Solana lance sa gouvernance on-chain : ce que changent les SGP

Le 2 juillet 2026, Solana active sa gouvernance on-chain avec les SGP. Vote pondéré par le stake, seuil de 100 000 SOL et override du délégateur : le point complet.

BlockInfos

08/07/2026

9 Minutes

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Table des matières

L’essentiel : le 2 juillet 2026, Solana a activé sa gouvernance on-chain. Les décisions de direction du réseau passent désormais par des Solana Governance Proposals (SGP), votées directement sur la blockchain et pondérées par le stake. Pour déposer une proposition, il faut 100 000 SOL stakés (environ 7,7 M$). Une SGP doit ensuite réunir 15 % du stake actif pour ouvrir le vote, puis une supermajorité des deux tiers pour passer. Nouveauté forte : la « staker sovereignty » permet à chaque délégateur de surclasser le vote de son validateur. Aucune proposition n’a encore été soumise. SOL est repassé au-dessus de 78 $, en hausse d’environ 16 % sur la semaine.

Site officiel : Solana — Solana Foundation

Jusqu’ici, l’évolution de Solana se décidait sur GitHub et dans les forums, entre core devs et gros validateurs. Le 2 juillet, ce pouvoir bascule on-chain, entre les mains de ceux qui détiennent et stakent du SOL. Voici comment marche ce nouveau système et pourquoi il compte.

Qu’est-ce qu’une Solana Governance Proposal (SGP) ?

Une SGP est une proposition de gouvernance votée directement sur la blockchain Solana. Selon CoinDesk, le système est entré en service le 2 juillet 2026.

Chaque vote est pondéré par le stake, enregistré on-chain et vérifié par preuve de Merkle. Une preuve de Merkle est une méthode cryptographique qui confirme qu’une donnée fait bien partie d’un ensemble, sans avoir à divulguer tout l’ensemble. Concrètement, cela garantit que chaque bulletin est authentique et comptabilisé sans tricherie possible.

Les SGP ne remplacent pas les Solana Improvement Documents (SIMD), elles les complètent. La distinction est simple : une SGP pose une question de direction (« faut-il aller dans ce sens ? »), tandis qu’un SIMD décrit l’implémentation technique (« comment construire ce changement ? »). Le vote tranche l’intention, le code suit.

Comment déposer et faire passer une proposition ?

Le parcours d’une SGP suit trois étapes, avec des seuils volontairement élevés pour filtrer les propositions frivoles.

ÉtapeCondition
Dépôt100 000 SOL stakés sur le validateur qui initie (~7,7 M$)
Ouverture du voteSoutien d’au moins 15 % du stake actif
AdoptionSupermajorité des deux tiers du stake votant

Le seuil de dépôt à 100 000 SOL a fait réagir. À près de 78 $ le SOL, cela représente environ 7,7 millions de dollars immobilisés. L’objectif affiché est d’éviter le spam de propositions, mais le montant réserve de fait l’initiative aux gros acteurs et aux coalitions organisées.

Une fois le vote ouvert, l’adoption exige les deux tiers du stake exprimé. Les abstentions sont exclues du calcul, et il n’y a pas de quorum minimum de participation. Le vote suit le rythme des époques de Solana, par tranches de deux jours.

Qu’est-ce que la « staker sovereignty » ?

C’est l’innovation la plus intéressante du dispositif. La staker sovereignty donne le dernier mot au détenteur de SOL, pas au validateur à qui il délègue.

Dans le staking classique, vous confiez vos SOL à un validateur qui vote en votre nom. Ici, vous pouvez surclasser son choix. Si votre validateur vote « pour » et que vous préférez « contre », votre part de stake bascule dans votre camp. Et si votre validateur s’abstient, vous pouvez voter à sa place, à hauteur de vos propres SOL.

La Solana Foundation appelle cela « staker sovereignty ». L’idée : garder le pouvoir de vote réel entre les mains de ceux qui possèdent vraiment les tokens, pas seulement de ceux qui opèrent les machines. Pour comprendre le rôle du stake dans ce mécanisme, notre guide sur le staking et les intérêts en crypto pose les bases.

