L’essentiel : Proton VPN est le plus transparent des VPN que nous suivons : droit suisse, fondation sans but lucratif au capital, code ouvert, cinq audits de non-journalisation publics, paiement en bitcoin. VPN Plus coûte 83,88 € TTC par an au renouvellement, pour 10 appareils. Sa version gratuite dépanne, sans serveur en France. Nos réserves : des débits en retrait dans les comparatifs, et une loi suisse qui pourrait le pousser à partir.
Proton VPN en bref
| Proton VPN | |
|---|---|
| Société | Proton AG, Plan-les-Ouates (Genève, Suisse), droit suisse ; supervisée par la fondation Proton, sans but lucratif |
| Serveurs | 20 799 dans 149 pays annoncés, dont 87 desservis depuis un autre pays ; 678 en France ; disques chiffrés |
| Protocoles | WireGuard, Stealth (anti-blocage), OpenVPN, IKEv2 (Mac) ; pas encore de post-quantique |
| Appareils | 10 avec VPN Plus, 1 en gratuit |
| Audits | Non-journalisation : Securitum chaque année depuis 2022, rapports publics ; code ouvert |
| Prix (VPN Plus, TTC) | 83,76 € pour 2 ans, puis 83,88 € par an ; 9,99 € en mensuel |
| Version gratuite | Oui : 1 appareil, 10 pays, pas la France |
| Remboursement | 30 jours, une fois par utilisateur ; ni espèces, ni virement |
| Paiement en crypto | Bitcoin seulement, sans renouvellement automatique ; espèces aussi |
Qui est derrière Proton VPN ?
Proton est né en 2014, fondé par des scientifiques rencontrés au CERN, sans capital-risque selon sa présentation. Le contrat est signé avec Proton AG, à Plan-les-Ouates, près de Genève, « sous la supervision » de la fondation Proton, sans but lucratif, devenue son actionnaire principal en 2024. Ses conditions relèvent du droit suisse, sans préjudice de vos droits de consommateur.
La Suisse, un atout sous condition
Selon son aide, Proton VPN n’a aucune obligation de journalisation « dans le cadre légal suisse actuel ». Le mot qui compte est « actuel ». La Suisse révise son ordonnance sur la surveillance des télécommunications (OSCPT). Le projet de 2025 obligeait les services de plus de 5 000 utilisateurs à identifier leurs clients et à garder leurs métadonnées six mois (Republik). Le Conseil fédéral a annoncé le 11 février 2026 une seconde consultation, sans date.
Un nouveau projet, confidentiel, ne viserait plus que les services de plus de 100 000 clients, selon Republik et 20 Minuten ; Proton reste concerné, et le juge « inacceptable ». Son directeur général, Andy Yen, a prévenu : si la révision entre en vigueur sans changement, Proton déplacera son siège à l’étranger. Une partie de son infrastructure est déjà en Allemagne et en Norvège (heise). Notre lecture : la protection suisse est réelle aujourd’hui, mais plus acquise.
Non-journalisation : audits et demandes de la justice
Proton VPN promet de ne garder ni les sites visités, ni le trafic, ni votre adresse IP, ni la durée de vos sessions. Le cabinet Securitum le vérifie chaque année depuis 2022 ; le cinquième audit, publié en juin 2026, ne relève aucune journalisation de la navigation, des requêtes DNS ni des métadonnées identifiantes. Il a porté sur des serveurs gratuits comme payants, selon CyberInsider. Avantage sur NordVPN, dont le rapport de Deloitte est réservé aux clients : ceux de Proton sont publics, comme le dernier de Surfshark. Le rapport de 2025 dit aussi ses limites : quelques jours sur place, un échantillon de serveurs présenté par Proton, ni revue du code ni de la chaîne de déploiement.
Le rapport de transparence de juillet 2026 recense 458 ordres suisses depuis 2017, dont 47 au premier semestre 2026, tous restés sans données, faute de journaux. Les deux affaires souvent citées contre Proton visaient sa messagerie, pas son VPN : l’adresse IP d’un militant français en 2021, et des données de paiement qui ont permis au FBI d’identifier un utilisateur de Proton Mail (404 Media, 2026). Ce que Proton ne garde pas ne peut être transmis ; le paiement, lui, existe.
Sécurité : disques chiffrés, Secure Core et code ouvert
Contrairement à NordVPN et Surfshark, Proton VPN ne fait pas tourner ses serveurs en mémoire vive seule : il chiffre leurs disques (LUKS, AES-256) et garde les clés ailleurs. Un serveur en marche est lisible par qui en prend le contrôle, quel que soit son stockage, répond Proton ; la différence ne joue que serveur éteint. L’argument se tient.
