L’essentiel : Phemex est une plateforme de trading fondée en 2019, tournée vers les contrats à effet de levier. Ses frais de trading sont parmi les plus bas (0,10 % au comptant), mais elle n’a aucun agrément MiCA, a perdu 69 à 85 millions de dollars dans un piratage en janvier 2025, et plusieurs de ses sociétés sont en liquidation. Notre conseil : un compte de trading d’appoint au mieux, jamais un endroit où garder ses cryptos.
Phemex en bref
| Phemex | |
|---|---|
| Société | Phemex Limited (îles Vierges britanniques, en liquidation volontaire depuis 2023) |
| Fondée | 2019 |
| Agrément MiCA | Aucun (registre de l’ESMA du 30 septembre 2026) |
| Marchés | 1 018 paires au comptant, 1 067 contrats, aucune paire en euros |
| Frais de trading | Comptant : 0,10 % ; contrats : 0,01 % / 0,06 % |
| Euros | Dépôt par virement gratuit ; retrait SEPA à 2 % + 2 € sous 500 $ |
| Effet de levier | « Jusqu’à 150x » affiché, 143x au plus selon les données de Phemex |
| Applications | iPhone ; absente de Google Play en France |
| Déclaration | Formulaire 3916-bis (compte à l’étranger) |
Phemex a-t-elle un agrément en France ?
Non. Phemex n’a aucun agrément au titre du règlement européen MiCA : aucune de ses sociétés ne figure au registre de l’ESMA (fichier du 30 septembre 2026), ni sur la liste blanche de l’AMF. Nous n’avons trouvé ni demande d’agrément, ni annonce de Phemex à ses clients européens, alors que la période de transition de MiCA a pris fin le 1er juillet 2026.
Phemex n’est pas non plus sur les listes noires de l’AMF du 28 septembre 2026, où figurent d’autres plateformes étrangères comme MEXC ou Pionex. Et la France n’est dans aucune des listes de pays exclus que publie Phemex : ses conditions d’utilisation de juillet 2025 en citent 45, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, mais aucun pays de l’Union. Depuis la France, le site et la page d’inscription s’affichent en français, sans avertissement ; seul le marché de prédiction bloque les adresses IP françaises.
Ce que cela change pour vous : aucune des protections de MiCA ne s’applique, qu’il s’agisse de la conservation des fonds des clients, de la procédure de réclamation ou du contrôle par un régulateur. En cas de litige, de compte bloqué ou de faillite, vous n’auriez ni régulateur français ou européen pour appuyer votre réclamation, ni accès au médiateur de l’AMF.
Qui est derrière Phemex ?
Phemex a été fondée en 2019 par d’anciens cadres de Morgan Stanley, selon sa page de présentation. Ses sociétés ont changé depuis. Phemex Limited, aux îles Vierges britanniques, est en liquidation volontaire depuis le 24 août 2023, tout en restant active, selon les motifs du tribunal de l’Ontario, et sa filiale de Singapour a été radiée le 4 septembre 2023 ; c’est pourtant Phemex Limited qui gère vos données, selon la politique de confidentialité. Les conditions d’utilisation nomment une société polonaise, Phemex Poland, inscrite au registre polonais pour une activité de logiciel. Phemex Lithuania est en liquidation depuis le 13 juillet 2026.
Les régulateurs qui ont visé Phemex
- Ontario : le Capital Markets Tribunal a jugé que Phemex avait vendu des titres sans être enregistrée. Le 13 juin 2025, il l’a interdite à vie sur ce marché et lui a infligé 300 000 $ de pénalité.
- Royaume-Uni : la FCA a publié une mise en garde contre Phemex le 23 janvier 2025 ; aux Pays-Bas, l’AFM en relaie une depuis 2021.
- Philippines : selon Cointelegraph, la SEC philippine a rangé Phemex, en août 2025, parmi dix plateformes en activité sans autorisation.
Les frais de Phemex en 2026
Les tarifs qui suivent viennent de la grille officielle et des pages d’achat de Phemex, au 4 octobre 2026. Phemex compte en dollars : nous convertissons au taux de la BCE du 2 octobre 2026, 1 € pour 1,1225 $.
Le trading : parmi les moins chers
| Marché | Ordre à cours limité (maker) | Ordre au marché (taker) |
|---|---|---|
| Comptant | 0,10 % | 0,10 % |
| Contrats perpétuels | 0,01 % | 0,06 % |
C’est quatre à huit fois moins que Kraken Pro (0,40 % et 0,80 % au premier palier), deux fois et demie à cinq fois moins que Coinbase Advanced (0,25 % et 0,50 %). L’abonnement Premium, qui supprimait les frais au comptant et que vantent encore de vieux comparatifs, a fermé le 1er juin 2022.
