continuent, ainsi que l’achat et la vente si elle est agréée pour l’échange ou l’exécution d’ordres. Elle ne peut pas, en revanche, exploiter elle-même un carnet d’ordres où se rencontrent les ordres de ses clients. Si vous utilisez Coinhouse pour acheter via interface broker, ça reste OK. Si vous utilisez un DEX maison, ça change.
Cas 3 : votre plateforme n’a aucun agrément MiCA. C’est le scénario à risque. La plateforme doit soit fermer ses services aux utilisateurs européens, soit géo-bloquer l’accès. Vous devez retirer vos fonds avant le 1er juillet 2026. Au-delà, l’accès peut devenir impossible et la récupération longue (procédures contentieuses).
ESMA confirme (déclaration du 17 avril 2026, relayée par CoinPaprika) qu’aucune extension de la période transitoire ne sera accordée. Les plateformes qui n’ont pas leur dossier prêt à temps devront cesser leurs services en France dans l’attente de leur agrément.
Quelles plateformes utiliser en pratique pour les utilisateurs français ?
Pour un utilisateur retail français, plusieurs options solides :
- Kraken (Irlande). Couverture complète des cryptomonnaies, frais compétitifs, interface familière. Notre guide complet de Kraken reste à jour.
- Coinbase (Luxembourg). Interface grand public, particulièrement adaptée pour débuter. Notre avis détaillé sur Coinbase.
- Bitpanda (Autriche). Acteur européen, support multilingue dont français, bonne intégration SEPA.
- Binance : à écarter. Sans agrément MiCA, elle ne sert plus les résidents français depuis le 1er juillet 2026 ; ceux qui y ont des avoirs peuvent encore les retirer. Voir notre comparatif des plateformes agréées.
Pour les utilisateurs avancés, l’agrément MiCA ne suffit pas seul. Il faut aussi vérifier la qualité du service support en français, la profondeur des paires fiat EUR, et la prise en charge des virements SEPA instantanés. Notre analyse de Qivalis et du futur stablecoin euro éclaire aussi le paysage des stablecoins euro disponibles à partir de fin 2026.
Comment se préparer dans les 11 jours qui restent ?
Quatre étapes concrètes à exécuter avant le 1er juillet :
- Vérifier le statut de chaque plateforme utilisée sur la liste blanche AMF ou au registre de l’ESMA, en contrôlant que la société qui vous sert (pied de page, mention du numéro d’agrément CASP) est bien celle qui y figure.
- Convertir vos USDT en USDC ou EURC si vous détenez du Tether. La fenêtre de conversion fluide se réduit à mesure que les paires USDT sont retirées.
- Sécuriser un compte sur une plateforme agréée comme plan B, même si vous n’utilisez pas immédiatement. Le KYC peut prendre 24 à 72 heures en période de surcharge.
- Retirer vos cryptomonnaies vers un hardware wallet personnel si vous n’êtes pas sûr du statut de votre plateforme actuelle. C’est la solution la plus sûre. Voir notre analyse des hardware wallets 2026 et du clear signing.
Ne pas reporter au dernier moment : les retraits massifs simultanés peuvent provoquer des ralentissements opérationnels chez les plateformes, voire des pauses temporaires des withdrawals.
FAQ MiCA J-11 juin 2026
Combien de plateformes crypto sont agréées MiCA à 11 jours de la deadline ?
Plus de 200 firmes au total ont obtenu l’agrément CASP complet dans l’Union européenne, selon le registre de l’ESMA de mi-juin 2026. Mais seulement 14 d’entre elles disposent de l’autorisation spécifique d’opérer une plateforme de trading (carnet d’ordres, matching). Les autres opèrent en tant que prestataires (custody, conseil, courtage, OTC).
Quelles sont les 14 plateformes trading agréées ?
Coinbase (Luxembourg), Kraken (Irlande), Binance (sans agrément MiCA, comptée à tort par nos sources), OKX (Malte), Crypto.com (Malte), Bitstamp (Luxembourg), Bitpanda (Autriche), Bitvavo (Pays-Bas), Revolut (Chypre), eToro (Chypre), Gate.io EU (Malte), One Trading Exchange (Pays-Bas), Bullish Exchange (Allemagne), et Trade Republic (Allemagne). C’est la liste reprise par nos sources : au registre de l’ESMA, seules OKX, Bitstamp, Bitvavo, Revolut, Gate.io EU et One Trading Exchange avaient l’autorisation d’exploiter une plateforme de trading valable en France ; les autres, sauf Binance, sont agréées pour d’autres services.
Pourquoi Tether (USDT) n’est-il plus disponible sur les plateformes MiCA ?
Tether a explicitement refusé de demander l’agrément MiCA, qui exige des règles strictes sur la composition des réserves. Aucune plateforme MiCA-licensed ne liste USDT au trading, mais sa garde et ses transferts restent permis. Les utilisateurs détenant des USDT ne sont pas obligés de les vendre : ils peuvent les convertir en USDC ou EURC ou les retirer vers un wallet personnel. Mise à jour du 11 octobre 2026 : dans un avis du 8 octobre 2026, l’ESMA demande que les plateformes cessent aussi de garder ces jetons ; les avoirs restants doivent être résorbés au plus tard trois mois après, et d’ici là seuls leur vente, leur conversion, leur transfert ou leur retrait restent permis.
Que se passe-t-il si ma plateforme n’a aucun agrément MiCA ?
Elle ne pourra plus fournir de services régulés en Europe à partir du 1er juillet 2026. Concrètement : suspension des services aux utilisateurs européens, géo-blocage de l’accès, ou retrait forcé. L’ESMA a confirmé qu’aucune extension de la période transitoire ne serait accordée.
Que dois-je faire si je détiens des USDT sur ma plateforme actuelle ?
Convertissez vos USDT en USDC ou EURC dès que possible. Si votre plateforme retire les paires USDT, basculez vers une plateforme agréée qui liste encore ces conversions, ou retirez vers un wallet personnel. Plus vous attendez, plus la liquidité USDT s’évapore et plus le spread de conversion devient défavorable.
Coinhouse fait-elle partie des 14 plateformes trading agréées ?
Coinhouse a obtenu son agrément CASP français le 7 mai 2026, mais elle ne figure pas dans la liste des 14 trading platforms. Coinhouse opère principalement comme service de courtage et conseil, pas comme plateforme de matching à carnet d’ordres centralisé. Ses services restent disponibles aux utilisateurs français.
Conclusion
À onze jours de la deadline, le paysage crypto européen se restructure rapidement. Les utilisateurs français ont les outils pour s’adapter : une dizaine de plateformes agréées avec couverture complète, un cadre stablecoin qui pousse USDC face à USDT, et la possibilité de transférer ses cryptos vers un wallet personnel en cas de doute. Mais la fenêtre se referme.
Le 1er juillet 2026 ne sera pas un cliff edge dramatique pour la majorité des utilisateurs sur les grandes plateformes (Kraken, Coinbase, Bitpanda). Il le sera en revanche pour ceux qui utilisent des plateformes régionales non agréées, ou qui détiennent des stocks d’USDT sans plan de conversion. Agissez dans les 11 jours qui restent.
Sources : Spazio Crypto — MiCA July 1 deadline, Freenance — MiCA EU tracker, Paybis — MiCA licensed exchanges 2026, CoinPaprika — Transitional period ends, Analytics Insight — 14 exchanges hold MiCA.