- Arrêt d’urgence (kill switch), gratuit compris : préférez le mode avancé, qui ne laisse rien sortir hors du VPN ; sous Windows et Linux, le mode standard est choisi par défaut (aide de Proton).
- Secure Core : le trafic passe d’abord par un serveur en Suisse, en Islande ou en Suède avant de sortir dans le pays choisi, au prix d’un détour.
- NetShield : bloque logiciels malveillants, publicités et traqueurs ; un filet contre les faux sites, qui ne dispense pas de vérifier l’adresse (voir comment se protéger des différents types de hack).
- Split tunneling : laisse des applications hors du tunnel, sur ordinateur, Android et dans l’extension, pas sur iPhone.
- Stealth : déguise la connexion pour les réseaux qui bloquent les VPN.
- Double authentification du compte, par application ou par clé physique, gratuite comme payante.
Le code des applications est ouvert. En retard, en revanche : le post-quantique, que NordVPN propose depuis 2025 ; la feuille de route d’avril 2026 parle d’en « poser les bases ». Et sur Mac et iPhone, des requêtes des services d’Apple passent hors du tunnel, même avec l’arrêt d’urgence, reconnaît Proton.
La version gratuite : utile, mais pas pour votre plateforme
Proton VPN a une formule gratuite sans publicité ni plafond de données, sous la même politique de non-journalisation. Un appareil, des serveurs dans dix pays : Pays-Bas, Japon, Roumanie, Pologne, Norvège, Suisse, Singapour, Mexique, Canada, États-Unis (aide de Proton). Pas de France. Proton vous connecte au serveur le plus rapide, puis tire le suivant au hasard, avec 45 secondes d’attente au premier changement et 10 minutes ensuite.
Sur la vitesse, Proton se contredit : « vitesse VPN moyenne » sur sa page des prix, « pas de limitation de données ou de vitesse » sur celle de l’offre gratuite, et un bridage possible en cas de « consommation excessive » dans sa politique de confidentialité. Secure Core, NetShield et le split tunneling sont réservés aux abonnés.
Notre avis : c’est la seule version gratuite que nous conseillons, pour un Wi-Fi d’hôtel de temps en temps. Pas pour une plateforme : son adresse étrangère, tirée au hasard, peut alerter les contrôles de sécurité. Coupez-la avant d’ouvrir votre compte.
Prix réels TTC et renouvellement
Bonne surprise : Proton affiche ses prix TVA comprise (« Comprenant 20 % de taxes », dit sa page de commande), quand NordVPN et Surfshark les affichent hors taxes. Voici ceux de sa page des prix.
| Formule (TTC) | 1 an | 2 ans | Puis, chaque année |
|---|---|---|---|
| VPN Plus | 53,88 € (4,49 €/mois) | 83,76 € (3,49 €/mois) | 83,88 € |
| Unlimited (tous les services Proton) | 119,88 € (9,99 €/mois) | 191,76 € (7,99 €/mois) | 119,88 € |
Deux pages, deux prix : le même jour, la page des offres vendait VPN Plus sur 2 ans à 71,76 € (2,99 € par mois), chacune avec son code de réduction officiel. Comparez le total affiché avant de payer.
Le vrai prix est celui du renouvellement : 83,88 € par an, soit 6,99 € par mois, le double du tarif d’accueil. Les pages de Proton annoncent un renouvellement « chaque 12 mois », ses conditions un renouvellement « pour la durée choisie à l’achat » : vérifiez l’échéance et le montant dans votre compte.
Remboursement
Remboursement intégral dans les 30 jours suivant l’achat initial, une seule fois par utilisateur, par le formulaire du support (conditions du 23 juin 2026). Espèces et virements ne sont pas remboursés ; le reste l’est par le moyen de paiement d’origine. Un achat sur l’App Store ou Google Play suit les règles d’Apple ou de Google.
Payer en bitcoin
Proton accepte le bitcoin, sur le réseau Bitcoin seulement : ni Lightning, ni jetons sur Ethereum. Il faut d’abord créer un compte gratuit, puis passer à une formule payante depuis l’espace client, en payant à une adresse générée pour ce paiement, jamais à une adresse déjà utilisée. La confirmation peut prendre 24 heures ; un trop-perçu devient un crédit, sans expiration.
Ce paiement ne se renouvelle pas tout seul : payez de nouveau au moins 24 heures avant l’échéance. Une contrainte, et une protection contre les renouvellements subis. Les conditions ne disent pas comment se rembourse un paiement en bitcoin. Proton accepte aussi les espèces, par courrier, non remboursables.
Sa politique de confidentialité parle de paiements « anonymes » ; le paiement reste pourtant rattaché à votre compte, et la transaction visible sur la blockchain. Pour le fisc, payer en crypto est une cession, imposable dès que vos cessions de l’année dépassent 305 €.