Euros et cryptos : entrée gratuite, sortie chère
| Opération | Frais |
|---|---|
| Dépôt par virement | Gratuit, 1 à 2 jours ouvrés |
| Achat de cryptos avec le solde en euros | 2 % de 10 à 499 $, 1,5 % de 500 à 9 999 $, puis dégressif ; plus des frais de réseau |
| Achat par carte bancaire de l’EEE | 0,8 % ou 0,08 %, selon la page |
| Retrait SEPA | 2 % + 2 € de 50 à 499 $, 1,5 % + 2 € de 500 à 9 999 $, puis dégressif |
| Retrait de bitcoins, réseau Bitcoin | 0,000015 BTC, environ 1,13 € |
Deux pages de Phemex se contredisent sur la carte : la page d’achat affiche 0,8 % pour une carte de l’Espace économique européen, une page d’aide de mars 2025 annonce 0,08 %. Nous ne savons pas lequel s’applique. Et le 4 octobre 2026, la page d’achat estimait 1 USDT à 0,9141 €, quand un dollar valait 0,891 € au taux de la BCE : environ 2,6 % de plus. Comparez la somme débitée et ce que vous recevez avant de valider.
Exemple : 500 € de bitcoin, de l’achat au retrait
| Étape | Frais de Phemex |
|---|---|
| Virement, puis achat avec le solde en euros | 7,50 € (1,5 %) + frais de réseau |
| Ou achat par carte bancaire de l’EEE | 4 € à 0,8 %, ou 0,40 € à 0,08 % |
| Échange au comptant (USDT contre bitcoin, ou l’inverse) | 0,50 € (0,10 %) |
| Retrait de 500 € vers votre banque (SEPA) | 9,50 € (1,5 % + 2 €) |
Entrer et sortir en euros coûte donc de 10 à 17 € sur 500 €, quand l’échange lui-même coûte 0,50 €. Phemex est bon marché pour qui trade souvent en USDT, pas pour qui achète des cryptos pour les garder : chez Kraken, agréée, le dépôt par virement est gratuit et le retrait SEPA coûte 1 €.
Ce que propose Phemex
Ce qui suit est ouvert depuis la France sur Phemex (lien partenaire), d’après ses pages publiques au 4 octobre 2026.
- Contrats perpétuels : 1 067 contrats selon les données publiques de Phemex, réglés en USDT pour la plupart. Phemex affiche un effet de levier « jusqu’à 150x » ; ses données plafonnent à 143x. À ce niveau, une variation de moins de 1 % suffit à liquider une position.
- Comptant : 1 018 paires, cotées en USDT ou en USDC ; aucune en euros.
- TradFi : des contrats perpétuels sur le pétrole, l’or, le Nasdaq 100 ou des actions comme Tesla, réglés en USDT. Vous ne possédez aucune action, seulement une position à effet de levier sur son prix.
- Copy trading et robots : copier d’autres traders, ou confier ses ordres à des robots.
- Earn : de l’épargne en cryptos, flexible ou bloquée, à des taux présentés comme des « offres spéciales » dans des enveloppes limitées, sans aucune garantie.
- Phemex Card : une Mastercard pour les résidents de l’Union, payée en USDT ou en USDC. Ses conditions la confient à une société néo-zélandaise, IMMERSVE, sans nommer d’établissement européen ; la conversion des cryptos se fait à un écart non chiffré (grille d’août 2026).
- Compte de démonstration : un environnement d’essai avec de faux fonds.
Seul le marché de prédiction, lancé avec Polymarket, est fermé aux adresses IP françaises.
Sécurité : le piratage de janvier 2025
Le 23 janvier 2025, Phemex a détecté une activité anormale sur ses portefeuilles chauds, ceux qui restent connectés pour servir les retraits. Elle a suspendu dépôts et retraits, puis les a rouverts réseau par réseau du 24 au 26 janvier ; le retour complet a été annoncé en février. Son annonce assure que les fonds des utilisateurs sont « toujours en sécurité », sans donner de montant.
D’autres l’ont chiffré : au moins 69 millions de dollars selon The Record, jusqu’à 85 millions selon BleepingComputer. Selon Cointelegraph, les fonds volés ont été regroupés avec ceux du piratage de Bybit, attribué au groupe nord-coréen Lazarus. Le 24 janvier, le PDG de Phemex, Federico Variola, promettait un plan d’indemnisation « annoncé bientôt » ; nous n’en avons trouvé aucune trace publiée. Plus anodin, une panne a bloqué 40 minutes les ordres sur un contrat, le 4 avril 2025.