Pourquoi ce lancement arrive-t-il maintenant ?

Le calendrier n’a rien d’un hasard. Solana prépare Alpenglow, la plus grosse refonte de son consensus depuis l’origine du réseau. Nous avons suivi son passage en testnet en mai puis la mise à jour de calendrier en juin, avec un mainnet visé pour le troisième trimestre.

Une décision de cette ampleur avait besoin d’un cadre de légitimité clair. Plutôt que de faire adopter Alpenglow par un accord informel entre développeurs et validateurs, Solana se dote d’un mécanisme de vote formel. Selon The Defiant, aucune SGP n’a encore été soumise, mais Alpenglow fait figure de candidat naturel pour la première grande proposition.

Ce virage accompagne une montée en puissance du réseau. Fin juin, Solana franchissait le cap des 100 milliards de transactions traitées et accueillait MoneyGram comme validateur. Passer à une gouvernance on-chain formelle est la suite logique d’un réseau qui vise le statut d’infrastructure sérieuse.

Quelles limites et quels risques ?

Le système n’est pas exempt de critiques. La pondération par le stake reste une forme de ploutocratie : plus vous détenez de SOL, plus votre voix pèse. Les gros validateurs et les fonds gardent un poids déterminant, malgré la staker sovereignty.

Le seuil de 15 % du stake actif pour ouvrir un vote est lui aussi élevé. Il protège contre le bruit, mais il peut aussi enterrer des propositions légitimes portées par des acteurs plus petits, faute de coalition suffisante.

Enfin, un mécanisme de gouvernance ne vaut que par la participation qu’il génère. Sans quorum minimum, une proposition peut théoriquement passer avec une base de votants réduite, tant qu’elle atteint les deux tiers du stake exprimé. Les premiers votes diront si la communauté s’empare vraiment de l’outil.

FAQ — Gouvernance on-chain de Solana

Depuis quand la gouvernance on-chain de Solana est-elle active ?

Depuis le 2 juillet 2026. Les Solana Governance Proposals (SGP) permettent désormais de voter directement sur la blockchain les grandes orientations du réseau, avec un vote pondéré par le stake et vérifié par preuve de Merkle.

Combien faut-il de SOL pour déposer une proposition ?

100 000 SOL stakés sur le validateur qui initie la proposition, soit environ 7,7 millions de dollars au cours de début juillet 2026. La proposition doit ensuite obtenir le soutien de 15 % du stake actif pour que le vote s’ouvre.

Qu’est-ce que la staker sovereignty ?

C’est la possibilité, pour un délégateur, de surclasser le vote de son validateur. Si vous déléguez vos SOL et que vous n’êtes pas d’accord avec le choix de votre validateur, vous pouvez voter vous-même à hauteur de votre stake. Vous pouvez aussi voter si votre validateur s’abstient.

Quelle différence entre une SGP et un SIMD ?

Une SGP (Solana Governance Proposal) tranche une question de direction : faut-il aller dans ce sens ? Un SIMD (Solana Improvement Document) décrit l’implémentation technique : comment construire le changement. La SGP décide l’intention, le SIMD détaille l’exécution.

Quelle sera la première proposition votée ?

Aucune SGP n’avait été soumise au lancement. La refonte du consensus Alpenglow, attendue en mainnet au troisième trimestre 2026, fait figure de candidate naturelle pour la première grande proposition, mais aucune date n’a été fixée.

Conclusion

Avec les SGP, Solana troque une gouvernance informelle contre un mécanisme on-chain formel, pondéré par le stake et doté d’un vrai garde-fou pour les délégateurs. C’est un pas vers plus de transparence, tempéré par des seuils élevés qui favorisent les gros détenteurs.

Le vrai test viendra avec la première proposition, probablement le vote sur Alpenglow. Il montrera si la communauté se saisit de l’outil ou si le pouvoir reste concentré. Pour suivre la suite, gardez un œil sur notre couverture des mises à jour Solana et sur l’avancée d’Alpenglow vers le mainnet.

Sources : CoinDesk — Solana adds onchain governance, The Defiant — Solana launches onchain governance, crypto.news — Solana launches onchain governance with validator voting.