Et Proton Wallet ?
Proton Wallet, compris dans Unlimited, est un portefeuille Bitcoin en auto-garde. Pour y acheter des bitcoins, Proton passe par Banxa, dont la filiale européenne est agréée MiCA aux Pays-Bas (registre de l’ESMA), lui transmet le pays que vous déclarez et conseille d’utiliser Proton VPN pendant l’achat. Déclarez votre vrai pays : le VPN ne change pas votre résidence.
Applications, vitesse et avis
Proton VPN existe sur Windows, Mac, Linux, Android, iPhone et iPad, Apple TV, Android TV, Fire TV, en extension pour Chrome et Firefox, et sur routeur. Les applications mobiles sont très bien notées : 4,6 sur l’App Store (plus de 24 000 notes) et 4,7 sur Google Play (1,37 million d’avis).
Sur Trustpilot, le tableau s’inverse : 2,1 sur 5 sur 1 005 avis, dont 59 % à une étoile (NordVPN 4,2, Surfshark 4,3). On n’y note pas la même chose : l’application d’un côté, l’abonnement, le remboursement et le support de l’autre. Le chat en direct répond 24 heures sur 24, mais aux seuls abonnés.
Côté vitesse, nous ne connaissons pas de mesure récente sans lien avec un concurrent. Dans le comparatif d’AV-TEST commandé par Kaspersky (mesures de février 2025), Proton obtient 42 points, sous la moyenne (56), loin de NordVPN (73) et de Surfshark (71), avec la latence locale la plus élevée ; il dépasse pourtant 800 Mb/s vers l’étranger. Dans un rapport d’Artifact Security de juin 2026, hébergé par NordVPN, il a le débit moyen le plus bas des cinq VPN comparés (165 Mb/s), mais la connexion la plus régulière, et aucune fuite. Pour passer un ordre, ces écarts ne sont pas le sujet.
Proton VPN et les plateformes crypto
Proton ne publie rien sur l’usage de son VPN avec une plateforme d’échange : ce sont les plateformes qui fixent la règle.
Ce que disent les plateformes
Kraken ne cite pas les VPN dans ses conditions pour l’Espace économique européen, mais interdit d’accéder à un service qui n’est pas proposé là où vous vous trouvez. Son aide conseille même, sur un Wi-Fi public, un VPN « payant et reconnu », les VPN gratuits pouvant enregistrer ou revendre vos données. Deux précautions : un changement d’adresse IP en cours de session peut provoquer le message « Session invalide », et l’approbation d’un nouvel appareil peut échouer si les deux appareils ne sortent pas par la même adresse : même serveur VPN sur les deux, ou VPN coupé sur les deux.
Coinbase ne cite pas non plus les VPN dans son contrat européen ; il exige de résider dans un pays où ses services sont proposés. Binance, elle, interdit noir sur blanc (clause 25.5 de ses conditions) d’utiliser un VPN pour contourner une restriction géographique, et ne sert plus les résidents français depuis le 1er juillet 2026 (voir Binance en France).
Notre règle : le VPN protège votre connexion, il ne change pas votre pays. Avec une plateforme, connectez-vous à un serveur situé en France, ou excluez son application du tunnel ; ne vous en servez jamais pour atteindre un service fermé aux Français : vous enfreindriez ses conditions, et c’est votre compte, avec vos cryptos dessus, qui risquerait d’être bloqué.
Avec VPN Plus, choisissez l’un des 678 serveurs en France, à Paris ou à Marseille, ou laissez l’application de la plateforme hors du tunnel (sauf sur iPhone). Et ne changez pas de serveur en pleine session.
Ce qu’il ne fait pas
Un VPN ne rend pas anonyme : Proton connaît votre compte, les plateformes votre identité, et chaque transaction reste inscrite sur une blockchain publique. Il ne protège ni vos clés privées, ni un compte dont le mot de passe a fuité : la double authentification et un portefeuille matériel restent la vraie défense (voir nos 6 conseils pour sécuriser vos actifs).
Ce qui coince
- La justice française le vise. Depuis mai 2025, le tribunal judiciaire de Paris ordonne aux VPN de bloquer des sites de sport piratés, et Proton VPN est visé par presque toutes les décisions que nous avons relevées. Seul défendeur de deux affaires jugées les 28 et 29 janvier 2026, il s’est défendu et a perdu (infonet, TorrentFreak). Il n’a pas contesté en décembre 2025 (KultureGeek), ni comparu le 17 juillet 2026, quand ni NordVPN ni Surfshark n’étaient visés (TorrentFreak). Sans effet sur un usage légal.
- 149 pays, sur le papier : d’après la liste de Proton, 87 sont desservis depuis un autre pays (Smart Routing), parfois depuis Paris ou Marseille.