Selon son guide de sécurité de janvier 2026, Phemex garde plus de 70 % des fonds hors ligne et moins de 10 % en ligne. Elle publie chaque mois une preuve de réserves que chaque client peut vérifier : le 4 octobre 2026, elle affichait 103 % des bitcoins dus à ses clients. Ce sont des chiffres déclarés par Phemex, pas un audit de ses dettes.
De votre côté :
- une clé d’accès (passkey) ou une double authentification par application ;
- le code anti-hameçonnage, qui s’affiche dans les vrais e-mails de Phemex ;
- la liste blanche d’adresses de retrait : même avec vos identifiants, un pirate ne peut retirer que vers vos adresses ;
- le retrait de ce que vous ne tradez pas vers un portefeuille matériel.
Le détail : sécuriser son compte en 7 étapes.
L’application mobile
Sur iPhone, l’application Phemex, en français, est notée 4,8 sur 5 sur l’App Store français, mais sur 62 notes seulement au 4 octobre 2026. Une seconde application, Phemex Pro, publiée par une société turque, n’y a aucune note. Sur Android, l’application n’apparaît pas sur Google Play depuis la France, alors qu’elle y est proposée dans d’autres pays, comme le Brésil. Méfiez-vous de toute application « Phemex » trouvée par une publicité ou un message.
Ouvrir un compte Phemex
La France ne figure dans aucune des listes de pays exclus publiées par Phemex, et rien, dans ses pages publiques, n’indique qu’un résident français soit refusé à la vérification d’identité.
- Créez votre compte sur Phemex (lien partenaire) avec un e-mail et un mot de passe, en vérifiant que l’adresse est bien phemex.com.
- Activez la double authentification et le code anti-hameçonnage avant tout dépôt.
- Vérifiez votre identité : passeport, carte d’identité ou permis de conduire, puis reconnaissance faciale ; il faut avoir 18 ans. Sans cette vérification, la limite de retrait est de 0 USDT.
- Déposez des euros par virement, ou des cryptos depuis une autre plateforme.
- Tradez sans effet de levier si vous débutez, et retirez ce que vous ne tradez pas.
Le bonus de 10 $
L’ancienne version de cette fiche promettait « 10 $ » à l’inscription. Ce n’était pas de l’argent. La dernière offre de ce type que nous avons trouvée, la promotion n° 801, du 15 au 28 janvier 2026, donnait au nouvel inscrit un bon de 10 USDT pour les contrats, après un dépôt de 30 $ et 100 $ d’échanges au comptant, vérification d’identité faite ; le bon était valable 7 jours.
Selon les règles des bonus de Phemex, un bonus ne sert qu’aux contrats et ne se retire pas : tout retrait ou transfert depuis le compte de contrats le fait disparaître ; seuls les gains réalisés avec lui se retirent. Le règlement du parrainage exclut aussi les comptes des « juridictions restreintes », dont la France ne fait pas partie dans les listes publiées. Aucun bonus ne justifie de s’inscrire.
Service client
Phemex annonce un service client 24 h/24 : chat, tickets et e-mail, avec un centre d’aide en français. Mais ses conditions d’utilisation précisent que Phemex communique en anglais, et que seule la version anglaise des conditions fait foi. En cas de litige : d’abord le chat, puis une réponse par e-mail sous 24 à 48 heures, enfin un arbitrage à Singapour, selon le droit de Singapour, avec renonciation à toute action collective. Gardez une trace écrite de chaque échange.
Impôts : ce qu’il faut déclarer
Acheter des cryptos sur Phemex n’est pas imposé, les échanger entre elles non plus. L’impôt tombe quand vous les revendez contre des euros ou payez un bien ou un service avec : la plus-value est alors taxée à 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf si le total de vos cessions de l’année ne dépasse pas 305 €.
- Formulaire 3916-bis : votre compte Phemex est ouvert à l’étranger : aucune société de Phemex n’est établie en France. Il se déclare chaque année avec la déclaration de revenus, même sans aucune vente. Un oubli coûte 750 € d’amende par compte, 1 500 € si leur valeur a dépassé 50 000 € à un moment de l’année (BOFiP).
- Formulaire 2086 pour calculer la plus-value de l’année ; le résultat se reporte sur la déclaration de revenus.
- DAC8 : depuis le 1er janvier 2026, les plateformes agréées dans l’Union collectent vos opérations pour l’administration fiscale ; les premiers échanges entre administrations ont lieu en 2027. Le détail : DAC8 et CARF : ce que vos exchanges déclarent au fisc.