- Ni serveurs en mémoire vive seule, ni post-quantique : deux points où NordVPN a de l’avance.
- Un service client mal noté, un chat réservé aux abonnés, des prix qui changent selon la page d’entrée.
Bien démarrer avec Proton VPN
- Prenez VPN Plus sur 1 ou 2 ans, en comparant le total TTC de la page des prix et de celle des offres.
- Activez la double authentification de votre compte Proton.
- Réglez l’arrêt d’urgence en mode avancé, là où l’application le propose.
- Pour vos plateformes, choisissez un serveur en France, ou laissez leur application hors du tunnel.
- Notez la date de renouvellement ; en bitcoin, payez au moins 24 heures avant l’échéance.
- Gardez votre phrase de récupération hors ligne, jamais dans un gestionnaire de mots de passe, celui de Proton compris (voir aussi sécurisez votre compte en 7 étapes).
Proton VPN, NordVPN ou Surfshark ?
| Proton VPN Plus | NordVPN Basique | Surfshark Starter | |
|---|---|---|---|
| Premier paiement (TTC) | 83,76 € pour 24 mois | 113,08 € pour 27 mois | 80,68 € pour 27 mois |
| Ensuite, par an | 83,88 € | 166,90 € | 84,24 € |
| Appareils | 10 | 10 | Illimités |
| Serveurs | Disques chiffrés | Mémoire vive | Mémoire vive |
| Rapport d’audit | Public | Réservé aux clients | Réservé aux clients |
| Version gratuite | Oui | Non | Non |
Proton se distingue par sa transparence et sa version gratuite, Surfshark par ses appareils illimités au même prix de renouvellement, NordVPN par ses fonctions, au prix fort. Nos avis sur NordVPN et Surfshark, et Mullvad, ExpressVPN ou IVPN, sont dans notre guide des VPN pour les détenteurs de cryptos.
Notre avis
Proton VPN est notre choix pour qui préfère vérifier que croire : audits et rapport de transparence publics, code ouvert, droit suisse. Pour un détenteur de cryptos, VPN Plus suffit ; à 83,88 € par an au renouvellement, il coûte comme Surfshark et moitié moins que NordVPN.
Trois réserves : des débits en retrait dans deux comparatifs liés à des concurrents, un service client mal noté, un avenir suisse incertain. Sa version gratuite est la seule que nous conseillons, pour un Wi-Fi public. Et comme tout VPN, Proton ne rend pas anonyme, et ne doit jamais servir à ouvrir une plateforme fermée aux Français.
Proton VPN est-il fiable quand on détient des cryptos ?
Pour ce qu’un VPN sait faire, oui : chiffrer la connexion sur un réseau qui n’est pas le vôtre et cacher votre adresse IP. Sa non-journalisation a été vérifiée cinq années de suite par Securitum, rapports publics à l’appui, et selon son rapport de transparence, aucun des 458 ordres de la justice suisse reçus depuis 2017 n’a livré de données. Il ne protège ni vos clés, ni votre compte : c’est le rôle de la double authentification et d’un portefeuille matériel.
Combien coûte vraiment Proton VPN ?
Au 4 octobre 2026, VPN Plus coûte 83,76 € TTC pour 2 ans sur la page des prix (71,76 € le même jour sur la page des offres), puis 83,88 € par an, soit 6,99 € par mois ; 9,99 € en mensuel. Proton affiche ses prix TVA comprise.
Peut-on payer Proton VPN en bitcoins ?
Oui, sur le réseau Bitcoin seulement, depuis un compte gratuit passé ensuite en formule payante. Rien ne se renouvelle tout seul : payez au moins 24 heures avant l’échéance. Pour le fisc, c’est une cession, imposable dès que vos cessions de l’année dépassent 305 €.
La version gratuite de Proton VPN suffit-elle ?
Pour un Wi-Fi public de temps en temps, oui : un appareil, dix pays, pas de publicité, la même politique de non-journalisation. Sans serveur en France ni split tunneling, elle ne convient pas à une plateforme.
Peut-on utiliser Proton VPN avec Kraken, Coinbase ou Binance ?
Avec Kraken et Coinbase, oui, depuis un serveur situé en France : leurs conditions ne parlent pas des VPN, mais interdisent d’accéder à un service qui n’est pas proposé là où vous vous trouvez. Binance interdit expressément le VPN pour contourner ses restrictions, et ne sert plus les résidents français depuis le 1er juillet 2026.
Proton VPN va-t-il quitter la Suisse ?
Rien n’est décidé au 4 octobre 2026 : la révision suisse de la surveillance attend une seconde consultation. Andy Yen, le directeur général de Proton, a prévenu qu’il déplacerait son siège à l’étranger si elle entrait en vigueur sans changement.