Source : impots.gouv.fr. Ce rappel ne remplace pas l’avis d’un professionnel.
Phemex n’étant agréée nulle part dans l’Union, rien ne permet de dire si elle transmettra vos opérations au fisc au titre de DAC8 ; cela ne change rien à vos obligations. Elle propose des exports CSV de vos opérations, mais aucun document au format fiscal français.
Points forts et points faibles
Points forts
- Frais de trading parmi les plus bas : 0,10 % au comptant, 0,01 % et 0,06 % sur les contrats.
- Plus de 1 000 paires et autant de contrats, matières premières et indices compris.
- Preuve de réserves mensuelle, vérifiable par chaque client.
- Protections du compte complètes : clés d’accès, liste blanche, code anti-hameçonnage.
Points faibles
- Aucun agrément MiCA : ni protections européennes, ni régulateur vers qui se tourner.
- Piratage de 69 à 85 millions de dollars en janvier 2025, sans plan d’indemnisation publié.
- Des sociétés en liquidation, une sanction en Ontario, une mise en garde au Royaume-Uni.
- Aucune paire en euros ; entrée et sortie en euros chères sur les petits montants.
- Absente de Google Play en France ; litiges réglés en anglais, par arbitrage à Singapour.
Phemex ou une plateforme agréée ?
Pour acheter des cryptos et les garder, une plateforme agréée MiCA fait aussi bien, protections en prime : Kraken et Coinbase ont des paires en euros et des dépôts SEPA gratuits. Pour les contrats à terme, Kraken Pro et Coinbase Advanced en proposent aux Français, avec un effet de levier limité à 10 : moins de choix, mais un cadre européen. OKX (agréée à Malte), Bitpanda (Autriche) et Bitvavo (Pays-Bas) complètent le choix. Le comparatif : les meilleurs sites pour acheter du Bitcoin en France.
Notre avis
Phemex a de vrais arguments pour un trader : des frais parmi les plus bas du marché, un choix immense de contrats, une preuve de réserves mensuelle. Mais un résident français y renonce à tout ce que MiCA apporte : aucune autorité européenne ne surveille Phemex, ses sociétés entrent en liquidation, et le piratage de 2025 n’a été suivi d’aucun plan d’indemnisation publié. En cas de faillite ou de litige, vous seriez seul, face à un arbitrage à Singapour.
Phemex peut servir de compte d’appoint à un trader aguerri, qui connaît l’effet de levier et accepte ce risque, avec une petite partie de ses fonds. Pour acheter des cryptos et les garder, nous lui préférons sans hésiter une plateforme agréée, puis un portefeuille à soi. Nous réviserons cet avis si Phemex obtient un agrément MiCA.
Questions fréquentes
Phemex a-t-elle un agrément MiCA ?
Non. Aucune société de Phemex ne figure au registre des plateformes agréées de l’ESMA (fichier du 30 septembre 2026), ni sur la liste blanche de l’AMF. Un client français n’a donc ni les protections de MiCA, ni d’autorité française ou européenne vers qui se tourner.
Phemex a-t-elle déjà été piratée ?
Oui. Le 23 janvier 2025, des pirates ont vidé une partie de ses portefeuilles chauds : de 69 à 85 millions de dollars selon les estimations publiées. Phemex a rouvert les retraits en trois jours et assure que les fonds des clients sont saufs ; nous n’avons trouvé aucun plan d’indemnisation publié.
Peut-on utiliser Phemex sans vérification d’identité ?
Plus vraiment : selon le guide de Phemex de janvier 2026, un compte non vérifié a une limite de retrait de 0 USDT par jour. Vous pouvez déposer, mais rien retirer.
Combien coûte un achat de 500 € de bitcoin sur Phemex ?
Par virement (gratuit) puis achat avec le solde en euros : 7,50 €, plus des frais de réseau. Par carte bancaire européenne : 4 € à 0,8 %, ou 0,40 € à 0,08 %, selon la page de Phemex consultée. Retirer ensuite 500 € vers sa banque coûte 9,50 €.
Le bonus de 10 $ existe-t-il encore ?
Ce n’était pas de l’argent, mais un bon de 10 USDT pour les contrats, sous conditions. La dernière offre de ce type que nous avons trouvée a pris fin le 28 janvier 2026. Un bonus Phemex ne se retire pas, et disparaît au premier retrait.
Faut-il déclarer son compte Phemex aux impôts ?
Oui, chaque année, sur le formulaire 3916-bis : aucune société de Phemex n’est établie en France. Les plus-values se déclarent sur le formulaire 2086.



